QUELQUES MOTS SUR LE LATIN

"Les mots... laissent voir dans une profondeur assez claire toute la population de leur histoire."(Paul Valery, les Cahiers).

Le sort du latin ne peut dépendre d'une seule institution, fût-elle l'Education Nationale: Il appartient à notre histoire depuis des siècles et son influence s'étend bien au-delà de nos frontières.

Laissons-là les soupçons incongrus inspirés par l'attention attirée sur le réel du latin!.

Le latin est d'abord l'affaire des historiens: fidèles et vigilants gardiens de la mémoire des peuples,et de leurs langues ,ils ne reconstituent pas le passé à leur guise, mais en se tenant aussi près que possible du réel.

Ils sont les mieux placés pour avertir l'opinion et l'Etat qu'il est grave d'ensevelir tout un pan de notre passé, ancien et récent: or c'est bien à cela que nous condamnerons une langue ancienne, la nôtre, en la livrant au statut optionnel que lui réserve l'obscurantisme économique; un exemple éloquent :le latin a été le plus grand véhicule de la littérature et de la pensée Chrétiennes.

le latin devrait faire partie des fondamentaux qui se transmettent tout au long du cursus scolaire, tous les éléments de notre grammaire proviennent du latin, prépositions ,locutions prépositives, conjonctions, connecteurs, système hypothétique,etc, sans parler de sa présence dans  les secteurs des sciences "humaines" ni même de ses traces dans le lexique scientifique ".

Il convient,évidemment,de repenser ambitieusementl'enseignement du latin sans le dissocier du français et de l'histoire et de repenser la grammaire sous l'éclairage du latin.

Le latin ne devrait pas être à  "défendre" : c'est humiliant

Et ne pas oublier de repenser avec le plus de bon sens possible à la formation du professeur de Lettres ,capétien et agrégé: le latin est nécessairement la dimension scientifique de la formation des professeurs de Lettres.

les langues vivantes se nourrissent mutuellement et il faut les accueillir avec reconnaissance: mais elles se transmettraient plus librement dans des laboratoires construits à cet effet; leur but est plutôt la communication; point besoin d'une salle de classe: les élèves en laboratoires ou à l'étranger assimilent  vite les langues vivantes ,alors qu'ils s'ennuient dans une salle de classe à lourd effectif.

En revanche les fondamentaux se transmettent lentement l'atmosphère de la classe  peut s'y prêter: les mécanismes grammaticaux sont toujours très difficiles à faire saisir à de jeunes élèves et c'est pourtant l'essentiel et c'est essentiel que l'on gomme au nom d'une prétendue modernité

Le numérique n'a pas encore fait les preuves d'une révolution nuisible à  l'espèce  : l'homme est encore le sujet du savoir :alors qu'il ne tranche pas le fil avec cette culture qui n'appartient pas au présent, nourrie de latin, "ce don des morts" qu'il faut garder vivant.                 

 

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