Marc Tertre
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Billet de blog 18 mai 2015

Sur la Mecque du Coran

Juste un court extrait d'une discussion sur la chronique tenue par Hazies Mousli "brêve de Mosquée" ou il évoque la fortune des expressions Les mecs disent maintenant "Sur le coran de la mecque,sur la livre de la mecque, sur là couverture du coran, du min pére qui lie le Ciran de la meque, sur les feuilles du coran. Ca m'a rappelé de vieux souvenirs d'y il y a une quinzaine d'année. Séance nostalgie.

Marc Tertre
Education populaire (science et techniques), luttes diverses et variées (celles ci qui imposent de "commencer à penser contre soi même") et musiques bruitistes de toutes origines
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Juste un court extrait d'une discussion sur la chronique tenue par Hazies Mousli "brêve de Mosquée" ou il évoque la fortune des expressions Les mecs disent maintenant "Sur le coran de la mecque,sur la livre de la mecque, sur là couverture du coran, du min pére qui lie le Ciran de la meque, sur les feuilles du coran. Ca m'a rappelé de vieux souvenirs d'y il y a une quinzaine d'année. Séance nostalgie.

C'est pas là, mais c'est l'ambiance quand même !

J'officiais en ce temps là dans une "maison pour tous" de la banlieue parisienne typique des quartiers de relégation ethnique et sociale : gros probléme avec la jeunesse, chomage au taquet, délinquance en rapport, spots de beuh dans les coins adaptés à cette saine activité capitaliste, mais une volonté de la mairie "de gauche" de trouver des solutions (c'était le bon temps : séance nostalgie, je vous dis). Je m'occupait du secteur "Informatique" et "atelier Son" Dans le premier on faisait des tas de choses diverses et variées (atelier internet, recherche d'emploi, de stages et de job, pleins d'autres trucs) et dans l'autre on faisait surtout du "rap". Certains jeunes "posaient des sons" sur des paroles, d'autres posaient des paroles sur du son, mais les plus jeunes venaient surtout écouter leurs disques sur une sono d'enfer qui crachait des watts et faisait trembler les murs. Moi j'étais en mode "dossiers administratif" et j'avait une pile de dossiers de subvention à traiter, ce qui me rendait d'une humeur de dogue (on peut pas dire que ce genre de job soit celui que je préfère) Et bien entendu, c'était fermé au public (l'anim informatique était parti acheter des souris, certains utilisateurs étant encore plus vorace que les chats de goutiére les plus féroce, et l'anim son n'était là que l'aprém, et moi je faisais rentrer des sous sous dans la popoche de l'asso pendant ce temps là. C'est que ca bouffe, ce genre d'activité)

Deux gosses (13 et 14 ans) insupportables. Dés qu'ils déboulent à la "maison pour tous", les conneries arrivent. Ce matin, je suis seul à l'accueil "informatique" et "activité son". L et M me demandent de pouvoir entrer dans la salle "son" pour pouvoir passer des disques de Rap. Sauf que pour des tas de raison (j'ai personne pour gerer l'activité, les horaires ne correspondent pas, j'ai pas que ça à foutre) c'est pas possible. Donc je les envoie ballader ("z'avez pas cours ? L'école est fermée aujourd'hui") Evidemment, dans la minute j'entend un énorme bruit dans le couloir. Et j'avise mes deux Gremlins, l'extincteur totalement vidé à leur pied, une grande flaque commence à couler vers l'espace administratif... "M'sieur, sur le coran de la mecque, c'est pas nous ! Sur le coran de la mecque, c'est pas nous".

Bref, je saisi les deux ptits cons par l'oreille (façon de parler, parce que notre "charte de déontologie" m'interdit toute violence, mais ils se comportent comme si je les tenais par l'oreille), et direction la salle des animateurs. Solution normale : on va leur faire réparer les dégats (c'est pas moi qui vais passer la serpillère, et quoi encore !) et 15 jours d'exclusion. Leurs parents auraient de quoi, je leur aurait demandé de rembourser l'extincteur. Mais bon, je sais que si je fais ça, les momes vont etre dans la merde, et les parents encore plus... Et toujours les deux L et M "j'vous jure sur le coran de la mecque, sur le coran de la mecque".

En passant, on croise "Monsieur Youssouf" un des responsable de la mosquée en construction sur la ville. Je sais pourquoi il est là : il est un de ceux qui assiste à un de mes cours ("comment faire un site web efficace") et il a besoin de me poser des questions, mais comme il ne veut pas passer pour un con, il le fait "en scred" (pas pendant le cours) pour un prétexte bidon. Et là, monsieur Youssouf, ça le fout dans une rogne terrible, les deux p'tis cons qui parlent "du coran de la mecque" Je ne sais pas ce qu'il leur a dit, parce qu'il est passé rapidement à l'arabe, mais ca a l'air terrible. Ils regardent leurs godasses comme si ils avaient assassiné un de leurs profs...

J'ai été impressionné par cette diatribe de "monsieur youssouf" d'autant que les deux fauteurs de troubles ont été "sage" pendant au moins six mois (ce qui pour eux représente une éternité. Et je me suis dit que quand même, la religion avait un "pouvoir d'injonction" un peu terrifiant.

Sauf que j'ai croisé les deux "terribles", Ils ont dix ans de plus, un peu de plomb dans la cervelle, et ils ont l'air tout ce qu'il y a de sérieux. On parle : du boulot pour tous les deux, ils ont réussi leurs études, etc. Bref, tout baigne. Et l'air de rien, je leur rappelle "vous vous souvenez quand vous vidiez les extincteurs de la "maison pour tous" ?" et le plus jeune me dit "Si on s'en souvient : on avait qu'une peur, c'est que vous contraigniez nos parents à rembourser. Je dis pas la volée qu'on aurait prise. Alors on a marché droit...". Comme quoi, il ne faut pas surestimer non plus le pouvoir de la religion et des religieux...

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