GABY ou l'Education au fil des Etoiles.

Jean Gabriel avait inauguré notre blog en lui donnant un titre prémonitoire : " Parler d'Education, c'est comme parler des étoiles." Il m'a quitté en toute discrétion en cette fin d'été, non sans m'avoir, quelques jours avant de rejoindre les étoiles, posté un SMS qui ne laissait rien présager d'autre que sa fatigue physique.

Jean Gabriel avait inauguré notre blog en lui donnant un titre prémonitoire : " Parler d'Education, c'est comme parler des étoiles." Il m'a quitté en toute discrétion en cette fin d'été, non sans m'avoir, quelques jours avant de rejoindre les étoiles, posté un SMS qui ne laissait rien présager d'autre que sa fatigue physique. Nous avions même évoqué notre rentrée doctorale à Paris Nanterre, lui, pour se préparer à sa soutenance, moi, pour entamer ma première année.

Il ne me laisse pas seul. "L'Education tout au long de l'Enfance" va poursuivre au fil de ses méandres la quête du comprendre. Elle va s'adjoindre d'une Education au dela de la vie terrestre. Non, il ne s'agit pas de la métempsychose qui va entraîner ma plume, mais de l'Histoire, cette autre discpline des sciences sociales. Je pars en croisade pour l'interdisciplinarité étayée par Jacques Ardoino. Va-t-elle m'impliquer jusqu'en nos chaires ? Ma rencontre avec Gaby s'inscrit dans une époque, de presque quinze ans, particulièrement difficile et complexe pour l'Education populaire, notamment pour celle des Mouvements  de jeunesse qui argumentent avec constance non seulement l'Education tout au long de la vie, mais l'Education dans tous "les moments de la vie" comme l'a si bien théorisée  Henri Lefebvre et appliquée méthodiquement et avec passion son élève, un de mes professeurs à Paris 8, Rémi Hess.

Avec Jean Gab. je vais m'efforcer d'être tenace, plus régulier dans l'écriture de cette édition et surtout plus ouvert aux critiques plurielles, dérangeantes, car au moins, elles ne me laisseront ni seul, ni m'entraîner dans une sorte de suffisance pseudo-intellectuelle. La simplicité qui inspirait l'argumentation de nos conversations bouillonnantes concernant la participation des enfants et des jeunes à leurs loisirs éducatifs en accueils collectifs des Mineurs nous avait entraînés vers de nouveaux auteurs référents tels que Paul Goodman et le philosophe des sciences de l'Education John Dewey.

En ces instants où les colos, si chères à Jean Gabriel, s'effacent doucement du champ des vacances car trop couteuses pour les familles, Francis Verhnes, un des pionniers des Francas, montrait lundi dernier  que" esprit brillant et d’une grande modestie Jean Gabriel était un bon-vivant, un amoureux de la vie et il savait faire preuve d’un humour corrosif (« Cahuzac... acculé ! » ou encore à propos de la crise de l’UMP « Échiquier de Machiavel ou si tu avances pendant qu’Hercule, comment veux-tu, comment veux-tu ... ?). Toutes ces facettes de la personnalité de Jean Gabriel, l’écoute, la disponibilité, la générosité dont il faisait preuve en permanence, la diversité de ses engagements au service de l’éducation populaire, les écrits qu’il a produit le garderont longtemps présent dans nos mémoires et dans nos cœurs en même temps que nous pleurons l’ami prématurément disparu."

Il n’est pas rare que l’été soit, pour les enfants, les jeunes et leurs animateurs, l’occasion d’aller plus loin » Mais Jean Gabriel s’interroge en ce 28 juillet 2012  sur « ce plus loin ».

« De ce point de vue il n’est pas certain que le séjour lointain, si attrayant soit-il de prime abord, apporte, in fine, plus qu’un autre séjour". Et  toi, quels séjours vas-tu partager avec nous maintenant ?
Sans aucun doute celui de l'implication qui conduit tout naturellement aux projets à construire ensemble comme tu le soulignais dans cet article du 12 novembre dernier :
« Participer est à prendre dans le sens d’être acteur ou, plus exactement, de rendre acteur. Les organisateurs et les équipes d’animation vont donc œuvrer, c’est-à-dire mettre en place une organisation, qui permette aux enfants et aux jeunes d’être acteur de leurs vacances ou de leurs loisirs, c’est-à-dire en être partie prenante, ne pas en être de simples consommateurs ».
Mais Jean Gabriel observe, sans concession, ce qu’est la réalité à propos du bilan des activités. « Au niveau du bilan, autant le participant qui évoque un aspect positif ou déclare avoir « bien aimé » est encouragé et, chaleureusement remercié, autant celui qui soulève un point négatif ou dit ne pas avoir « du tout aimé » est invité à expliciter sa remarque, voire à se justifier ».

Pour ma part il n'y aura ni justification, ni approximation mais une ouverture plus large à tous les possibles vers la Fabrique de l'intelligibilité du Monde où les autres sont le creuset de mes questionnements et la boussole de ma propre légitimité à exister parmi les autres au sens anthropologique qui fonde ce doctorat que je poursuis, accompagné par Jean Louis Le Grand et Alain Vulbeau, éclairé par les étoiles de Jean Gabriel.


 

 

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