Clap de fin à Downing Street

Le rideau est tombé, hier, sur les élections britanniques avec, en fin d'après-midi, la démission officielle de Gordon Brown, puis, en début de soirée, la nomination par la reine du leader conservateur, David Cameron.

Le rideau est tombé, hier, sur les élections britanniques avec, en fin d'après-midi, la démission officielle de Gordon Brown, puis, en début de soirée, la nomination par la reine du leader conservateur, David Cameron. Ce dernier, 43 ans, sera le plus jeune premier ministre depuis Robert Jenkinson, futur Lord Hawkesbury, en 1812. Alors que tous les observateurs s'attendaient à un gouvernement conservateur minoritaire, avec soutien parlementaire des libéraux-démocrates, c'est un véritable gouvernement de coalition que David Cameron va diriger.

La première surprise est qu'un poste de vice-premier ministre* va être créé pour Nick Clegg, qui entre ainsi par la grande porte dans le gouvernement et dans l'histoire, et, qui a fait fructifier sa brillante image surgie de nulle part pendant cette campagne électorale. La seconde est qu'outre leur chef, les Lib-Dems auront 4 postes ministériels, 5 au total donc, ce qui laisse pantois au vu du nombre de sièges députés obtenu et qui va engendrer, très certainement, une aura sans précédent pour Nick Clegg au sein de ses troupes.

Ce sera donc un Lib-Cons Pact et non pas un Lib-Lab Pact. Entre la déception légitime et consécutive aux résultats et la possibilité de laisser une trace dans l'histoire, il semble que Nick Clegg n'ait pas hésité. Il a, de toute évidence, été un redoutable négociateur, mais David Cameron aussi. Il y a eu un consensus et une compréhension mutuelle entre ces deux hommes jeunes qui n'avaient nulle envie de laisser passer le train de l'histoire. Westminster entre, en ce 12 mai 2010, en terre complètement inconnue.

Ce mandat législatif ne va pas manquer d'être observé et scruté. L'accord semble verrouillé, puisque les négociateurs des deux partis ont approuvé un contrat minimum de 4 ans, ce qui signifie que la coalition ne pourra être dénoncée avant 2014. Plusieurs inconnues au sens mathématique demeurent à l'horizon : comment les désaccords profonds sur l'Europe, la crise économique, l'éducation et la santé vont-ils être résolus ? Comment vont réagir les militants Lib-Dems de base ? Vont-ils rejoindre le Labour pour en assure la rénovation ? La première réponse viendra à l'automne avec la présentation du budget et le Queen' speech, déclaration d'intention générale.

 

* John Prescott et Peter Mandelson ont déjà été installés comme vice-premier ministre, mais cette fonction était cumulée avec un poste ministériel officiel, ce qui ne semble pas être le cas pour Clegg, dans l'immédiat.

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