Vers un nouveau "Lib-Lab pact" ?

S'il semble évident d'affirmer que, depuis le premier débat télévisé, le 15 avril (le second aura lieu jeudi 22) entre Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg, ce dernier est le grand vainqueur, il apparaît comme acquis, pour l'heure, que David Cameron pourrait être le grand perdant, car le Labour et les Lib-Dems pourraient s'entendre sur le dos des conservateurs.
S'il semble évident d'affirmer que, depuis le premier débat télévisé, le 15 avril (le second aura lieu jeudi 22) entre Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg, ce dernier est le grand vainqueur, il apparaît comme acquis, pour l'heure, que David Cameron pourrait être le grand perdant, car le Labour et les Lib-Dems pourraient s'entendre sur le dos des conservateurs.

 

 

En effet, les derniers sondages donnent les Lib-Dems à 32% d’intentions de vote, les Tories à 29% et le Labour, New ou pas, à 28%. Les chiffres fluctuent beaucoup et l’on peut considérer que les trois principaux partis –expression, en elle-même étrangement nouvelle – sont au coude-à-coude autour de 30%. Cette situation est inédite, mais, une fois encore, il ne faut pas oublier que la spécificité britannique, le scrutin uninominal à un tour, va inévitablement faire une victime et seuls deux partis émergeront.

 

En fin stratège, Gordon Brown a bien compris tout le profit qu’il pouvait tirer de la situation, et, au lieu de se désintégrer, comme David Cameron est en train de le faire, il considère que l’émergence de Nick Clegg et des Lid-Dems est une chance inespérée de survie pour lui et son parti. Ainsi, outre les nombreux I agree with Nick, pendant le premier débat, assauts d’amabilité qui ont fait sourire Clegg, comme le montre la vidéo de ce même débat sur l’édition Elections britanniques, Gordon Brown multiplie les déclarations, tout comme d’autres membres éminents du gouvernement, tels Peter Mandelson ou Alastair Darling, pour dire qu’il y a beaucoup de points communs entre Labour et Lid-Dems. Du moins feint-il de le croire.

 

Le directeur de la rédaction du Guardian, Patrick Wintour, s’est livré à une analyse serrée, dans l’édition du 19 avril, pour démontrer que le Royaume-Uni se dirige, sans doute, vers un nouveau pacte de gouvernement entre travaillistes et libéraux-démocrates, une coalition qui remettrait au goût du jour le Lib-Lab pact des années 1974-1977. Dans la situation actuelle, telle qu’elle est décrite par les sondages, un gouvernement de coalition semble possible. S’il est vrai qu’en matière de santé et d’éducation, les propositions sont proches, l’optimisme de Brown semble démesuré.

 

En effet, quels que soient les sondages, qu’ils émanent du Guardian, de l’Independent, du Times ou du Telegraph, le Labour arrive bon dernier. En conclusion il est fort possible que l’actuel premier ministre ait tort de penser qu’il va rester au 10 Downing Street et utiliser les Lib-Dems comme béquille. En vérité les commentateurs politiques envisagent plutôt Nick Clegg comme premier ministre avec l’appui du Labour qui garderait quelques strapontins, ce qui n’est pas tout à fait conforme aux vœux de Gordon Brown.

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