Non au McDo à Maubourguet ! ALC un nouveau collectif citoyen se mobilise en Bigorre

L’avenir est à l’initiative locale citoyenne. Depuis les Gilets jaunes les collectifs poussent comme des champignons pour réparer une démocratie abîmée. Un nouveau collectif citoyen, ALC, Alternatives Locales Citoyennes s’est cristallisé en Bigorre contre l’implantation d’un fast food McDonald’s à Maubourguet. Cet entretien avec les membres d’ALC précise leurs motivations et propositions.

« La sonnante », collage numériques de Caroline Lauzain & Raphaël Kessler, 2021 « La sonnante », collage numériques de Caroline Lauzain & Raphaël Kessler, 2021

Pascal Pique : Pouvez-vous nous dire les circonstances de la formation de votre collectif Alternatives Locales Citoyennes ?

Collectif ALC : Un éco-citoyen a d'abord appris l'existence d'un permis de construire à l'étude pour l'implantation d'un McDonald's sur la Zone du Marmajou à Maubourguet puis il a alerté son entourage dès l'été 2020. À l'affichage du permis de construire accepté, la réaction des propriétaires du Petit Casino situé au centre-ville ne s'est pas fait attendre et fin septembre Gwenael, Pat' et François ont fédéré les partisans Alain, Nath', Alexis, Max, etc.… en un nouveau collectif Alternatives Locales Citoyennes. 

PP : D’où vient ce projet et que recouvre-t-il exactement ?

ALC : Il s’agit d’un projet privé d’implantation de plusieurs commerces dans une zone d’aménagement commercial. Pour être plus précis c’est l’extension de la zone du Super U qui se trouvait auparavant au centre-ville de Maubourguet. Il a été délocalisé à cet endroit il y a quelques années. Il semblerait donc que la direction du Super U veuille développer sa zone commerciale en captant les commerces des centres bourgs ou en démarchant de nouvelles enseignes. Plus précisément, Le permis de construire mentionne l’implantation d’un restaurant d’enseigne Mc Donald sur une parcelle herbeuse comprise entre la station essence et le parking du supermarché, qui représente 2972 m2.

Emplacement prévu pour le McDo sur la zone commerciale de Super U à Maubourguet Emplacement prévu pour le McDo sur la zone commerciale de Super U à Maubourguet

 PP :  Que reprochez-vous à l’enseigne Mc Donald et à ce qu’elle représente ?

 ALC : Entreprise phare du libéralisme, véritable monopole de la restauration rapide, mais aussi véritable professionnel de l'évasion fiscale, McDo n’est pas un modèle vertueux. Ils développent par exemple des contrats avec les paysans qui encourageant des "mauvaises pratiques agricoles". Sans parler de l’aspect social. McDo reste pour nous le symbole de la « malbouffe ». Le mot fut même inventé pour eux à l'époque. Nous considérons que cette enseigne "nuit gravement" à l'économie des pays, à la santé des populations, mais aussi à l’environnement.

 PP : Vous dénoncez également le projet d’installation d’un hard discounter.

 ALC : Oui et cela ne vaut pas vraiment mieux que McDo. Ce type de commerce tire vers le bas une population déjà fragilisée en la soumettant à la précarité alimentaire ou économique. De plus ils ne réinvestissent pas sur le territoire et ne proposent que de l’emploi précaire. Avec des conditions de travail souvent déplorables.

« Alerte à Malbouffguet », dessin de Caroline Lauzain, 2021 « Alerte à Malbouffguet », dessin de Caroline Lauzain, 2021

PP : Mais vous ne faites pas que dénoncer puisque vous proposez d’autres modèles. Quelles pourraient être les alternatives ?

 ALC : En effet, on réclame et on propose autre chose : à savoir l'inverse. C’est-à-dire du local, de la qualité, de la transparence et des gages pour une économie circulaire digne de ce nom.

Le principe de l’économie circulaire est de permettre le développement des artisans locaux, des produits locaux de tous types, issus de l'agriculture ou de l’artisanat, qui valorisent les ressources et les personnes du territoire. Tout ça à une échelle humaine pour recréer de la richesse locale. Ce que nous proposons c’est que cette zone commerciale soit à la fois la vitrine de notre territoire et le laboratoire de cette nouvelle économie. Ce qui va à l’inverse des stratégies des grandes enseignes multinationales et de la grande distribution organisées en lobbies.

 PP :  Que dites-vous à vos concitoyens favorables à un McDo ou à un hard discount ? En particulier quand ils ont du mal à boucler leurs fins de mois.

 ALC : Déjà on leur rappelle que nous tous, tout comme le paysan du coin, nous payons nos impôts en France. C'est ce qui nous permet d'avoir une sécurité sociale et un chômage quand on en a besoin. Alors que McDo, Aldi & Co, trichent encore et toujours. Ils utilisent même l'argent de nos impôts pour s'installer et s'enrichir.

 On leur explique par exemple qu’un poulet acheté chez Lidl, c'est 6€ qui sortent directement du portefeuille, mais qu'il faut y rajouter X € d'argent public, qui vient lui aussi de notre portefeuille par nos impôts. Et donc qu'il vaut mieux donner ce montant total directement au producteur local qui lui, reverse son impôt ici.

 Et puis d’un point de vue plus large, si on a tous un masque sur le visage pour faire le marché aujourd'hui c'est parce qu’il n’y a plus assez de lits, de médecins, de matériel. Et en partie parce que de telles enseignes ne participent pas assez à l'effort commun. De plus, au regard de la santé publique, elles font baisser notre immunité avec tous leurs produits de mauvaise qualité.  

 Nous leur disons aussi que nous Français - comprendre habitants le pays France - devrions réclamer le retour d'emplois aux salaires valorisés à une plus juste valeur. Ce qui permettrait de revoir la part du budget que nous attribuons à la nourriture. Cela est triste mais beaucoup d'entre nous mangent mal.

pe-tition
 

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PP :  Votre première action a été le lancement d’une pétition, qu’est-ce que cela a donné et quels retours avez-vous ?

 ALC : En quelques jours la pétition sur Internet a atteint environ 18 000 signatures (près de 20 000 aujourd'hui). Et avec de nombreux commentaires qui témoignent que ce combat est un combat que beaucoup mènent dans leur propre région. Sur les marchés, au comptoir de nos petits commerçants, notre pétition a un succès relatif. Localement la plupart des gens sont d'abord surpris car l'octroi du permis de construire de McDo s'est fait en catimini et c'est nous qui le leur apprenons. Ensuite beaucoup sont déçus : "quel besoin a-t-on d'un McDo ici à Maubourguet ?" et beaucoup comprennent finalement "ah, c’est Super U.… »

 PP : Vous avez également engagé d’autres actions ?

 ALC : Oui, nous avons aussi édité un tract et prolongé notre "sensibilisation" sur les différents marchés dans plusieurs communes du territoire. Nous avons rencontré les élus et avons adressé plusieurs courriers argumentés et étayés par des documents officiels aux différents administrateurs de notre territoire que sont les maires, le président de la communauté de communes, les conseillers départementaux, le préfet et Mme la députée. Nous avons aussi pris contact avec les divers collectifs et associations de la région. 

« Bio-logique ! », dessin de Caroline Lauzain, 2021 « Bio-logique ! », dessin de Caroline Lauzain, 2021

 PP :  En 1999, c’est au nom de la lutte contre des mesures de l’OMC et de la malbouffe, que José Bové et la Confédération Paysanne ont mené leur action historique en démontant le McDo de Millau en Aveyron. Ce qui a valu 3 mois de prison ferme à José Bové. Est-ce que vous vous situez dans la postérité de cette action ? Et pensez-vous aller jusque-là ?

ALC : José Bové à Millau il y a 20 ans, on devrait tous s'en inspirer ! Pour faire simple : notre action et notre réaction seront fonction de la réponse, de l'attitude des décisionnaires de ces projets. Aujourd'hui, à l'image du projet de scierie Florian (1) on fait appel aux collectifs et associations qui œuvrent contre ce type de projets.

PP : Depuis 1999, les McDo se sont répandus sur tout le territoire français qui en compte désormais près de 1500, soit plus du double qu’à l’époque. N’est-ce pas un combat perdu d’avance ?

ALC : C'est sûr que dit comme ça, ça pourrait démotiver. Pour autant, ne rien dire, ne rien faire, c'est déjà cautionner. Si nos élus n'en voulaient pas, ils auraient pu faire en sorte de ne pas les avoir. Donc oui ça vaut le coup de se mobiliser car le combat est plus large.

Ici, Le problème ne se limite pas à l’installation d’un fast food ou d’un hard-discounter : il s’agit de deux multinationales sur un terrain tamponné "Zacom" (Zone d'Aménagement d'Activités Commerciales) situé à l'extérieur d'un centre-ville.

Et tout le monde ne peut que constater ce que ce type de système provoque partout, selon les témoignages : désertifications des centres-villes, disparition des petits commerçants, pollution des transports particuliers, appauvrissement de la population, dégradation des sols, problème sanitaire des eaux, pollution visuelle, friches industrielles, etc. Ce que l’on nous vend, ce sont d'anciens systèmes dépassés qui ont prouvé leur nocivité et leur dangerosité. 

Démontage du McDo de Millau en construction le 12 août 1999 Démontage du McDo de Millau en construction le 12 août 1999

PP : Une dangerosité attestée aussi en situation de pandémie avec les fermetures encore récentes de certaines zones commerciales. Mais est-il possible d’agir véritablement contre des implantations ?

ALC : Oui, cela est possible. Sur le territoire national de nombreuses implantations sont régulièrement retoquées. Comme sur l’Ile d’Oléron à la suite d’un bras de fer qui a duré 7 ans. Il y a aussi Tournefeuille ou St Pol-sur-Ternoise dans le nord. Et de nombreux dossiers d’implantations sont stoppés ou mis en attente par des recours de collectifs, associations, élus…

Donc oui, il faut se bouger. Notamment pour la suite. D’autant que le PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) est dans sa dernière ligne droite avant sa mise en application.

La zone que composent les parcelles privées de M. le directeur du Super U de Maubourguet a été tamponnée "Zacom" a un instant T par l'administration. Une minute avant ce n'étaient que terrains naturels/agricoles. Nous réclamons purement et simplement la redéfinition de la destination des parcelles de cette zone. Impossible pour nos élus ? Non bien au contraire. Mais le feront-ils ?

PP : Pourtant l’heure n’est pas aux nouvelles implantations. Le gouvernement a signé un moratoire pour limiter les zones commerciales qui a été transmis aux préfets en septembre dernier. La circulaire n’est-elle pas arrivée jusqu’aux élus de Bigorre ?

ALC : En effet, il s’agit de la circulaire 6206SG qui porte ZAN, c’est-à-dire « zéro artificialisation des sols ».  Où le Président de la République et le gouvernement demandent aux préfets de stopper net toute extension et construction au sein des zones commerciales existantes. Or c’est exactement ce qui se passe à Maubourguet. Nous avons saisi le Préfet à ce sujet mais nous n’avons pas reçu de réponse à ce jour. Nous avons évoqué cette circulaire avec plusieurs élus. L’un d’eux nous a dit qu’elle était « irrecevable ». Ce qui laisse entendre qu’elle est inapplicable.

« Junk food, Pas essentiel ! » dessin de Caroline Lauzain, 2021 « Junk food, Pas essentiel ! » dessin de Caroline Lauzain, 2021

PP : Dans la pétition et le tract que vous avez diffusé à Maubourguet vous vous élevez contre le manque d’information locale. Vous parlez même de « privation de consultation » et de « déni de démocratie ». C’est un problème de législation ? De comportement des élus ? Ou de manque d’intérêt des populations ?

ALC : Cela exprime un reproche que nous avons fait à la mairie de Maubourguet. La délivrance d'un permis de construire pour un restaurant McDonald’s sur Maubourguet n’est pas anodine et n’a pas le même impact qu’un permis attribué pour retaper une petite grange. L’impact est tel que dès le dépôt de la demande de permis de la part de l'architecte pour la construction du Mcdo, la mairie aurait dû informer les citoyens, les commerçants et tous les Maubourguetois. Et même sans attendre l'obligation légale d'affichage du permis de construire une fois celui-ci accordé. Mais cela n’a pas été fait.

Aujourd'hui en tant que citoyens, nous demandons une information digne de ce nom et le débat, ne serait-ce qu'au sein du Conseil Municipal. C’est pour cela que le collectif a soumis le 21 décembre à M. le Maire de Maubourguet un "projet de délibération" qui a été transmis aux conseillers en vue du prochain conseil. Le débat a été écarté pour le moment mais le collectif relance la mairie.

PP :  Est-ce que selon vous les élus ont une forme de responsabilité ? Vous en avez rencontré plusieurs. Que leur dites-vous et comment se positionnent-ils ?

ALC : Quand nous les avons rencontrés, nous avons largement évoqué avec eux les responsabilités qui leur incombent et leur marge de manœuvre. La plupart se retranchent derrière leurs "obligations légales" : "je ne peux pas refuser de signer", ou "c'est un terrain privé". Nous sommes allés à la rencontre de plusieurs maires de communes plus proches ou plus éloignées, plus petites ou plus importantes en taille comme en activités.

Les rencontres sont toutes différentes mais nous pouvons donner plusieurs exemples des retours pour se faire une idée : "si McDo ne vient pas ici, il ira à Riscle, au moins on a les emplois", "oui c'est dramatique", "il va falloir faire attention à ce que l'équilibre du territoire ne soit pas mis à mal, on tient à notre économie locale", "déjà Montfort je n'étais pas pour, alors McDo...", "un petit conseil, il va falloir bosser", "je suis contre : la précarité des emplois, la pollution..." "jamais je ne mettrai les pieds dans un McDo. Chacun est libre de boycotter", « ah là là, il faut voir le genre de population que ça apporte » …

Certains sont francs et contents de nous recevoir. D’autres moins. Nous avons vu aussi le Président de la Communauté de Communes à Vic-en-Bigorre qui en substance nous a tenu les propos suivants : "je ne l'ai appris qu'en même temps que vous, au moment de l'affichage" et "oui bien sûr, notre plus grande erreur aura été de voter « pour » quand il s'agissait de définir ou non la zone en tant que zone commerciale" (vous savez, c’est-à-dire qu'à l’époque – je vais vous dire franchement – j’avais mis en œuvre, tout ce qui était en mon pouvoir... ».

« Ni Mac Bourguet / Ni Mau Burger », dessin de Caroline Lauzain, 2021 « Ni Mac Bourguet / Ni Mau Burger », dessin de Caroline Lauzain, 2021

 PP - Vous êtes très préoccupés par le commerce local.  J’ai entendu dire à plusieurs reprises que Super U objectivait d’éteindre le commerce de centre-ville à Maubourguet au profit de sa propre zone marchande. N’est-ce pas ce qui est effectivement en train de se passer ? Qu’en disent les commerçants ?

ALC : Oui effectivement le commerce local est un enjeu majeur. Paradoxalement certains commerçants sont contre McDo à titre personnel. Mais ils ne peuvent pas se positionner ouvertement contre, en tant que commerçants, à cause de la liberté d'entreprendre et de l'obligation de base d'accepter la concurrence. Malgré le contexte actuel (restaurateurs handicapés par de lourdes mesures), ils ont du mal à dire qu'il s'agit d'une concurrence "déloyale" et pourtant...

De plus certains commerçants de Maubourguet ont la croyance, ou l'espoir, que la population du Gers drainée par la zone commerciale du Marmajou va leur rapporter les quelques euros que McDo, Aldi ou autre, leur auront potentiellement pris. Admettons, mais alors qu'en est-il des petits commerçants des communes de Lembeye, Marciac, Plaisance ? Les études de marché qu'a fait réaliser la direction du Super U montrent que "SA" zone prendra des consommateurs à tous les villages alentours.

Mais est-ce que les salaires de ces consommateurs vont doubler l'année prochaine, ou l'année d'après ? Évidemment non. Donc chaque € dépensé dans la zone sera un € perdu pour le petit commerçant habituel. La zone de Super U sera alors en bonne voie pour éteindre le commerce du centre-ville. Et pas seulement celui de Maubourguet, malheureusement. C'est pourquoi c’est tous ensemble qu'il faut jouer, ici et maintenant. Les commerçants de ville ont un rôle et une responsabilité. C’est un facteur social et économique vital. Et les citoyens doivent les aider à assumer en se mobilisant contre ce genre d'implantations. 

« Mac shit », Collage numérique de Caroline Lauzain & Raphaël Kessler, 2021 « Mac shit », Collage numérique de Caroline Lauzain & Raphaël Kessler, 2021

 PP : Il y a bien d’autres dossiers sensibles dans le secteur comme ceux de la pollution de l’eau et des sols liés à la monoculture intensive du maïs. Sans parler des grippes aviaires à répétition qui pourraient-être liées à des procédés de l’élevage intensif. D’ailleurs certains intérêts industriels communs au maïs et au canard sont très puissants ici et formatent tout un paysage. Est-ce que ce sont des dossiers qui vous intéressent aussi ?

ALP : L'alternative alimentaire en circuit court, avec la possibilité d'offrir à la population une vitrine des produits locaux de qualité faits par nos agriculteurs, est la voie vers une régulation de la pollution. Pour cela il faut encourager plus de proximité, plus de diversification de la monoculture céréalière imposée par Bruxelles et promue de manière incompréhensible par la P.A.C.

Il faut aussi plus d'aides pour l'installation, la création, la transformation des exploitations aux pratiques vertueuses et biologiques ; ou l'implantation de jeunes dans notre territoire rural. C’est tout cela qui permettra d’inverser la tendance de la destruction de notre environnement sociétal, alimentaire ou autre, et orientera de façon pérenne et qualitative la dynamique économique de notre canton.

Tous ces dossiers nous intéressent et nous ne manquons pas de les défendre auprès de nos élus lors de nos différentes rencontres. Tout est lié.

PP : C’est ce que vous dites dès votre 1er tract où vous allez bien plus loin que la question du McDo ou du hard-discounter. Vous parlez d’économie, de ruralité, de défense des producteurs locaux mais aussi de solidarité et d’environnement. Tout un programme en fait. En même temps, vous vous dites « apolitiques ». Mais le but n’est-il pas de peser politiquement ?

ALC : La large représentativité citoyenne, grâce à l'apport de nos différences, est la force et la richesse de notre collectif. En tant que citoyens, nous sommes tous engagés socialement, ou ayants des affinités politiques. Nous sommes « apartisans » et non « apolitiques ». Les actions que nous menons sont politiques et nous agissons à ce niveau en revendiquant et en apportant des solutions pérennes et viables sur le long terme à nos élus.

PP : On assiste depuis peu à l’émergence croissante d’initiatives comparables à la vôtre. Je pense à ACTIVAM à Vic-en-Bigorre ou à d’autres regroupements citoyens. Et puis il y a toujours les Gilets Jaunes qui restent actifs sur les ronds-points de Maubourguet et de Vic-en Bigorre. Que vous inspirent toutes ces actions ? Et de quoi sont-elles le signe selon vous ? 

Tous ces rassemblements de collectifs, d'associations, de mouvements citoyens, prouvent à haute voix que la population veut compter dans les décisions prises par les élus de nos cantons. Et plus largement aussi au niveau du fonctionnement de la démocratie.

Les élus, qu'ils soient locaux, départementaux, nationaux, se doivent, au regard de toutes ces initiatives, actions, interrogations ou propositions qui leur sont soumises, d'en prendre acte et de ne plus initier de tels projets sans inclure la réflexion et la participation citoyenne au développement du territoire au sein de leurs conseils et institutions.

Le Collectif ALC s'est rapproché d'ACTIVAM qui est une association et a pu se monter grâce à leur soutien et à l'entraide citoyenne. Plusieurs actions sont d'ailleurs menées ensemble grâce à leurs membres très impliqués. Le même esprit pour la défense des citoyens est partagé avec des Gilets Jaunes avec qui nous échangeons régulièrement. L'implication des uns et des autres s'imbrique dans la même dynamique et nos diverses actions se complètent.

PP : Où en est le dossier McDo après quelques mois de mobilisation ? Et quelles actions envisagez-vous maintenant ?

ALC : Nous travaillons actuellement sur le PLUI : Plan local d’urbanisme intercommunal local. Pour amender l’enquête publique en cours sur le développement économique, sociétal et environnemental de notre territoire.  Il faut que les populations s’emparent des enquêtes publiques et de tous les moyens qui leur sont donnés de s’exprimer. Ceci aux différentes instances depuis la commune, en passant par la Communauté de Communes jusqu’à la Préfecture et l’État. Pour mettre en place une forme de démocratie participative. Nous sommes les acteurs de notre devenir.

Les artistes se mobilisent 
Les dessins de cet article ont été réalisés spécialement pour cette édition par l’artiste graphique Caroline Lauzain, https://carolinelauzain.com. Idem pour les photo collages à partir de prises de vue de Raphaël Kessler https://www.raphael-kessler.fr/.

C Caroline Lauzain C Caroline Lauzain

(1) projet de scierie géante à Capvern qui menace de doubler l’extraction des hêtres des Pyrénées en plein réchauffement climatique cf. blog Médiapart En Bigorre https://blogs.mediapart.fr/edition/en-bigorre/article/131020/le-collectif-touche-pas-ma-foret-mobilise-les-pyrenees-d-ouest-en-est)

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