COLÈRE en HAUTES-PYRÉNÉES contre la loi Sécurité Globale et le député Sempastous

Ce lundi 14 décembre, un collectif d'une bonne centaine de personnes s'est réuni devant la permanence parlementaire du député Sempastous. Quatre représentant·e·s ont été reçu·e·s qui lui ont donné à entendre le refus de ses "représenté·e·s” face au vote scandaleux de cette loi “Sécurité Globale” qu'il a portée et soutenue, après d’autres déjà liberticides.

Monsieur Sempastous,

Tout d'abord merci de nous recevoir, même s'il suffisait de répondre à notre invitation publique il y a deux semaines, et sachez que nous n'attendons rien de votre part avec ce rendez-vous, sinon que vous assumiez publiquement votre politique et preniez la mesure qu'ici comme ailleurs, nous sommes nombreuses et nombreux à nous y opposer.

Nous n'avons rien à négocier avec vous et nous ne souhaitons pas entrer dans le jeu d'un dialogue de façade pour apaiser les tensions et calmer notre colère. Vous ne nous convaincrez pas. Car depuis le jour où nous vous avons interpelé, tous les gestes de votre gouvernement, comme ce samedi à Paris, parlent d'eux-mêmes.

Nous vous demandons donc d'écouter jusqu'au bout ce que nous avons à vous dire et de nous répondre ensuite si vous le souhaitez.

 

STOP État policier En Marche © AB STOP État policier En Marche © AB

Nous sommes farouchement opposé·e·s à votre politique et celle de vos allié·e·s de droite et d'extrême droite. Car en effet, l'essentiel des lois contre lesquelles nous nous battons et pour lesquelles vous votez à l'Assemblée Nationale depuis le début de votre mandat ne passe que parce que vous avez le soutien des Républicains et du Rassemblement National. À ce sujet, la réponse que vous nous avez adressée dans votre communiqué de presse reprend tous les arguments de ces partis, notamment celui d'opposer les mouvements sociaux et les commerçants. C'est une politique réactionnaire.

Aussi, vous disiez dans ce même communiqué. vous rendre sur le marché pour « retrouver les Bagnérais (...) et rencontrer toutes les personnes qui le souhaitent ». Cela tombe très bien car c'est simplement ce que nous avons fait. Et il est normal que vous rencontriez aussi celles et ceux qui ne sont pas d'accord avec.vous. Car non, vous n'êtes pas en terre conquise et la démocratie c'est la confrontation publique !

 

Retrait de la looi “Sécurité Globale” © AB Retrait de la looi “Sécurité Globale” © AB

Sur la loi “Sécurité Globale” d'abord : nous voulons son retrait total. Cette loi est inacceptable, et de surcroît, elle est une réplique plus violente de celles en vigueur, déjà mises en œuvre par les gouvernements précédents, qui protègent la police. Elle viendra donc invisibiliser davantage, protéger et par là justifier les actes de violences policières inadmissibles commis depuis des décennies. Vous dites que vous ne les cautionnez pas, certes, pourtant à ce jour personne, pas plus que vous n'a exprimé la moindre solidarité à l'égard des victimes de ces violences. Au contraire, le préfet de police de Paris apporte aux policiers mis en cause son soutien moral et matériel !

Les quartiers populaires en font déjà les frais depuis bien longtemps, ainsi que les migrant.e.s évidemment, et aussi les militant.e.s politiques, syndicaux et associatifs qui se battent et manifestent contre les dominations et les inégalités. Ce n'est pas nouveau, nous le savons et nous ne sommes pas dupes.

Aussi, vous ne pouvez pas vous justifier et vous retrancher derrière la réécriture de l'article 24. Il n'est pas le seul en cause dans notre refus et nous voyons bien aujourd'hui qu'il est le fusible qui permettra de faire passer l'ensemble de cette loi.

Car nous, c'est ce projet tout entier que nous refusons de voir appliqué à la société, c'est sa philosophie, sa portée politique et la pensée répressive qui le sous-tend.

Cette loi est inacceptable dans son ensemble, et nous allons nous battre pour son retrait jusqu'au bout.

 

Aussi, vous dites être très attentif à la cause des migrant·e·s. Mais Monsieur Sempastous, il ne s'agit pas là de faire acte de charité ! Nous parlons de milliers de personnes qui fuient leurs pays, qui meurent en Méditerranée et qui, si elles arrivent jusqu'en Europe, subissent les pires discriminations, des traitements inhumains et indignes.

Vous avez voté pour la loi Asile Immigration en 2018 dont de nombreuses associations présentes sur le terrain avaient dénoncé les effets désastreux.

Vous êtes député, vos responsabilités et vos actes politiques trahissent donc votre morale. Car tout ceci est politique, et la question de la migration n'est pas un sujet sur lequel il suffit de se donner bonne conscience. Des êtres humains vivent les pires atrocités et nous, ce que nous voulons c'est les accueillir dignement. Il s'agit donc de se battre pour des droits.

Là encore nous ne sommes pas dupes et vos justifications ne suffiront pas à nous sortir de notre colère.

 

Nous savons ce que vous votez à l'Assemblée nationale, alors prenez vos responsabilités.

Car là, il n'est pas question d’un jeu parlementaire dans le vase clos de l'hémicycle, mais de graves et lourdes conséquences.

Nous savons également que vous n'êtes pas naïf, nous savons que toutes ces lois illustrent vos idées. Alors la moindre des choses est de les assumer.

Assumez publiquement que vous êtes pour la loi Sécurité Globale et ses conséquences,

Assumez que vous êtes pour la loi Asile Immigration et ses conséquences sur la vie de ces milliers de migrant·e·s auprès desquel·le·s vous vous dites impliqué.

Assumez publiquement que vous avez voté pour la loi Travail, pour la réforme des retraites, celle de l'Assurance Chômage,

Et assumez que vous voterez sans doute cette loi anciennement appelée Séparatisme et aujourd'hui loi Confortant les principes républicains,

car vos votes ont des conséquences, et si vous vous considérez comme un être responsable, vous devez répondre de vos actes et de vos votes.

 

Nous ne voulons pas de votre monde, nous ne voulons pas de votre condescendance.

Nous sommes en colère et nous assumons nos idées jusqu'au bout, collectivement et démocratiquement.

 

Nous n'espérons rien de cette rencontre, nous n'avons pas d' illusions. Mais nous souhaitions vous dire tout cela. Car si nous n'avons pas de pouvoir à l'Assemblée, nous nous le donnons sur le terrain des luttes. Et nous combattrons vos idées et votre politique jusqu'au bout.

La seule chose que nous pourrions attendre, c'est que vous preniez vos responsabilités et que vous assumiez publiquement les conséquences désastreuses de votre politique et de tous vos votes à l'Assemblée Nationale depuis le début de votre mandat de député.

En plus de vos idées, vos contradictions sont aussi honteuses, indignes, barbares et dévastatrices.

 

Le fascisme est l'évolution de la démocratie par temps de crise | Bertolt Brecht © AB Le fascisme est l'évolution de la démocratie par temps de crise | Bertolt Brecht © AB

Vous prétendiez, entre autres, représenter un barrage à l'extrême-droite en 2017, vous vous retrouvez aujourd'hui à leur côté pour imposer des lois qui font reculer toute la société. Voilà la vérité de votre politique.

Nous ne manquerons pas de vous le rappeler régulièrement. Car les lois que vous votez sont applicables 7j/7 et 24h/24. Et il est donc normal qu'en tant que député, vous puissiez être sollicité 7j/7, 24h/24 pour cela.

 

Les Gilets jaunes de Bagnères &

Le Collectif de Lutte du Haut-Adour

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.