BONNEAU Alain
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Billet de blog 16 juil. 2021

Les collectifs citoyens et le projet de vaccination obligatoire pour la Covid 19

Le collectif citoyen "Covid en Bigorre" a participé à l'élaboration de ce document en collaboration avec d'autres collectifs citoyens d'Occitanie et des professionnels de santé. Il a été adressé aux membres de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale et du Sénat.

BONNEAU Alain
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Position des collectifs citoyens à propos du projet de vaccination obligatoire pour la Covid 19

Un nouveau pas vient d'être franchi vers une vaccination obligatoire contre la Covid 19. Il ne s'agit pas d'un vaccin classique à virus tué mais d'une nouvelle thérapeutique par injection génique pour laquelle il persiste encore beaucoup d'inconnues. Selon toute logique, ce débat nécessiterait une clarification sur

• le plan scientifique au niveau du rapport bénéfice/risque par tranche d'âge et par facteurs de risque,

• la faisabilité juridique d'imposer à toute une population un traitement au stade d'essai clinique qui ne dispose que d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle,

• la problématique de la pharmacovigilance, et de la sous-déclaration des effets indésirables qui fausse l'évaluation de la balance bénéfices/risques.

Mais plus fondamentalement, ce débat est tronqué car il occulte les alternatives. Quatre rapports ont émis des recommandations pour remédier aux très nombreux dysfonctionnements dans la gestion de la crise sanitaire : celui du Sénat, de l'Assemblée nationale, de la Mission indépendante nationale sur l'évaluation de la gestion de la crise Covid 19, et celui des collectifs citoyens. Ces dysfonctionnements ont tous pour origine des décisions politiques. On aurait avancé depuis longtemps dans la résolution de la crise sanitaire si le pouvoir politique avait agit pour remédier à ces dysfonctionnements :

• renforcer la cohérence de l'expertise scientifique avec une représentation égalitaire des différentes écoles de pensée au sein du conseil scientifique et la présence de représentants d'usagers de la santé qui ont une véritable expertise sur la Covid 19,

• quantifier la charge virale pour optimiser la stratégie tester, tracer, isoler (ce point est expliqué en détail dans le rapport des collectifs citoyens),

• traiter en médecine de ville en développant des études observationnelles sur la prescription de molécules anciennes en recommandation temporaire d'utilisation,

• renforcer les moyens alloués à l'hôpital et former davantage de personnels soignants.

Mais au lieu d'appliquer ces recommandations, le gouvernement ne les a pas pris en compte, pour imposer sans débat une seule solution, la vaccination. Le gouvernement a donc :

• tenté de faire croire qu'il n'y a pas d'autres solutions que la vaccination (alors que selon les vaccins, la balance bénéfices/risques ne sera connue qu'en 2022 ou 2024, qu'on ne sait pas si la vaccination interrompt la circulation du virus, si elle est susceptible de sélectionner des variants...),

• bloqué toute tentative d'utilisation de traitements précoces pour les formes symptomatiques de la maladie alors que des études favorables existent sur le plan international,

• évité de prévenir les conflits d'intérêts au sein du conseil scientifique,

• modifié la définition d'un cas confirmé pour gonfler les chiffres

• géré par la peur (au lieu de reconnaître ses propres erreurs), culpabilisé la population en jouant sur la récompense (je me vaccine pour retrouver la liberté, protéger les fragiles...) ou sur la menace (si je ne me vaccine pas, je vais être responsable de la mort d'autrui...), et provoqué un clivage dans la société.

Le débat concerne particulièrement les soignants. Ils reçoivent une injonction à vacciner. Mais un médecin est également tenu de respecter un fondement de sa pratique, le code de déontologie médicale :

• selon l'Article R.4127-14 du code de déontologie : « Les médecins ne doivent pas divulguer dans les milieux médicaux un procédé nouveau de diagnostic ou de traitement insuffisamment éprouvé sans accompagner leur communication des réserves qui s’imposent. Ils ne doivent pas faire une telle divulgation dans le public non médical »

• selon l'Article R.4127-39 : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé »

• selon l'Article R.4127-40 : « Le médecin doit s’interdire, dans les investigations et interventions qu’il pratique comme dans les thérapeutiques qu’il prescrit, de faire courir au patient un risque injustifié ».

Le vaccin à ARN/ADN est un procédé nouveau de traitement insuffisamment éprouvé. Si un médecin respecte le code de déontologie, il faudrait au minimum informer

• que ce vaccin issu d'une nouvelle technologie ne dispose que d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle,

• que la balance bénéfices/risques ne sera réellement connue qu'en 2022 ou en 2024 selon les vaccins,

• que lorsqu’il y a un effet indésirable précoce après une vaccination, dans 28 % des cas, ses effets indésirables sont graves.

• que les effets secondaires à long terme sont inconnus car aucune étude de génotoxicité ou de cancérogénicité n'a été réalisée.

On sait que la mortalité des moins de 50 ans a baissé en 2020 comparativement à 2019. Si l'on prend l'exemple d'une personne de moins de 50 ans, un médecin pourrait considérer qu'il n'est pas justifié de lui injecter un remède insuffisamment éprouvé (primum non nocere). Il pourrait alors être convoqué par le Conseil de l'Ordre des médecins. Autrement dit, en suivant à la lettre le code de déontologie et en refusant d'obéir dans cette circonstance aux injonctions à vacciner, le médecin mettrait sa carrière en danger du fait de la menace d'une interdiction temporaire d'exercice. Si dans ce cas le médecin obéit aux injonctions des autorités de santé, il exécute un geste médical sous la contrainte et met à mal sa conscience. Beaucoup de soignants se retrouvent ainsi dans un choix intenable, générateur d'un stress intense.

Une étape supplémentaire est franchie avec l'obligation vaccinale pour les soignants :

• Le médecin peut accepter de se faire vacciner.

• Il peut être contraint de se soumettre aux injonctions

• Ayant une pleine connaissance des incertitudes concernant ces injections géniques en phase d'essai clinique, il peut refuser de le faire par peur de se faire injecter une telle thérapeutique. Une peur légitime lorsqu'il constate sur le site de l'Agence européenne du médicament le nombre considérable d'effets secondaires pouvant toucher tous les organes. Lorsqu'il y a un effet indésirable précoce après une vaccination, il sait que dans 28 % des cas, ses effets indésirables sont graves. Et de plus, il ignore les effets indésirables à long terme (cancers, maladies auto immunes...).

Un problème similaire peut toucher d'autres professions, avec le même dilemme : subir sous la contrainte une injection d'un produit en phase d'essai clinique ou la refuser avec la conséquence de perdre son emploi.

Pour résumer, le gouvernement commet un nombre conséquent d'erreurs. Il ne prend pas en compte les recommandations de quatre rapports, occulte ses responsabilités, et cible les soignants. Il provoque un clivage dans la société entre des citoyens vaccinés et des non vaccinés que l'on dit susceptibles de mettre en danger la société, ce qui est incohérent puisque, si l'on en croit le discours politique et médiatique, les personnes âgées sont supposées être protégées puisque pour la plupart vaccinées. Tel qu'il est posé, ce débat sur la vaccination obligatoire contre la Covid 19 n'est pas un réel débat.

Il faut sortir d'un débat manipulé pour débattre sur le fond du problème. Si l'on peut injecter un produit de santé insuffisamment éprouvé, alors, il est légitime d'autoriser l'utilisation de molécules anciennes pour le traitement précoce des formes symptomatiques de la maladie, ce d'autant que ces traitements ont fait la preuve de leur sécurité d'utilisation puisqu'ils disposent depuis longtemps d'une véritable autorisation de mise sur le marché, sont utilisées dans un très grand nombre de pays et ont, contrairement aux vaccins, très peu d'effets secondaires.

Tout citoyen pourrait alors se poser cette question : pourquoi ne l'a-t-on pas fait ? Si nous sommes en guerre, pourquoi imposer la vaccination comme seule solution en occultant toutes les autres armes ? La population et les soignants n'ont pas à porter le poids de décisions politiques qui ont désarmé notre système de santé face à la Covid 19.

Nous sommes profondément tristes de voir comment la gestion de la crise sanitaire a perdu toute rationalité et de constater que notre régime politique a perdu ses fondements démocratiques avec la complicité de ses élus. On ne pourra plus s'étonner d'une perte de confiance envers nos institutions.

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