Claude Cazabat - vendre un lièvre dans un sac, idée d’investiture sans concertation

Suite des interviews des candidat·e·s et élu·e·s de Bagnères-de-Bigorre et alentours …

En B.- Q1 D’un point de vue général, comment envisagez-vous la tenue de ce 2e salon pro 4x4 et SUV prévu les 19 et 20 septembre prochains ?

Cl. C.- « Le salon des 4x4 et SUV, en 2019, moi, je l’ai autorisé, en limitant le passage sur certaines zones qui étaient herbeuses et piétonnières. Ma position était claire : je ne suis pas allé une année manifester pour le salon et l’année d’après me mettre contre, ici.

En B.- Ce qui posait problème, c’était que ces gens-là utilisent le logo de la mairie.

Cl. C.- Nous, on était partenaires à partir du moment où on l’a autorisé. La CCHB était partenaire à partir du moment où c’était sur des terrains de la CCHB. Moi, j’étais clair là-dessus : nous, le salon, on l’a autorisé, mais avec des conditions : il n’était pas question qu’ils aillent perturber dans n’importe quelle zone.

En B.- Q2 L’aspect économique local est-il important pour vous, en tant que maire/candidat à la mairie, dans l’organisation de ce salon ? comment le comprenez-vous ?

Après, si l’économie ne veut aucun salon, ça, c’est autre chose.

A priori, je n’ai aucune position à donner pour le mois de septembre. Sans parler du Covid, je ne sais pas ce que l’on pourra autoriser ou non.

En B.- Dans l’hypothèse où ce ne soit pas le “Covid” qui filtre la possibilité de ce salon, se posent des questions d’environnement, de tourisme, etc. qu’il s’agit peut-être de concerter avec d’autres maires et la CCHB, de sorte que cela entre dans une vision environnementale, politique et de protection de l’ensemble…

Cl. C.- Tout ce débat, OK. On n’a pas besoin d’en discuter huit jours, on ne sera pas d’accord : les uns n’en veulent pas, les autres en veulent. Moi, il peut y avoir quatre maires qui disent non, si nous on a envie de dire oui, pourquoi on se plierait aux quatre autres maires ? La dernière fois, les maires ne se sont pas concertés !

En B.- Mais voilà…

Cl. C.- Ce n’est pas obligé, ça !

En B.- Ce n’est pas obligé, mais en même temps, les intérêts de la vallée sont globalement les mêmes. Parce que même Carole Delga a instauré un Plan Montagne en 2018.

Cl.C.- Et alors ? oui, mais ça, OK. Moi, je ne veux pas en discuter maintenant : je ne suis pas maire, donc ma position est claire : je n’en discuterai que le 29 juin, si je suis là !

En B.- Mais vous êtes maire, à l’heure qu’il est.

Cl. C.- Non, non, non ! [pour?] le mois de septembre, je ne suis pas maire. J’ai assez d’emmerdes [sic] jusqu’au 30 juin avec ce que j’ai, je ne vous répondrai pas là-dessus ! Je vous ai dit ce qui s’était passé l’an dernier. Toutes les questions qui tombent – je ne suis pas né de la dernière pluie – toutes les questions qui tombent ces huit derniers jours pour faire prendre des positions au maire de Bagnères sur tel ou tel sujet, …

En B.- Il n’y a pas que vous, les questions sont les mêmes pour tous les maires et candidats aux mairies, j’ai rencontré tous les …

Cl. C.- Les maires sont élus, partout, sauf à Bagnères et à Campan. Qu’ils parlent ! Moi, vous n’aurez pas de position de ma part. C’est tout, mais je vous donnerai rendez-vous sans problème : vous m’écrivez le 29 juin au matin si je suis là, et je vous donnerai un rendez-vous immédiatement. Et en fonction de ce qui sera applicable à ce moment-là.

Je ne veux pas rentrer dans un truc. Je prends position maintenant qui va être exploitée pendant trois semaines : parce que vous allez voir les candidats, les candidats vont avoir un avis, le maire un autre… passez-moi l’expression, on a assez de bordel comme ça à Bagnères, voilà ! Alors la deuxième question, vous venez de la lire, vous pouvez passer à la 3e.

En B.- Q3 Le 26 mai, le gouvernement a décidé de soutenir l’industrie automobile à hauteur de plus de 8 milliards d’euros […] Cependant, depuis le 24 décembre 2019, la loi d'orientation des mobilités 1 prévoit […] Dans ce contexte contradictoire, quelle direction votre décision peut-elle prendre ?

Cl. C.- Bon, qu’est-ce qu’on fait ? ça touche à l’écologie, je vous répondrai après la campagne.

En B.- Q4 Comment envisagez-vous l’articulation de cette richesse patrimoniale de l’air de la montagne, boisée, avec le développement d’un “tourisme motorisé durable ?

L’apposition du logo de la ville sur l’affiche du salon pourrait être considérée ainsi.

Cl. C.- J’en discuterai le moment venu, et avec les autres candidats s’il y a lieu, et avec vous le 1er juillet.

En B.- Question 5… c’est comme vous voulez, on peut arrêter tout de suite, si vous voulez.

Cl. C.- Non, non. Voyons, la 5e question ?

En B.- Q5 Concernant le tourisme, également, la Bigorre est très attractive. Comment imaginez-vous la cohabitation entre des personnes soucieuses du calme, de la relation à l’environnement naturel et celles qui privilégient l’accès motorisé aux chemins ?

Cl. C.- OK . C’est le débat de l’an dernier. Alors, au suivant ?

En B.- Q6 Ici, la montagne est, pour les locaux, une ressource. Comment les loisirs motorisés, qui par leur passage répété creusent des ornières, fragilisent les écosystèmes déjà soumis aux exigences du réchauffement climatique, peuvent-ils s’inscrire selon vous dans le développement durable des vallées ?

Cl. C.- Allez, passez à la question suivante.

En B.- Q7 Un exemple plus ancien nous vient de Haute-Savoie, où « la pollution de la vallée de l’Arve (et Pays du Mont Blanc) est telle qu’elle a justifié la mise en place d’un Plan de protection de l’atmosphère (PPA) dès 2010.»

En Nord-Pas-de-Calais / Picardie, cela fait déjà 14 ans que les promeneurs et les défenseurs de l’environnement identifient les causes et s’opposent… au « premier salon européen des loisirs verts et du 4X4, où un circuit est organisé en forêt de Chantilly et d'Ermenonville ».

Et en Suisse, le Grand Conseil de la République et canton de Genève proposait, dès le 7 octobre 2002 une « motion concernant les véhicules tout-terrain 4x4 en milieu urbain :

protégeons les piétons, les cyclistes et les automobilistes ! ” »

À l’heure du réchauffement climatique, cette accidentologie attestée et une pollution aggravée se conjuguent à un changement économique majeur. Comment pensez-vous que la Bigorre pourrait tirer un enseignement de ces exemples historiques et scientifiques ?

Cl. C.- Passez à l’autre question, c’est toujours le même sujet !

En B.- C’est toujours le même sujet, forcément, je vous interroge à propos de ce salon du 4x4…

Cl. C.- Vous m’interrogez par rapport au salon du 4x4 mais en posant toujours des questions par rapport à l’écologie. Dans les neuf questions, en auriez-vous une qui ne touche pas à l’écologie ? Si ça touche à l’écologie, c’est clair : on ne va pas se poser les neuf questions. C’est le sujet de campagne à Bagnères, d’après certains, donc je ne m’adresse qu’aux candidats. Je ne veux pas prendre parti.

Si on vient m’interroger, si Robbé vient m’interroger par rapport au salon, on discutera. C’est tout.

Vous intervenez à titre perso, ou …

En B.- Non, je ne suis mandaté par personne. J’ai trouvé que ce salon du 4x4 qui se renouvelle posait des problèmes d’image dans les vallées…

Cl. C.- Dans votre métier, vous étiez dans la recherche là-dessus ?

En B.- Non, j’étais instituteur. […] Mais en fait, ce n’est pas une question d’écologie stricte, c’est une question de tourisme global, d’image de la vallée…

Cl. C.- Oui, oui, … Bon, on aura l’occasion d’en reparler si je suis élu.

En B.- Je vous le souhaite, si c’est ça qui vous libère.

Cl. C.- Vous savez, moi, je discute avec tout le monde…


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