Passez la 5G par la fenêtre… elle pourrait revenir "toute seule" !

La journée du 5 janvier dernier — dont En Bigorre a relaté la résistance — a démontré les espoirs qu’une résistance citoyenne peut porter. «Le projet d’installation d’une antenne de téléphonie sur les allées Maintenon serait définitivement abandonné. À suivre...» écrivions-nous. La sagesse et l’intuition devraient-elles être systématiquement validées par l’expérience ?

La journée du 5 janvier dernier — dont En Bigorre a relaté la résistancea démontré les espoirs qu’une résistance citoyenne peut porter. Les associations La Voix Verte des quartiers, Solidarité gerdoise Stop Linky, Robins des toits 65 et France Nature Environnement 65 concluaient le communiqué de presse :

« Cette action citoyenne, après un constat par huissier du blocage du site, a provoqué le départ de l’entreprise qui a quitté les lieux avec ses engins et son matériel. Cette mobilisation a permis également l’intervention du député Jean-Bernard Sempastous qui s'est à nouveau adressé à la Direction des relations avec les collectivités locales chez France Télécom Orange. Le projet d’installation d’une antenne de téléphonie sur les allées Maintenon serait définitivement abandonné. À suivre...»

La sagesse et l’intuition devraient-elles être systématiquement validées par l’expérience ?

Tout le porte à croire. Un industriel peut-il avoir une parole orale fiable ? et un député, opposé au projet, de même qu’un maire, ont-ils juridiquement les moyens de s’y opposer, simplement par la voix médiatisée de leur position …

 

« À plusieurs reprises courant 2020, je vous avais sollicité pour vous faire part de l’hostilité locale à l’égard de ce projet, hostilité que je partage. […]

Enfin, je tiens à vous faire savoir que je m’oppose toujours à l’implantation de cette antenne sur ce lieu emblématique. » a écrit le député Jean-Bernard Sempastous, dans le courrier du 5 janvier 2021 joint à notre article cité plus haut, dont les destinataires sont le Directeur des relations avec les collectivités locales pour les Hautes-Pyrénées de la Délégation Régionale d’Orange France Lionel Levasseur, le Préfet Rodrigue Furcy et le Directeur Régional d’Orange Jean-Christophe Arguillère.

Le député a ensuite informé les opposants par le SMS ci-après qu’Orange se retirait définitivement du projet à cet endroit :

« Tout d'abord, je tiens une nouvelle fois à vous remercier de m'avoir informé de la reprise des travaux le 5 janvier dernier.

Je me suis alors immédiatement rapproché du Préfet des Hautes-Pyrénées ainsi que d'Orange. Dans l'après-midi même, le directeur régional d'Orange m'informait, à l'issue de notre discussion, que l'emplacement des allées de Maintenon serait en conséquence abandonné et qu'un autre emplacement serait trouvé. 

D'où ma surprise à la lecture du courrier en date du 5 janvier de Monsieur Levasseur, directeur des relations avec les collectivités locales pour les Hautes-Pyrénées. Ce courrier m'a amené à lui répondre le 7 janvier que je restais à sa disposition pour trouver une alternative mais surtout que ma position resterait ferme quant au site des Allées de Maintenon. Sachez que je suis ce dossier avec la plus grande vigilance.»

20210115 Reponse JBS.pdf (pdf, 163.8 kB)

Pourtant, le lendemain, la communication de la société publiée par La Semaine des Pyrénées tend à laisser entendre qu’il n’en est rien :

« Orange prend en compte l’opposition à son projet de création d’un nouveau relais mobile à Bagnères-de-Bigorre et a décidé de suspendre les travaux sur les allées Maintenon. Orange est prêt à travailler, en concertation avec les élus de la zone concernée, pour trouver un emplacement alternatif qui pourrait potentiellement se situer sur les communes de Bagnères-de-Bigorre, de Gerde ou d’Asté.»

 

Cela n’a pas manqué d’interpeler les associations qui ont interpelé le député du coin :

« Orange annonce juste avoir « décidé de suspendre les travaux » de ce projet d’installation, et non comme cela semblait t’avoir été affirmé, une suppression complète de cette installation aux Allées Maintenon. D’ailleurs il serait bien qu’Orange annonce qu’elle va reboucher le trou pour rendre crédible cette décision, en informant sur la date de réalisation (pour éviter tout nouveau blocage).

Il est bien annoncé une concertation mais elle semble restreinte aux seuls élu-e-s (, et même à lire de manière plus restrictive, aux seuls élu-e-s des communes concernées. (« Orange est prêt à travailler, en concertation avec les élus de la zone concernée »). Ce qui semble loin de ce tu as voulu, ce qui semble à nouveau t’exclure et exclut, comme d’habitude, les associations et les citoyenn-e-s ? »

Et le collectif d’opposants a essayé tant de guider l’élu dans sa démarche que de le mettre en garde, voire de se démarquer de sa stratégie … orale et à la candeur confiante :

« C’est pourquoi nous revenons vers toi pour que tu obtiennes un document d’Orange annonçant, ainsi que cela t’a été dit :

- l’abandon définitif de ce site, du fait de sa qualité paysagère. Le choix des termes est important, suspension/suspendre n’est pas la même chose qu’abandon/abandonner ;

- La mise en place d’un comité de pilotage incluant non seulement les maires des communes concernées et la CCHB, mais aussi les associations et collectifs impliqués (La Voix verte des quartiers, Solidarité gerdoise stop Linky, Robins des toits 65, France Nature environnement 65), sans bien sûr t’oublier.

Si cela n’était pas, nous ne pourrions guère qu’avoir le sentiment commun de nous faire rouler encore une fois dans la farine... Nous, c’est à dire, toi, les personnes et les associations qui ont permis cette issue, trop temporaire et encore incertaine. »

20210111 concertation orange JBS.pdf (pdf, 98.6 kB)

 

 

Une procédure administrative formelle

Mais un simple courrier est-il suffisant pour un industriel sommé de 1 (et très intéressé à) développer en urgence ses infrastructures ?

déploiement 5G Orange © arcep.fr déploiement 5G Orange © arcep.fr

Et pourquoi la mairie de Bagnères n’a-t-elle pas décidé de s’impliquer formellement non plus ? ( aucun courrier ne nous a été communiqué encore qu’elle ait adressé aux responsables d’Orange pour marquer juridiquement son opposition, bien qu’elle ait tenté une négociation avec l’industriel 2)

C‘est la question que les habitant·e·s concerné·e·s et les opposant·e·s aux travaux préparatoires sont en droit de se poser :

Le 6 octobre 2019, l’opérateur ORANGE a déposé une déclaration préalable de travaux sur une propriété sise en limite immédiate des Allées Maintenon sur la commune de Bagnères de Bigorre, en vue d’y installer une antenne relais de téléphonie mobile. La parcelle concernée par la demande est la N° 170, section AS.

L’antenne sera à 8 à 10 m de la limite du site classé.

localisation de l'antenne-relais de 27m © RdB localisation de l'antenne-relais de 27m © RdB

réseaux mobiles des 4 opérateurs à Bagnères-de-Bigorre au 31 déc 2019 © AB & ariase.com réseaux mobiles des 4 opérateurs à Bagnères-de-Bigorre au 31 déc 2019 © AB & ariase.com

Le 18, les associations complétaient leur démarche d’une lettre auprès de l’opérateur :

« Nous vous demandons de confirmer qu'il s'agit bien d'un abandon définitif de ce lieu, et pour rendre cet engagement réel, nous vous demandons d'annoncer que vous allez remettre le terrain en état, c'est à dire reboucher le trou et sortir les derniers matériaux encore en place (voir photos ci-dessous). […]

De même, lors de nos entretiens, qui ont conduit au déblocage du lieu, M. Sempastous, nous a affirmé qu'une concertation avec tous les acteurs, dont les associations impliquées, serait organisé. Nous vous demandons de confirmer que vous ne réduirez pas la concertation à un échange avec les élus et l'administration.

Les habitant-e-s et plus largement les citoyen-ne-s devant les urgences écologiques ne peuvent plus être ignoré-e-s, et les aménagements de toutes sortes sur nos territoires devraient être réfléchis en amont, comme nous y invite l'esprit des SCOT.»

20210118 lettre ouverte à Orange.pdf (pdf, 495.1 kB)

ORANGE Déclaration préalable et délai de recours contentieux.png © RdB ORANGE Déclaration préalable et délai de recours contentieux.png © RdB

 

Des procédures de contestation restent ainsi non (encore ?) exploitées par les élus, qui laissent dubitatifs sur leur volonté réelle (ou leur détermination compétente) de lutter juridiquement contre ce projet :

Article R421-9 Code de l’urbanisme

Modifié par Décret n°2018-1123 du 10 décembre 2018 - art. 1

En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, (...)

j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m 2 et inférieures ou égales à 20 m 2 .

Commentaire :

- Il s’agit bien des abords (non définis, mais à moins de 10 m on est dans un « abord » ou alors il va falloir revoir le sens des mots) d’un « site classé » et pas seulement d’un « monument historique ». La situation de l’antenne est donc bien dans ce cas.

- Cela induit, pour Maître Cédric Drouin, dans le blog des avocats, qu’on revient à la règle normale et qu’un permis de construire doit donc être demandé. « A noter que ce régime de déclaration préalable n’est applicable qu’en dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, pour lesquels les antennes-relais restent soumises à permis de construire. »

Question : qui, comment, avec quelle procédure, le maître d’ouvrage, en l’occurrence Orange, peut-il être contraint au dépôt du permis de construire ?

 

 

L’opposition de 500 professionnels de santé de Belgique

« Dans un appel,  500 médecins belges demandent au gouvernement de faire appliquer le principe de précaution afin de protéger la population contre les dangers de la 5G et le déploiement massif des technologies sans fil.

Ils rappellent que « l’innocuité de cette exposition omniprésente et prolongée n’a jamais été démontrée. Au contraire, les preuves de sa nocivité s’accumulent ».

A l’aube du déploiement de la 5G, ces professionnels de la santé sonnent l’alerte.3

 

extrait de l’introduction :

« En pleine pandémie, alors que les citoyens sont confinés et que la société est mise à rude épreuve, Proximus a entamé ce 31 mars le déploiement de la future 5G dans 30 communes autour de Bruxelles. Même s’il pourrait s’agir d’une simple coïncidence, ceci nous semble indécent à un moment où les Belges doivent lutter ensemble pour essayer de vaincre le drame humain qui nous préoccupe tous. »

 

« En référence à la Résolution 1815 de mai 2011 de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe et dans la lignée de dizaines d'appels de médecins et de scientifiques de par le monde, nous demandons que les mandataires publics fédéraux, régionaux et locaux prennent leurs responsabilités et les mesures nécessaires afin d’obtenir :

  • l’application du principe de précaution en vue de protéger la population, surtout les plus jeunes, 

  • l'interdiction du WiFi dans les crèches, les écoles maternelles et les lieux accueillant de jeunes enfants,

  • l'arrêt du déploiement du WiFi et des objets connectés dans les écoles et le retour aux alternatives non connectées ou câblées,

  • des études d’impact sanitaire avant de déployer de nouvelles technologies de la télécommunication sans fil, en ce compris la 5G,

  • un moratoire sur le déploiement, la distribution et la vente d'objets connectés tels des téléphones, tablettes, jeux, montres, baby-phones et autres appareils émetteurs de RF/MO destinés aux enfants, 

  • la sensibilisation des citoyens, en particulier des parents, des adolescents et des femmes enceintes à un usage raisonné et responsable des objets connectés sans fil,

  • la sensibilisation des professionnels de la santé aux risques biologiques et sanitaires de l’exposition aux rayonnements électromagnétiques, 

  • des moyens permettant d’investir dans la recherche concernant l’étiologie, la physiopathologie, le diagnostic et la prise en charge de l’électro-hyper-sensibilité (EHS),

  • la reconnaissance de l’existence et de l’ampleur de l’EHS comme syndrome qui touche de plus en plus d’adultes et d’enfants,

  • la création d’un « centre de vigilance » afin de suivre l’évolution des cas d’EHS émergents,

  • l’établissement de normes d’exposition réellement protectrices basées sur les effets biologiques et non thermiques des CEM. »

     

 Cet appel de février 2019 fait suite à ceux-ci 4 :

• 2017 (sept) : Appel  international de 180 scientifiques et médecins de 35 pays différents demandant à l’Union européenne un moratoire sur la 5G,

• 2017 (nov) : Déclaration de Nicosie demandant une révision des valeurs limites d’exposition et une meilleure formation du corps médical aux effets biologiques des rayonnements électromagnétiques

2018 (avril) : Appel de la Société international des médecins pour l’environnement demandant l’arrêt du développement de la 5G

2018 (août) : Appel des médecins allemands à leur ministre des infrastructures digitales 

2018 (nov) : Appel international à l’ONU, à l’OMS, à l’UE, au Conseil de l’Europe et aux gouvernements de tous les pays, demandant urgemment l’arrêt du déploiement de la 5G sur Terre et dans l’espace, 

2018 (nov) : Appel international à l’ONU, à l’OMS et aux gouvernements de tous les pays demandant des valeurs limites d’exposition réellement protectrices

 

 

Face au déploiement massif et inconsidéré des technologies sans fil, nous, professionnels de la santé, demandons au gouvernement de faire appliquer le principe de précaution afin de protéger la population et plus particulièrement les groupes les plus vulnérables dont font partie, notamment, les femmes enceintes et les enfants.

Ils proposent un certain nombre de publications scientifiques jugées « pertinentes » 5 :

extraits les plus récents :

• Hardell L, Carlberg M, [Comment] "Health risks from radiofrequency radiation, including 5G, should be assessed by experts with no conflicts of interest", Oncology Letters, 2020 July

https://www.spandidos-publications.com/10.3892/ol.2020.11876

• Melnick R, [Correspondance] "Regarding ICNIRP'S Evaluation of the National Toxicology Program's Carcinogenicity Studies on Radiofrequency Electromagnetic Fields", June 2020, Health Phys 118(6):678-682 https://journals.lww.com/healthphysics/Citation/2020/06000/Regarding_ICNIRP_S_Evaluation_of_the_National.11.aspx

• Hardell L, Nyberg R, [Comment] "Appeals that matter or not on a moratorium on the deployment of the fifth generation, 5G, for microwave radiation", Jan 2020

https://www.spandidos-publications.com/10.3892/mco.2020.1984

• "5G: Great risk for EU, U.S. and International Health! Compelling Evidence for Eight Distinct Types of Great Harm Caused by Electromagnetic Field (EMF) Exposures and the Mechanism that Causes Them"
 Martin L. Pall, PhD Professor Emeritus of Biochemistry and Basic Medical Sciences Washington State University 

https://s3.amazonaws.com/nghl-ntge/pall-to-eu-on-5g-harm-march-2018.pdf

 

PRÉCAUTIONS POUR LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS

The Baby Safe Project informe sur « Ce que vous devriez savoir sur les rayonnements électromagnétiques et la santé de votre bébé » 6

 

Quelques gestes simples pour protéger votre bébé.png © babysafe Quelques gestes simples pour protéger votre bébé.png © babysafe

 

Extraits :

« Nous savons maintenant que les rayonnements électromagnétiques peuvent également induire des effets biologiques non thermiques, y compris des dommages aux cellules et à l’ADN, et ce même à de faibles intensités.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé les rayonnements de radiofréquences dans la catégorie 2B ‘potentiellement cancérigène’ et de nombreuses études réalisées sur des animaux ont mis en évidence des effets neurologiques, notamment des troubles du comportement, qui peuvent avoir des conséquences à long terme sur la santé.»

 

Par ailleurs, plus de 70 maires et élus en France appelaient déjà à un moratoire sur la 5G le 12 avril 2020.

"Les risques pour la santé de la 5G n’ont pas été correctement évalués" affirment plus de 70 élus en France. Les préoccupations concernant l’augmentation de la pollution électromagnétique et la déshumanisation de la société sont également citées. » 7

L’installation de la 5G nécessitera un assouplissement important des normes déjà beaucoup trop élevées.

De plus, cette technologie, qui présente des spécificités techniques différentes des technologies de générations antérieures, n’a pas fait l’objet d’études sanitaires préliminaires.

Certains scientifiques craignent une augmentation de survenue des cancers de la peau et des dommages oculaires liés à l’utilisation de fréquences porteuses plus élevées.

Par ailleurs, la multiplication du nombre d’antennes relais nécessaires à l’installation du réseau 5G et l’hyper-connectivité absolue dans laquelle elle précipitera la société imposera une augmentation généralisée et certaine des niveaux d’exposition des populations.

Cela équivaut à prévoir une situation où le risque sanitaire global serait augmenté par un facteur qu’il est impossible de déterminer à l’avance, avec des retombées sanitaires dont nous ne connaissons pas la nature et sur lesquelles nous n’aurions aucun contrôle.

Cela équivaudrait aussi à une infraction au code de Nuremberg puisqu’il s’agirait finalement d’une expérimentation sur l’humain sans son consentement, sans certitude que le bénéfice pour la société soit plus important que le risque encouru..

 

 

L’avis inquiétant de mai 2019 du Conseil Supérieur de la Santé de Belgique

https://www.health.belgium.be/sites/default/files/uploads/fields/fpshealth_theme_file/190617_css-9404_fys_chem_env_hygiene_vcabdem.pdf

En mai 2019, le CSS a fait pour la première fois le lien entre rayonnements non ionisants, électromagnétisme, micro-ondes , téléphones portables et effets biologiques »

 

extraits 

page 19/88 : 

«Afin d’augmenter la puissance statistique et d’obtenir davantage de données dosimétriques et biologiques permettant de comprendre les mécanismes  des effets cognitifs et cérébrovasculaires après exposition à de faibles doses de rayonnements ionisants, le projet CEREBRAD a été développé et soutenu par le 7e programme-cadre Euratom (PC7) à approche multidisciplinaire (épidémiologie humaine, études animales et études mécanistes). 

Ce projet a révélé des effets à des doses précédemment supposées inoffensives

➣ Des effets persistants (lésions de l’ADN, inflammation) ont été observés dans les études animales à faibles doses (20 et 100 mGy) plusieurs mois après l’exposition (ce qui correspond à plusieurs années chez l’homme) (Benotmane A., dans l’UE 2018). 

➣ Les expositions combinées aux rayonnements et à d’autres agents environnementaux ont significativement diminué la dose à laquelle des effets sont observés sur le cerveau (Eriksson et al., 2010). 

Il est intéressant de noter que, par rapport à la descendance exposée à la consommation maternelle d’alcool ou à des agents infectieux (virus zika -ZIKV), le développement neuropsychologique et les modifications transcriptomiques des individus exposés avant la naissance aux rayonnements ionisants sont très similaires, notamment l’induction de gènes impliqués dans la différenciation précoce des neurones (Benotmane A., UE 2018). »

 

page 26/88 :

«➣ Une augmentation relative de la mutagénicité à très faibles doses pourrait survenir en cas d’exposition en l’absence d’expression complète des mécanismes correspondants de réparationde l’ADN.

Il semble donc probable qu’une hypersensibilité à faible dose puisse également survenir en cas d’exposition à des produits chimiques génotoxiques.»

 

page 35/88 :

« Outre les expositions médicales, il existe également des expositions aux rayonnements ionisants provenant de nombreuses autres sources, y compris  des sources environnementales naturelles ou artificielles (situations post-accidentelles, matériaux de construction, radon dans les habitations, etc.). »

 

cf. https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Environnement/expertises-radioactivite-naturelle/radon/Pages/5-cartographie-potentiel-radon-commune.aspx#carto

 

et principalement page 38/88 :

« Exposition aux rayonnements non ionisants liés aux lignes électriques, 

à la communication et à l’électronique

 

Une exposition étroite aux lignes électriques a été associée à la leucémie infantile (Tabrizi et al., 2015 ; Schuz, 2011). 

Il a été montré que les rayonnements non ionisants émis par les micro-ondes agissent via activation des canaux calciques dépendants du voltage, induisant des impacts biologiques à des niveaux non thermiques (Anghileri et al., 2006 ; Pall et al., 2015). 

 

➣ L’exposition maternelle aux champs électromagnétiques des fréquences utilisées par les téléphones mobiles a été associée à des troubles du comportement et du langage chez l’enfant (Birks et al., 2017 ; Zarei et al., 2015). 

 

L’utilisation de téléphones mobiles et de téléphones sans fil a été observée comme étant associée à un risque accru de gliome et de neurinome de l’acoustique (Hardell et al., 2013). Selon Levis et al. (2011), des protocoles en aveugle, exempts d’erreurs, de biais et de facteurs de conditionnement financiers, donnent des résultats positifs qui révèlent une relation de cause à effet entre l’utilisation ou la latence du téléphone mobile à long terme et l’augmentation statistiquement significative du risque de tumeur de la tête homolatérale, avec une plausibilité biologique. Les méta-analyses (y compris celle de Levis et al., 2011), n’examinant que les données sur les tumeurs homolatérales chez les sujets utilisant un téléphone mobile depuis ou pendant au moins 10 ans, montrent des augmentations importantes et statistiquement significatives du risque de gliomes cérébraux et de neurinomes de l’acoustique homolatéraux (Levis et al., 2011). »

 

 


5G : le débat confisqué

Le journal en ligne belge Médor 8 analyse également d’autres aspects induits par la révolution de la 5G :

«L’onde de choc est telle que des voix s’élèvent un peu partout à Bruxelles et en Wallonie pour s’opposer au déploiement de cette technologie sans concertation préalable des communes concernées et de leurs habitants.»

Des pics d’intensité

« La 5G repose sur un système de petites antennes qui vont concentrer leur rayonnement sur l’utilisateur. « On va avoir une multitude de petits lobes de rayonnement qui vont suivre chaque utilisateur point par point. »Ce qui signifie qu’en fonction de l’usage que les utilisateurs font de leur smartphone et de l’endroit où ils se trouvent, « ils pourraient être soumis à des pics d’intensité ». »

L’impact écologique

l’impact écologique qui a poussé l’artiste bruxelloise Marie-Laure Béraud à se mobiliser. « La 5G, c’est une aberration environnementale. D’un coup, tous nos appareils vont devenir obsolètes. »

« Pratiquement tous les objets, de la maison à la voiture en passant par la machine à laver ou le réfrigérateur qui, d’un seul coup, deviendraient « intelligents ». »

« Avec la 5G, «la consommation d'énergie des opérateurs mobiles serait multipliée par 2,5 à 3 dans les cinq ans à venir», ce qui représenterait «une augmentation de 2% de la consommation d'électricité du pays», avaient estimé dans une tribune publiée dans le Monde début janvier Jean-Marc Jancovici et Hugues Ferreboeuf, du think tank The ShiftProject. 9 »

 

Conclusion provisoire

« L’intensité de la rivalité à laquelle se livrent les grandes puissances sur cette innovation doit alerter sur l’ampleur des enjeux. Il est illusoire de penser que c’est en restant en marge de ce basculement que nous nous en protégerons. Nous nous condamnerions à subir des décisions prises par d’autres, au détriment de notre souveraineté. De cela aussi il est urgent de débattre. » écrivait l’éditorialiste du Monde le 29 septembre 2020.

Sans doute est-il indispensable d’être précautionneux avec cette nouvelle technologie, suivant ainsi l’exemple du conseil municipal de Lille qui a adopté le 10 octobre dernier un moratoire sur le déploiement de la 5G, tant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) n’aura pas publié son rapport sur le sujet (attendu en 2021).

Mais l’ANSES a déjà publié, il y a exactement un an, un pré-rapport qui note de nombreuses inquiétudes de l’Agence, à propos du manque de données scientifiques sur les effets sanitaires de l'exposition à certaines fréquences d'ondes électromagnétiques...

Manif 5G allées Maintenon © Nöt Manif 5G allées Maintenon © Nöt
 

 

 

 

NOTES

1« Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition Numérique et des Communications Electroniques, a signé mi-décembre 2020 deux nouveaux arrêtés ministériels définissant 593 nouveaux sites, jusqu’alors non ou mal couverts en téléphonie mobile*, pour lesquels les opérateurs Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR devront fournir une couverture 4G au plus tard dans les 24 mois. […]

Ces deux nouveaux arrêtés viennent compléter les 2 066 sites prioritaires d’ores et déjà identifiés depuis 2018. Ainsi ce sont désormais 2 659 sites qui bénéficient ou bénéficieront d’une amélioration de la couverture mobile dans le cadre du New Deal Mobile. »

https://www.amenagement-numerique.gouv.fr/fr/actualite/france-mobile-publication-deux-nouveaux-arretes

2« Depuis plus de 2 ans, plusieurs options ont déjà été discutées, notamment avec la Mairie de Bagnères-de-Bigorre mais aucune proposition techniquement viable n’a pu être trouvée, pouvant répondre aux objectifs de couverture attendue. » https://www.lasemainedespyrenees.fr/2021/01/06/bagneres-antenne-relais-de-maintenon-la-reaction-dorange/

3https://www.hippocrates-electrosmog-appeal.be/appel

et https://next.electrosmogappeal.be/index.php/s/rjDPJNxyCQQJpxS#pdfviewer

4https://www.hippocrates-electrosmog-appeal.be/appels

5https://www.hippocrates-electrosmog-appeal.be/articles

6https://next.electrosmogappeal.be/index.php/s/C9TZdGamiTc5ZqJ#pdfviewer

7https://childrenshealthdefense.org/defender/plus-de-70-maires-et-elus-en-france-appellent-a-un-moratoire-sur-la-5g/?lang=fr

8https://medor.coop/magazines/medor-n20-automne-2020/le-reveil-des-anti-5g/?full=1#continuer-a-lire

9https://www.strategies.fr/actualites/medias/4039613W/petition-et-recours-d-ong-contre-la-5g.html

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