T. Broca, maire d’Asté « Oui, une fois par an. Quant au logo, on l’a laissé passer »

Le salon pro 4x4, qu’il se fasse à Bagnères, moi je n’y vois aucun inconvénient, en particulier concernant la commune d’Asté. Je sais qu’ils vont utiliser certaines routes carrossables, bien définies pour faire passer des véhicules. À partir du moment où ils ne passent pas sur des pelouses, qu’ils restent sur ce circuit, et que c’est une fois par an, je n’y vois pas d’inconvénient.

En B.- Q1 D’un point de vue général, comment envisagez-vous la tenue de ce 2e salon pro 4x4 et SUV prévu les 19 et 20 septembre prochains ?

Thierry BROCA - Le salon pro 4x4 qui s’est tenu à Bagnères – et qui apparemment était à Tournay les autres années – qu’il se fasse à Bagnères, moi je n’y vois aucun inconvénient, en particulier concernant la commune d’Asté. Je sais qu’ils vont utiliser certaines routes pour faire passer des véhicules, ce sont des routes carrossables, bien définies. À partir du moment où ils ne passent pas sur des pelouses, qu’ils restent sur ce circuit, et que c’est une fois par an, je n’y vois pas d’inconvénient.

Après, je n’aimerais pas que ça se fasse régulièrement. Une fois par an pour tester des véhicules, je comprends que tout le monde doit vivre, en bonne harmonie, mais après je n’accepterai pas que ça dure, que ce soit régulier.

En B.- Que ce soit pérennisé, moi, c’est ce qui m’inquiète.

T. B.- Je suis pour qu’il y ait des véhicules, je suis un très grand chasseur... j’aime beaucoup me promener, j’habite ici, je suis né ici, je veux qu’on respecte la nature, Mais je ne suis pas non plus là…, je ne suis pas extrémiste, dans aucun sens : ni pour les voitures, ni pour la nature. Je ne veux pas qu’on la dégrade. Si on ne l’utilise qu’une fois avec les voitures pour montrer comment fonctionnent les véhicules et qu’après ils l’utilisent pour leur business, pour aller sur La Mongie, pour aller l’utiliser en tant que professionnels, moi je n’y vois pas trop d’inconvénients à partir du moment où ce n’est qu’une fois par an. On me demanderait de faire un circuit sur la commune d’Asté pour faire tourner des 4x4 tous les dimanches, ça ne se passerait pas pareil, je ne pense pas.

En B.- Q2 L’aspect économique local est-il important pour vous, en tant que maire/candidat à la mairie, dans l’organisation de ce salon ? comment le comprenez-vous ?

T. B.- Après il faut que tout le monde puisse vivre. Ils étaient sur Tournay ; apparemment ça s’est mal passé, qu’ils veuillent le faire ici, ils ont peut-être plus d’opportunités, pour les circuits, ils passent dans plusieurs communes. À Asté, ils ne passent qu’une fois je crois, alors… parce que j’ai un 4x4 aussi, moi, que j’utilise sur les chemins, je ne vais pas les empêcher de passer.

En B.- C’est ça : il y a deux sortes d’utilisations, il y a les 4x4 professionnels pour les gens qui travaillent, les bergers, les forestiers, ici ou à La Séoube quand il fait mauvais c’est utile. Après il y a un aspect économique, je comprends votre position aussi.

On continue si vous voulez, on aborde la question 3 :

Q3 Le 26 mai, le gouvernement a décidé de soutenir l’industrie automobile à hauteur de plus de 8 milliards d’euros […] Cependant, depuis le 24 décembre 2019, la loi d'orientation des mobilités prévoit […] Dans ce contexte contradictoire, quelle direction votre décision peut-elle prendre ?

T. B.- Ça doit être compliqué pour eux, je le conçois, ils essayent de sauver des emplois. Mais après, on parle de voitures électriques… Ils disent que c’est moins polluant ; pour l’instant, je pense, peut-être… Mais les batteries, qu’est-ce qu’on en fera ? On ne sait pas trop.

En B.- Et on aura des batteries jusqu’à quand ? Parce que le lithium il faut bien aller l’extraire au Pérou… la plus grosse mine de lithium au monde est à côté de Cuzco. 1

T. B.- Il faudrait commencer à raisonner le flux de transports, regrouper et … – . encore que nous on ne le ressent pas trop parce qu’on est dans une zone privilégiée par rapport à ça – ils devraient privilégier davantage le transport en commun et le covoiturage, ça c’est sûr. Ici c’est difficile parce que bien souvent on est obligé de partir, encore que, je crois que ça se fait de plus en plus. Ce n’est pas mal. Après, moi, je me déplace, je fais 3 km par jour, ce n’est pas moi qui vais.… Je pourrais y aller en vélo aussi, vous me direz, des fois.

Ils sont en train de soutenir les emplois au bout, mais à mon avis ce n’est pas pérenne. C’est l’urgence, ils les soutiennent ; mais on n’a pas encore d’alternative, peut-être que les hybrides seront mieux.

En B.- J’en ai discuté avec M. Brune aussi, il y a les véhicules à air comprimé qui commencent à être très efficaces, qui ont eu le prix de l’innovation et de l’environnement par l’ONU. Des véhicules à air comprimé, c’est à dire qu’il rejettent de l’air froid, ils consomment de l’air…

T. B.- Il va y avoir un souci avec les grands magnats du pétrole, voilà c’est tout. Ces véhicules, ils vont être trop propres, ils ne vont pas consommer ce que vendent les pays riches. Si on arrive à faire des véhicules à air comprimé pour le prix d’un véhicule à essence, les gens ne sont pas fous. Ils iront vers les véhicules propres, personne n’est content de polluer, je ne le pense pas. Il y en a qui ne sont pas bien conscients, peut-être, mais la plupart des gens se sont rendu compte pendant le confinement qu’il y avait des choses qui réapparaissaient. c’est formidable ce qu’on voit.

En B.- Ça c’est sûr, ça a été une prise de conscience pour beaucoup de gens.

T. B.- Ici, moi, je n’ai pas ressenti de différence notable par rapport à l’environnement. D’abord parce qu’ici on est privilégié, franchement.

En B.- Je reçois régulièrement les informations d’ATMO Occitanie : aujourd’hui le niveau de qualité de l’air est de 4/10, ce n’est quand même pas très brillant. Le préfet, en janvier 2019, avait interdit les écobuages et les feux de broussailles, parce qu’il y avait une pollution ts forte, qu’il ne fallait pas dépasser le seuil.

Cette pollution a des conséquences sur la santé épouvantables : à la conférence internationale Air-Climat-Santé à l’hôtel de région de Toulouse en septembre 2019, le nombre de victimes annoncé était terrifiant : si, à propos du Covid, on parle de 30 000 morts en France, il y en 63 000 par an du fait de la pollution de l’air, plus que la moyenne mondiale 2. C’est énorme ! la pollution de l’air  tue deux millions et demi d’Européens tous les trois ans ! 3 

Si le gouvernement s’était préoccupé de cette question - les chiffres sont connus depuis 2014 - il aurait pu mettre en place une action conjointe pour le climat, pour l’environnement, pour la santé des populations, en régulant l’industrie et les transports. Ce n’est toujours pas fait.

C’est pour ça que je cherche à ne pas cliver les choses par rapport au 4x4, mais à essayer de voir les divers aspects, comment je peux recueillir votre point de vue. Et en ce sens, je discutais il y a deux jours avec M. Brune, qui est d’accord pour réunir tous les maires et organiser une réflexion commune.

T. B.- Ça pourrait se faire aussi, effectivement.

En B.- Q4 Comment envisagez-vous l’articulation de cette richesse patrimoniale de l’air de la montagne, boisée, avec le développement d’un “tourisme motorisé durable ” ? L’apposition du logo de la ville sur l’affiche du salon pourrait être considérée ainsi.

T. B.- Motorisé, moi j’utilise le véhicule pour aller en montagne, en haut d’une route, puis après je marche deux à trois heures pour arriver à l’endroit ; je n’y vais pas en voiture : c’est comme tout, il faut que ça soit raisonné. Utiliser un véhicule pour se déplacer oui, mais il ne faut pas vouloir se déplacer partout. Je vois, au village, j’ai appelé déjà les gendarmes, parce que des 4x4 passent dans des endroits ça n’a aucun sens, aucun but ; juste pour monter, faire de la fumée et tout dégrader. C’est là que je dis qu’un véhicule motorisé n’a rien à y faire. Un véhicule motorisé on s’en sert pour se déplacer d’un point A à un point B, oui ; après il ne faut pas s’en servir pour faire des zigzags entre le point A et le point B.

En B.- C’est ce que prône Didier Devaux 4… l’an dernier ils étaient allés sur le chemin de Nabias à Asté. Il n’est pas carrossable : ma voiture ne peut y passer.

T. B.- Avec le 4x4, on passe, oui.

En B.- Disons qu’il y a une volonté d’installer tout ça dans la durée. Quand on regarde leurs sites, ils proposent des randonnées, ils s’adressent à des handicapés, ils veulent les amener… 5 ils ont de multiples stratégies pour en faire une activité durable, ils cherchent à s’implanter tranquillement. Le salon, c’est le coin dans la porte pour pas mal d’autres choses.

T. B.-  Après, moi je vous l’ai dit au début, un salon par an parce qu’ils veulent montrer comment fonctionnent les véhicules, moi je suis d’accord.

Après, si quelque chose s’y installe pour faire des aller-retours partout, j’en parlerai en conseil municipal et qu’on s’opposera à ce que les pistes soient utilisées pour ça à tort et à travers. Moi je les utilise, l’ONF, les chasseurs pour aller chercher du gibier de temps en temps, je le comprends, et c’est tout. Il ne faut pas que ce soit ouvert à tout le monde. On a une qualité de l’air, il faut la préserver, et paysagère.

En B.- Je dis tout ça car j’ai épluché leur site, j’ai vu qu’ils ont une base à Agde 6 et là-bas ce sont des quads, des 4x4, etc.

T. B.- Après, j’ai des gars qui sont venus pour faire du moto-cross ; moi, je leur dis : « du moto-cross il faut trouver un coin qui ne gêne personne et qui soit cadré. Ce n’est pas se promener partout sur la montagne. » Il y en a qui se sont fait attraper, d’ailleurs, à se promener n’importe où, sur les pelouses, mais quelque part ils le cherchent : les gens le font bien à vélo, ils peuvent le faire en VTT, ça se fait de plus en plus.

En B.- Ça, c’est du sport.

T. B.- Après, c’est vrai que faire de la moto, ça peut être physique. Ou alors c’est un circuit, c’est un coin qui va être dénaturé tôt ou tard, parce qu’à force d’y passer… je suis pour que tout le monde profite de la nature mais ne la détériore pas, d’une manière raisonnée. Parce que moi je suis d’ici, je le répète ; là, je vois des arbres, avant il n’y en avait pas, c’était de la pelouse, il y a de moins en moins de vaches, la forêt gagne sur les pelouses. C’est comme ça, parce qu’il n’y a pas d’agriculteurs. Je ne voudrais pas qu’on coupe tout pour faire de nouvelles pistes ; les pistes, c’est pour exploiter le bois parce qu’on en a besoin, c’est une ressource pour la commune.

En B.- Et en même temps c’est un investissement d’argent public, l’entretien des chemins. L’année dernière, le maire de Trébons m’avait dit : « Moi, je suis ni pour ni contre le 4x4, je réponds à tout le monde, mais ce qui m’importe c’est que l’argent public que j’ai investi dans l’entretien des chemins soit protégé. »

T. B.- Soit utilisé pour que ça rapporte à la commune, pas pour faire rigoler les…

Et en plus, il faut dire qu’il y a peut-être une partie qui a été subventionnée, mais l’autre partie, ce sont les habitants du village qui le payent, avec les impôts. C’est comme ça, ce n’est pas pour faire du business, c’est justement pour garder le coin agréable.

 

En B.- Q5 Concernant le tourisme, également, la Bigorre est très attractive. Comment imaginez-vous la cohabitation entre des personnes soucieuses du calme, de la relation à l’environnement naturel et celles qui privilégient l’accès motorisé aux chemins ?

T. B.-  : C’est la même chose. Il faut garder des secteurs à voitures, les chemins carrossables qui sont faits pour, on les utilise pour ; et puis le reste, c’est à pied. Moi, je me gagne des cols, des fois je marche quatre heures de temps, je suis content d’avoir marché, je rencontre peu de monde, j’apprécie la quiétude du coin. Si au bout de quatre heures à pied, je vois une voiture qui arrive à cet endroit-là, je vais dire « Qu’est-ce qu’il fout là, ! » je ne le conçois pas . Il y a des endroits qu’il faut protéger : là où ils sont actuellement, il ne faut pas qu’ils aillent plus loin.

En B.- En même temps, je pense qu’il y a un besoin de concertation de tous les maires et de Mme la maire aussi à Gerde, autour de ce projet de tourisme, de l’image de la vallée.

T. B.-  : On est chacun dans notre [village], enfin on est tous dans la communauté des communes. L’environnement et nos secteurs, on les garde, chacun est maître chez soi – enfin, façon de parler – ; après on pourrait parler pour avoir une politique commune de tous les secteurs, qui sont forestiers ou… Par exemple, on a une personne à mobilité réduite sur la commune qui fait du quad ; il a une grange à Nabias, il m’a demandé : une fois par an, ils font du VTT pour personnes à mobilité réduite, il encadre avec deux quads, ils descendent de plus haut au Bernadaous. Moi, je le comprends parce que... utilisé comme ça c’est bien. Après, c’est sûr que s’il y a vingt 4x4 qui montent là-bas juste pour pique-niquer, ils n’ont qu’à rester chez Loulou Bayle. 7

En B.- Ça me paraît évident.

T. B.- Ça paraît évident, je pense que la plupart des personnes sont soucieuses de l’environnement..

En B.- Pour le moment, je pense qu’entre les candidats à la mairie de Bagnères et les élus que j’ai rencontrés, tous, sauf M. Cazabat, sont d’accord avec cette idée-là. Lui, il dit : « Moi j’ai dit oui au salon du 4x4, j’y suis allé et j’ai mis mon logo sous l’affiche ; donc ce n’est pas parce qu’il y a quatre maires qui ne sont pas d’accord, il n’y a pas de raison que je change, on n’est pas obligé d’être tous d’accord. »

T. B.- Il parle comme ça, de toute façon.

En B.- Je vais publier ce qu’il m’a dit mais c’est très cassant.

T. B.- Très cassant, oui, c’est son problème. Après, il y en a qui disent qu’on a une belle vallée et qu’on y fait “trop” attention… c’est peut-être pour ça qu’on a une belle vallée aussi ! On n’y fait pas trop attention, on prend soin de l’environnement au maximum, je crois.

En B.- Notre vallée abrite le Conservatoire Botanique, le CPIE, le centre scientifique du Pic, ce sont des structures très importantes, ainsi qu’une Réserve Internationale de Ciel Étoilé R.I.C.E.) 8. Ça n’a pas été rien à construire ; ce que j’ai un petit peu derrière la tête, c’est l’idée de contribuer à créer une réserve d’air pur. Cela pourrait être un argument de poids pour défendre les vallées.

J’écoutais hier Achille Mbembe, 9 un philosophe et historien d’Afrique du Sud : il expliquait sur France Culture, que le pouvoir de respirer est très important dans la construction sociale, sociétale et internationale, c’est un droit universel. En Bigorre c’est une réalité et je crois que d’instituer une réserve d’air pur ce serait très important en terme d’image environnementale ; l’Aragon s’est préoccupé de cette idée-là pour son image touristique 10, j’imagine bien une entente entre les Hautes-Pyrénées , l’Aragon, la Navarre, le Pays Basque, les Pyrénées Orientales et les Pyrénées Atlantiques.

Lors d’une réflexion à laquelle j’avais participé en 2015-16, avec Natalia Beigbeder sur le thèmeArt et Science”, avec l’idée de réunir les astrophysiciens du Pic, des scientifiques, des artistes, des gens des technologies, et on a également proposé qu’il y ait beaucoup de jeunes de tous les âges qui soient associés, les chômeurs, les retraités, etc. en un mot que cela devienne un vrai projet collectif . Il était question de créer un musée à Bagnères qui fédère ces diverses régions : je pense que ce sont des idées intéressantes à poursuivre.

Et puis on pourrait aussi… si Carole Delga parle de l’hydrogène, il y a également ces voitures à air comprimé qui commencent à voir le jour ! La société s’appelle MDI 11, Motor Development International, son usine de prototypes est à Carros dans les Alpes-Maritimes et ses bureaux au Luxembourg. MDI a obtenu le prix de l’innovation et de la protection de l’environnement de l’ONU, diplôme rare 12 ! et l’autorisation de rouler sur les routes européennes 13. Leurs voitures n’utilisent pas de plastique car ils réalisent des carrosseries en fibre de lin. Leur concept industriel évite toute usine centrale qui mette les voitures sur des camions pour les dispatcher partout en France : il s’appuie sur de petites unités locales. 14

T. B.- Pour la distribution il n’y a pas de transport.

En B.- Tout à fait ; et de fait, cela permet de générer une économie locale avec des personnes en CDI qui produisent à la demande, selon les commandes. Dans le même esprit, MDI a déjà passé un contrat avec VEOLIA qui, pour la mairie de Lille, a mis en circulation un camion qui fonctionne à l’air comprimé pour le ramassage d’ordures 15. La ville en a commandé un second. MDI a dans ses cartons un hors-bord à air comprimé, un vélo à air comprimé, de l’éclairage public à air comprimé, etc. Pour les maisons particulières, ils proposent également un mur qui stocke l’air compressé et leutilise le soir pour diverses utilisations électriques.

Donc vous voyez, c’est une société vraiment innovante qui propose actuellement une mutualisation aux collectivités, aux organismes qui ont envie d’investir ; tout un réseau en France, où dans chaque structure les voitures seraient assemblées sur place 16. Je pense que ce sont des arguments valables pour le territoire. J’en ai parlé à M. Marquerie, qui y a vu un projet sérieux et prospectif, à M. Brune, je vous en parle.

T. B.- C’est intéressant pour les localités ici ; ça pourrait créer des emplois, et des véhicules. Ça pourrait être intéressant ça c’est vrai. Et pourquoi ne pas faire des 4x4 à air comprimé ?

En B.- Je ne sais pas si ce serait pertinent, mais pourquoi pas… si l’on est capable de fabriquer des voitures pas trop lourdes 17.

T. B.- Des 4x4 pour pouvoir se déplacer quand il neige, moi j’achète un 4x4 pour ça surtout, c’est souvent pratique quand les 4 roues tractent.

En B.- C’est sûr que si on arrivait à se passer globalement des énergies fossiles 18… Après vous prenez la voiture, faites le plein d’’air et ne libérez que de l’air froid en vous déplaçant. Il y a aucune pollution, aucune particule fine polluante, on élimine les problèmes de santé associés.

T. B.- Je crois qu’il faudra qu’on y vienne de plus en plus, et comme je vous dis, ici on est encore préservé. La qualité de l’air n’est pas irréprochable mais pas loin quand même.

 

En B.- La question 6, on en a parlé déjà.

Q6- Ici, la montagne est, pour les locaux, une ressource : la forêt, le pastoralisme sont des activités séculaires, bien vivantes et renouvelées. Du fait de l’érosion des pluies, des fontes de neige importantes et assez brèves, de quelques semaines, les investissements du département et des communes constituent un budget conséquent, actualisé chaque année.

Comment les loisirs motorisés, qui par leur passage répété creusent des ornières, fragilisent les écosystèmes déjà soumis aux exigences du réchauffement climatique, peuvent-ils s’inscrire selon vous dans le développement durable des vallées ?

T. B.- Il faut qu’ils restent sur des routes quoi…

En B.- Il y a des questions du vivre ensemble qui se posent, puisqu’il y a des personnes qui ont envie de loisirs motorisés et d’autres qui n’en veulent pas du tout. En faisant cette enquête auprès des élus, cette dimension de pacification des relations me paraît très importante. L’année dernière, les gendarmes étaient inquiets : ils disaient « Surtout ne vous allongez pas devant une voiture. Faites attention. » Ils craignaient qu’un conducteur s’énerve sr un chemin, en ait marre d’attendre.

Je pense que plutôt que d’en arriver à des situations de conflit comme ça, il est déjà possible d’anticiper les relations entre les personnes, d’écouter leurs intérêts, lors de débats locaux avec votre conseil municipal ou avec la population… ce n’est pas la peine d’attendre que ce salon revienne en force avec ses sponsors : même si c’est ponctuel, ça dure deux jours.

T. B.- C’est ça, si c’est ponctuel, moi je chasse, je chasse, je tue rien, je me promène beaucoup, je chasse pour réguler surtout les cerfs et les biches. On commence en avoir trop, ils abîment tous les arbres et la régénération naturelle se fait de plus en plus difficilement. J’utilise mon 4x4 et souvent je prends le même chemin, mais s’il se dégrade ; je vais dire on y passe 30 fois par an, 10 fois en 4 mois quoi, je monte, je redescends. Quand je me gare, je m’en vais sur les pelouses à pied. Il faut qu’on reste sur les circuits tracés…

En B. - Je me demande aussi si l’on n’a pas à coordonner une réflexion autour de la législation locale, vous voyez, pour déterminer précisément des tracés. 19

T. B.- Et si quelqu’un qui sort du tracé, une amende. C’est comme ça. C’est le seul moyen.

En B. - Je pense qu’il y a des choses à anticiper.

T. B.- Parce que il y en a qui voient le 4x4 comme une liberté. Liberté de quoi ? ou alors ils le font chez eux, s’ils veulent faire des traces dans un pré. Je ne vois pas l’utilité, ça je ne comprends pas. Qu’ils utilisent un chemin ça ne me dérange pas, mais il faut que ce soit borné.

En B.- Et puis se posent les questions qui concernent l’eau, sous toutes ses formes. On constate une fragilisation du milieu avec le changement climatique, spécifiquement en montagne.

T. B.- Alors ça c’est quelque chose qui date d’il y a longtemps, enfin bon, j’en parle plus ; à mon avis, il va falloir que l’on change de [paramètres ?], déjà, il neige de moins en moins… c’est vrai que ça amène de l’activité économique, mais il va falloir réfléchir à trouver une alternative à la neige quoi, parce que… Tout petit, j’avais de la neige ici souvent. À Asté, on a un chasse-neige, ça fait deux-trois ans qu’on ne le sort plus, on l’a acheté mais on ne s’en sert plus. Ça se réchauffe, c’est évident : le ruisseau de Craste, quand j’étais petit, j’allais y pêcher à la main, il y avait de l’eau comme ça. En 40 ans, ça s’est asséché, quoi…

En B.- Cette question concerne aussi l’eau potable, mais disons que globalement, cette richesse en eau est en train de se raréfier, c’est clair, et les élus doivent avoir une réflexion par rapport à ça

T. B.- Nous l’eau, on en sait quelque chose, je crois que l’on est une des rares communes à la gérer nous-mêmes.

En B.- C’est important de conserver des régies municipales.

T. B.- Eh oui c’est nous qui gérons les réseaux, qui avons notre source, personne ne nous gère l’eau. Et j’espère pour longtemps encore car ce n’est pas évident : il y a quand même les normes… On a de l’eau de très bonne qualité sans traitement, mais je ne comprends pas… on nous oblige à traiter de l’eau de bonne qualité… C’est pour éviter d’avoir peut-être un problème au cas où ça se détériorerait…

En B.- Pour maintenir des marchés industriels qui fabriquent ces produits, peut-être aussi.

T. B.- Eh oui, ils veulent vendre des produits, oui oui. Moi, j’ai appris que pour ne pas avoir à la traiter, il fallait qu’on lui donne la dénomination « eau de source de montagne » . Pour l'obtenir, j'en avais parlé avec un gars qui était venu, on avait tout fait… à Crastes, au Bagnet, on est allé voir plein de sources, tout ça … et il n’y aurait que cette solution pour que l'on ait pas à traiter l'eau ... on nous pousse, on nous tanne pour qu’on fasse quelque chose, on va être obligé de le faire. On va la traiter, je pense avec des U.V., pour éviter [les produits].

C'est extraordinaire ! On y met des pastilles de chlore qui se dissolvent... doucement… pour eux ce n’est pas un traitement... « On ne le retrouve pas le chlore… ce n’est pas un traitement ! »…Il va falloir qu'on la traite, on va être obligés parce que … ils sont en train de nous y pousser, ils veulent faire augmenter les taxes…

Qu’on soit obligés de faire ça ! Obligés, alors que cette eau, tout le monde la boit dans le village, et bien évidemment qu’elle est bonne, sinon y'a un moment qu'on l'aurait traitée, c'est extraordinaire, ça je ne comprends pas non plus.

En B.- Il y a une volonté industrielle de pression, des lobbies qui ont des marges...

T. B.- Alors les U.V. c’est le moins chimique, après il faut l’électricité, on a pas d’électricité là-bas…alors je ne sais pas comment on va faire aussi... Je crois qu'on peut le faire peut être avec du photo voltaïque... enfin on va y réfléchir parce qu’on est obligé de faire quelque chose...

C'est surtout le cheminement qu'ils polluent, c'est le passage dans les tuyaux, c'est comme ça qu'ils la traitent... C'est un problème. Encore... de l'eau, on a de l'eau, on est pas en pénurie d'eau mais enfin, je crois que ça baisse.

En B.- Oh oui, c'est sûr que ça baisse et que ça continuera de baisser. : avant, l’Adour avait de l'eau jusqu’au mois de juin, en Espagne aussi les précipitations diminuent...

T. B.- Et oui, c’est partout hein, c'est général, ça craint.

 

En B.- Q7 Un exemple plus ancien nous vient de Haute-Savoie, où « la pollution de la vallée de l’Arve (et Pays du Mont Blanc) est telle qu’elle a justifié la mise en place d’un Plan de protection de l’atmosphère (PPA) dès 2010.

En Nord-Pas-de-Calais / Picardie, cela fait déjà 14 ans que les promeneurs et les défenseurs de l’environnement identifient les causes et s’opposent, le jeudi 6 avril 2006, au « premier salon européen des loisirs verts et du 4X4, où un circuit est organisé en forêt de Chantilly et d'Ermenonville ».

Et en Suisse, le Grand Conseil de la République et canton de Genève proposait, dès le 7 octobre 2002 une « motion concernant les véhicules tout-terrain 4x4 en milieu urbain :

protégeons les piétons, les cyclistes et les automobilistes !” »

Et à Berlin – je ne l'ai pas noté mais – il y a eu un accident l'été dernier en 2019 où un conducteur a perdu le contrôle de son 4X4 en pleine ville et a tué sur le coup quatre personnes... « Plus de tank en ville ! » a réagi le maire.

À l’heure du réchauffement climatique, cette accidentologie attestée et une pollution aggravée se conjuguent à un changement économique majeur,. Comment pensez-vous que la Bigorre pourrait tirer un enseignement de ces événements historiques et scientifiques ?

T. B.- Il faudrait,comme on disait tout à l’heure, qu’on se concerte avec tous les élus responsables de la Bigorre pour essayer de la préserver dans l'état où elle est, que ça ne se détériore pas.

En B.- … et garder son attractivité en même temps…

T. B.- en raisonnant les activités : en les maintenant comme elles sont, pas plus mais pas moins.

En B.- Dans ces trois exemples, voilà presque deux décennies en moyenne que ces pays-là sont complètement pollués, envahis, des gens se plaignent du bruit, de l'accidentologie, des endroits dégradés, de la pollution de l'air … c'est un principe de l’entreprise complètement aberrant aussi qui cherche à gagner toujours plus d'argent d'une année sur l'autre... donc à partir du moment où ce coin est placé dans la porte – ils parlent du “4e” salon du 4X4 (alors que c'est le deuxième en fait à Bagnères), un travail sur la sémantique est fait pour arriver à faire passer dans les esprits que ce salon est une habitude, presque une “tradition” déjà... le procédé est insidieux. Une personne qui me disait récemment : « Je ne sais qui il y a derrière. » Il y a déjà la fédération du 4X4, qui se plaignait notamment des zones à faibles émissions que le gouvernement a instituées 20, sous la pression de la Commission Européenne qui a édicté des normes : la France est encore au-dessus et 15 zones seulement sont définies dans les grandes villes (Toulouse, Grenoble, Lyon, Paris, etc.) La Vallée de l’Arve n'en fait pas encore partie ; la Cour Européenne pourrait mettre des pénalités à la France parce qu'elle ne respecte pas les taux supérieurs de pollution.

C'est une question climatique globale : quand on installe des activités régulières qui paraissent aberrantes dans un schéma, comme tout ce qu'on vient de définir tout à l'heure, des consommateurs sont tentés de penser : « Après tout, pourquoi je n’achèterais pas ça puisque c'est proposé par le marché, puisque ça fait partie des activités proposées localement. »

Il y a une accoutumance, petit à petit, à l'eau qui monte en température et de ce point de vue-là, je ne souhaiterais pas que dans 10, 14 ou dans 18 ans, on ne sache plus se dépêtrer de tout ça parce qu'ils sont installés partout et qu’ils se vantent d’avoir créé de l'emploi ou je ne sais quoi d’autre.

T. B.- Oui, c’est pour ça qu’il faudrait… Moi je ne comprends pas.... c’est mort…en plus des fois ils abîment leurs engins comme s’ils les payaient pas…Je ne vois pas où ils trouvent du plaisir à faire ça, voilà, c’est tout, ça je ne comprends pas...Il y a beaucoup de monde qui pratique, enfin beaucoup …Moi, je les ai vus ; ils viennent avec leur salon, après on les voit plus, ces gens-là, ils travaillent sur La Mongie, je ne sais pas ce qu’ils font.

En B.- Ils travaillent avec des motoneiges.21

T. B.- Et ils les montrent comment ces motoneiges ici ?

En B.- Ils ne les présentent pas au salon, ils montrent des 4x4, ils montrent des quads, l’année dernière il y avait un énorme camion avec des grosses roues et une tente sur le toit. C’est une volonté économique au départ, je pense que Didier Devaux et Jean-Jacques Sabatier ont vraiment envie de développer ça. Mais vous avez déjà bien détaillé votre position, et donc en 8e question :

 

Q8 En résumé, votre action politique en faveur du développement de notre région, qui souhaite selon la CCHB dont votre commune est partie, se rapprocher du label “Esprit du Parc Naturel” (des Pyrénées), vous paraît-elle conciliable avec des formes d’évolution du vécu de la montagne, simultanément soumise à des conditions de survie et d’adaptation de plus en plus difficiles des espèces ?

T. B.- (Blanc) C’est pareil c’est la même chose. Moi je sais où qu’il y a des tétras, je sais où il y a es gypaètes barbus, moi j’en parle pas parce que je sais où c’est. Les tétras, moi j’en ai levé en me promenant, à mes pieds, à faire des sauts … Bouh ! Je sais où il y en a parce que je me promène, je ne fais pas de bruit, je me promène à pied. C’est pas en voiture que je les vois, hein. Et c’est pas en voiture qu’on va les protéger. Il faut que les 4x4 ils restent là où ils sont. Il ne faut pas leur donner plus d’espace. Il faut qu’on en parle, au niveau Asté c’est une chose, il faut qu’on en parle au niveau CCHB, et de la Bigorre.

 

En B.- Q9 En conclusion et pour élargir la discussion, je me permets de rouvrir le rapport sénatorial du 19 février 2014, intitulé :

Patrimoine naturel de la montagne : concilier protection et développement

Pensez-vous que votre initiative, concertée avec les trois député·e·s – dont un avait signé l’an passé la pétition contre le premier salon du 4x4 organisé à Bagnères-de-Bigorre – pourrait déboucher sur une actualisation de cette Convention adaptée aux conditions pyrénéennes actuelles  ?

T. B.- Il faudrait une convention pyrénéenne et après ça régulerait tout le système.. ça serait une charte de protection par rapport à certains secteurs, et après autoriser les 4x4 ... raisonner sur certains endroits.

En B.- Ils ont besoin de se confronter à une unité de pensée, une vision prospective, une image des Pyrénées…

T. B.- Ah, oui ! Parce que sinon, enfin, je serai un écolo pur et dur, je dirai, non pas de 4x4 ; ils vont tourner à côté, ça revient au même, ça changera rien du tout.

On n’est pas dans une réserve, il ne faudrait pas qu’on le devienne d’ailleurs … une réserve c’est pas bon non plus. Il faudrait que la réserve s’agrandisse quoi, pour ceux qui habitent plus bas…

En B.- Et que cette idée de vivre ensemble soit pacifiée, qu’on arrive petit à petit à éliminer ces tensions énormes qu’il y a entre les gens qui défendent un modèle et …

T. B.- Moi, j’ai eu un courrier de France Nature Environnement un peu virulent, je trouve la manière dont ils s’expriment sur le courrier, ce n’est pas comme ça qu’on va avancer, ils agressent.. je ne sais pas, il vaut mieux discuter plutôt que des courriers agressifs quoi !

En B.- En même temps ce sont des gens qui défendent des normes, qui connaissent tous ces détails, et quelque part ils paraissent peut-être agressifs, – bon je ne cherche pas à les défendre – mais peut-être que ce sont des positions intègres …

T. B.- C’est pour interpeller, intègres certes, moi je trouve que c’est un peu trop, c’est mon avis... ; je préfère qu’on discute un peu comme ça et parler de notre ressenti. Moi, je [les] laisse passer parce que je sais pas pourquoi je ne [les] laisserais pas passer, ils ont le droit de vivre. Ils viendraient me polluer, je les ferais sortir de là. Je vis ici parce qu’on est bien ici, les gens sont ici parce qu’ils sont heureux de vivre ici. Il ne faut pas que les uns embêtent les autres. Il faut qu’ils respectent, que ça ne parte pas dans tous les sens.

En B.- En même temps, je pense qu’il faut sortir des réactions localisées : ils étaient à Tournay, ils viennent sur Bagnères, de Bagnères ils viennent à Beaudéan, Asté, il y a d’ailleurs votre logo en bas de leur affiche...

T. B.- Non, notre logo, Asté...

En B.- Si, ils l’ont mis l’année dernière..

T. B.- On l’a laissé passer, on n’a pas payé, on ne les a pas subventionnés..

En B.- Ça c’est un problème d’image aussi, parce que vous voyez, si vous refusiez que votre logo soit mis en bas de leur affiche, ça pourrait être un argument pour dire « Attendez, il va falloir que vous négociiez. »

T. B.- Je risque de les revoir cette année, je pourrai leur poser la question...

En B.- ils l’ont déjà utilisé...

T. B.- Ah, bon ! je ne sais pas, enfin ils ne sont pas venus me...

 

* * *

NOTES

1https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/07/18/97002-20180718FILWWW00013-perou-nouveau-gisement-de-lithium-et-uranium.php « Le gisement pourrait devenir la plus grande mine de lithium au monde, avec une production plus élevée qu'au Chili, en Bolivie et en Argentine réunis. »

2120 morts par an pour 100 000 habitants en moyenne mondiale et 133 en Europe (+ 11%).

3https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/vie-pollution-air-fleau-reduit-plus-esperance-vie-monde-63256/

« la pollution de l’air. Elle raccourcit de 3 ans en moyenne, l'espérance de vie à travers le monde. En 2015, elle a causé 8,8 millions de morts prématurées ! » En Europe, 800 000 personnes meurent chaque année de la pollution de l’air.

https://www.doctissimo.fr/sante/news/pollution-de-l-air-plus-de-deces-que-le-tabac

4http://www.ulteamdp.com/ «  Nous proposons aussi à l’année et sur réservation, des activités mécaniques de loisir en buggy et quad, ainsi que des randonnées en motoneige l’hiver. »

5http://www.ff4x4.fr/ff4x4/solidarite-4x4/

« La Fédération Française de 4×4 a créé pour cela le Pôle Solidarité 4×4.

Destiné aux Personnes à Mobilité Réduite, à leurs proches, ainsi qu’aux associations et professionnels, le Pôle Solidarité saura vous aider.»

6http://www.ulteamdp.com/nos-sites/agde

7 [à l’auberge du col des Palomières]

8https://www.hautespyrenees.fr/qualite-de-vie/un-environnement-preserve/la-reserve-internationale-de-ciel-etoile-rice-du-pic-du-midi-de-bigorre/

« La pollution lumineuse c’est aussi la mise en danger des animaux et des plantes, des problèmes de santé publique, des dépenses énergétiques inutiles, la fin de la magie des nuits à la belle étoile, la fin du rêve…

La zone cœur de la RICE mesure 600 km2 et s’appuie sur le tracé des espaces naturels protégés déjà existants pour ne pas générer de contraintes nouvelles (Parc national des Pyrénées, Réserve du Néouvielle, Réserve d’Aulon). Cette zone n’est pas habitée et ne contient aucun éclairage permanent. »

cf. aussi : https://picdumidi.com/fr/pic-du-midi/rice

9Achille MBEMBE

« Droit universel de respiration.

En tant que cela qui est à la fois hors-sol et notre sol commun, le droit universel à la respiration n’est pas quantifiable. Il ne saurait être appropriable. Il est un droit au regard de l’universalité non seulement de chaque membre de l’espèce humaine, mais du vivant dans son ensemble. Il faut donc le comprendre comme un droit fondamental à l’existence.

En tant que tel, il ne pourrait faire l’objet de confiscation et échappe de ce fait à toute souveraineté puisqu’il récapitule le principe souverain en soi. Il est par ailleurs un droit originaire d’habitation de la Terre, un droit propre à la communauté universelle des habitants de la Terre, humains et autres.

[…]

Bientôt, il ne sera plus possible de déléguer sa mort à autrui. Ce dernier ne mourra plus à notre place. Nous ne serons pas seulement condamnés à assumer, sans médiation, notre propre trépas. De possibilité d’adieu, il y en aura de moins en moins. L’heure de l’autophagie approche, et avec elle, la fin de la communauté puisqu’il n’y a guère de communauté digne de ce nom là où dire adieu, c’est-à-dire faire mémoire du vivant, n’est plus possible.

Car, la communauté ou plutôt l’en-commun ne repose pas uniquement sur la possibilité de dire au revoir, c’est-à-dire de prendre chaque fois avec d’autres un rendez-vous unique et chaque fois à honorer de nouveau. L’en-commun repose aussi sur la possibilité du partage sans condition et chaque fois à reprendre de quelque chose d’absolument intrinsèque, c’est-à-dire d’incomptable, d’incalculable, et donc sans prix.

[…]

Si le Covid-19 est l’expression spectaculaire de l’impasse planétaire dans laquelle l’humanité se trouve, alors il s’agit, ni plus ni moins, de recomposer une Terre habitable parce qu’elle offrira à tous la possibilité d’une vie respirable. Serons-nous capables de redécouvrir notre appartenance à la même espèce et notre insécable lien avec l’ensemble du vivant ? Telle est peut-être la question, la toute dernière, avant que ne se ferme, une bonne fois pour toute, la porte. »

10https://www.aragon.es/documents/20127/674325/AQUITANIA_ARAGON_FRA.pdf/15be3ad8-1b5a-a96c-166e-7d7b7f2729ea « Tourisme d’aventure : montagne, air et eau

L’Aragon et l’Aquitaine regorgent d’espaces de plein air permettant de pratiquer un grand nombre d’activités : la randonnée, l’escalade, l’alpinisme, le VTT, les chemins équestres, le canoë-kayak, le rafting, le canyoning, le surf, les activités subaquatiques, le patin à glace, la course d’orientation, le mushing (traîneaux tirés par des chiens), la spéléologie, le ski, les sports aériens, le golf ou encore le char à voile. »

11https://www.mdi.lu/?lang=fr

12https://www.mdi.lu/copy-of-awards?lang=fr

13https://www.mdi.lu/copie-de-faq-1?lang=fr «  Est-ce que ce véhicule est homologué pour rouler en France ou en Europe ? Oui et pour une raison simple : les critères d’homologation des véhicules à air comprimé, pour l’Europe, ont été écrits à deux mains : par la commission européenne et MDI. »

14https://www.mdi.lu/industrial-concept?lang=fr

15https://www.mdi.lu/air-volution?lang=fr

16https://www.mdi.lu/airpod-2-0?lang=fr

17https://www.mdi.lu/news/Vers-des-v%C3%A9hicules-drastiquement-plus-l%C3%A9gers?lang=fr

18https://www.mdi.lu/news/Crise-sanitaire-et-énergies-renouvelables-%3A-un-effet-domino.?lang=fr

19Les articles L. 362-1 et L. 362-4 du code de l’environnement interdisent, afin d’assurer la protection des espaces naturels, la circulation des VTM (véhicules tout terrain motorisés) en dehors des voies carrossables ouvertes à la circulation. Par voie carrossable, la jurisprudence est claire à ce sujet ; il est entendu que les voies non praticables par un véhicule de tourisme sont réputées non ouvertes à la circulation.

20http://www.ff4x4.fr/ff4x4/zfe-zone-a-faibles-emissions/ CARTON  ROUGE pour le gouvernement !!

21https://www.n-py.com/fr/grand-tourmalet/activites/autres-glisses-sensations/motoneige

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