Les coureurs au SPA ?

S'il n'y a rien à dire sur la belle victoire de Chavanel, ou plutôt si, bravo, il me semble intéressant de revenir sur l'attitude du peloton en fin d'étape. L'histoire du cyclisme s'est construite sur des échappées au long cours, sur des sprints rageurs ou de belles envolées en montagne, mais aussi sur ces coups du sort, chutes, crevaisons, fringales qui ont brisé les rêves de gloire de beaucoup.

S'il n'y a rien à dire sur la belle victoire de Chavanel, ou plutôt si, bravo, il me semble intéressant de revenir sur l'attitude du peloton en fin d'étape. L'histoire du cyclisme s'est construite sur des échappées au long cours, sur des sprints rageurs ou de belles envolées en montagne, mais aussi sur ces coups du sort, chutes, crevaisons, fringales qui ont brisé les rêves de gloire de beaucoup.

En neutralisant la fin d'étape hier, en laissant les frères Schleck revenir sur le peloton, les coureurs et Cancellara en tête ont négligé cette histoire, cette part du cyclisme.

Je ne parle pas du manque de respect, pour Mimosa et pour l'équipe Cervelo qui a roulé une bonne partie de la journée pour des points qui ont disparu, je parle du refus des faits de courses. Comme si drapés dans leur superbe, dans le costume de gloire que leur ont taillé les médias, les leaders s'accrochent à un scénario écrit par avance qui ne peut les voir vaincre ou mourir que les armes à la main.

Il a suffit de la chute des frères Schleck dans un final rendu difficile par la pluie pour que sous l'impulsion de Cancellera sacrifiant son maillot jaune, le peloton refusant le légende du cyclisme, préserve l'histoire telle qu'elle devrait être écrite.

Or, le vie et le sport ne sont des scénarios de séries télévisées ! Cette part de chance, de hasard est inhérente à la beauté du sport ! la refuser revient non seulement à dénigrer aux moins bien lotis tout espoir de briller mais cela est aussi refuser la part de vulnérabilité de l'homme. [Il est vrai que l'électricité à déjà fortement réduit le dépendance de l'homme face à la nature et peut-être permis de palier à certains défaillances.] Il est dit que ce tour devait se jouer sur les pavés ou sur le pente du Tourmalet, devait-on pour cela refuser qu'il commence son histoire ailleurs ?

Je me permets de trouver ça triste. Va-t-on arriver à des épreuves qui ne seront qu'une succession d'arrivés au somment, de contre la montre et éventuellement de sprint non massifs (auxquels n'auront le droit de participer que ceux qui seront estampillés « sprinteurs ») ?

Où la chance et la bravoure, la filouterie et le hasard n'auront plus leur place ; où le quinté sera déjà connu et il ne restera plus qu'à le mettre dans l'ordre ?

Et s'il y avait un lien entre 23 footballeurs qui refusent de descendre d'un bus et 192 coureurs cyclistes qui refusent de disputer un sprint ?

Sommes nous confrontés à des sportifs qui n'arrivent plus à assumer une réalité qui sort du chemin de gloire tracé par les médias ?

Cancellara demande et ASO obéit ! cela rappelle des souvenirs d'Afrique du Sud.

Ces sportifs, surprotégés, drapés dans leur notoriété, leur gloire pré-tracée qui refusent les coups du sort ou l'échec. Ou alors quand celui-ci survient, qui se drape dans l'étendard de leur non-responsabilité. Neutraliser une course ou un entrainement revient a affirmer que leur statut est en jeu, que sur leur piédestal ils ne peuvent subir de tels événements.

Il semble que pour ces stars, la hiérarchie en place ne peut être modifier, quelques soient les coups du sort, leurs contre performances, les choix des entraineurs ou tout autre motif.

Il est temps que l'humilité retrouve sa place dans le sport (et dans le reste de la société aussi peut-être ?) ; que par respect pour le public, malgré leur fortune, les stars du sport n'oublient pas d'où ils viennent, ce qu'ils sont et les réalités de la vie !

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