La réforme territoriale à l’Insee : prétexte pour un plan social dans les nouvelles régions…

Les syndicats de l’Insee appellent à une journée de grève le 8 octobre prochain après déjà plusieurs journées de mobilisation dans les directions régionales de l’Insee actuelles. Pourquoi ?

Les syndicats de l’Insee appellent à une journée de grève le 8 octobre prochain après déjà plusieurs journées de mobilisation dans les directions régionales de l’Insee actuelles. Pourquoi ?

La direction de l’Insee a pris pour prétexte la réforme territoriale pour imposer des baisses d’effectifs importantes dans les établissements régionaux de l’Insee. Ces derniers avaient déjà encaissé une diminution significative de leurs effectifs de près de 30 % depuis 10 ans.

 

Les réorganisations vont aboutir à la suppression de services régionaux effectuant la diffusion des données de l’Insee ainsi que des études, pour grande partie réalisées en partenariat avec des institutions locales (conseils régionaux, départementaux, communautés de communes etc.).

 

Seules les pressenties capitales de région garderaient ces services, au détriment de Amiens, Besançon, Caen, Clermont-Ferrand, Limoges, Montpellier, Nancy, Poitiers et Reims. Un minimum de 200 suppressions de postes est à craindre dans ces villes d’ici 2018, soit à nouveau une baisse de plus de 20 % des effectifs.

 

La colère est agents est d’autant plus grande que la direction de l’Insee entretient le flou autour des suppressions de postes. En effet, malgré son engagement de ne pas imposer de mobilité géographique, des entretiens individuels avec les agents ont débuté, parfois sur le modèle de plans sociaux ce qui attise les tensions. Tous les agents sont potentiellement concernés car la réforme territoriale va aussi servir à réorganiser production de données, les activités administratives et techniques c'est-à-dire tous les travaux et tous les moyens de l'Insee.

 

 

…et un risque sur l’indépendance de l’Insee

 

De surcroît le directeur général de l’Insee a rappelé son attachement à l’indépendance de l’Insee s’agissant de la « production » statistique, c’est-à-dire la production de données, mais il n’a pas pris cette peine concernant la mise à disposition de ces données et les études réalisées par l’Institut.

 

Enfin, la décision du rapprochement des services d’études du préfet de région est une décision orientée alors que le gouvernement avait acté le positionnement de trois des futures directions régionales (Caen, Poitiers, Besançon) justement hors des capitales de région.

 

Ces décisions inquiètent les personnels de l’Insee peu habitués à entendre leur dirigeant traiter le sujet de l’indépendance à la légère. Cette indépendance est en effet essentielle pour préserver l’accessibilité des  résultats des études à tous et pour alimenter utilement et objectivement le débat public.

 

 

Nous dénonçons un dialogue social dénaturé.

Les réunions prévues par le calendrier gouvernemental sont dépourvues de contenu, les décisions sont déjà prises et non discutables, et les informations sur les suppressions de postes dissimulées par la direction de l’Insee.

Nous demandons pour les établissements des villes concernées le maintien d’effectifs « comparables », comme prévu par le gouvernement, et le maintien des missions que la direction entend délocaliser.

 

 

France-Line Mary-Portas, Marie-Josée Defrance, Roselyne Jourdan

Secrétaires générales respectives de la CGT, FO et SUD de l’Insee et du Genes

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