Rio+20, décryptage : Un accord inacceptable pour une bascule géopolitique ?

En ce jour d'ouverture de la conférence officielle des Nations-Unies sur le développement durable, Rio+20, et d'arrivée des chef d'Etat et de gouvernement  (voir le précédent post), Attac France publie une seconde note de décryptage des négociations qui analyse aussi précisément que possible le projet de déclaration qui a été présenté et qui est, pour Attac, un texte truffé de reculs et de pseudo-engagements volontaires mais qui cache peut-être une bascule géopolitique de première importance. 

En ce jour d'ouverture de la conférence officielle des Nations-Unies sur le développement durable, Rio+20, et d'arrivée des chef d'Etat et de gouvernement  (voir le précédent post), Attac France publie une seconde note de décryptage des négociations qui analyse aussi précisément que possible le projet de déclaration qui a été présenté et qui est, pour Attac, un texte truffé de reculs et de pseudo-engagements volontaires mais qui cache peut-être une bascule géopolitique de première importance. 

Notre première note de décryptage indiquait que le processus de négociations de Rio+20 ne pourrait au mieux aboutir qu'à un document non contraignant, sans engagement clair et comportant un certain nombre de régressions. Elle ajoutait que deux points de blocage essentiels devaient être levés - une modification du rôle confié à l'économie verte et la question des financements - et un coup de théâtre se réaliser, pour que l'objectif du Brésil de finaliser un document final avant l'arrivée des chefs d'Etat et de gouvernement le mercredi 20 juin, puisse se réaliser.

Si beaucoup d'interrogations subsistent, le coup de théâtre a eu lieu et un projet de déclaration a été approuvé par la plénière des négociateurs. Place
désormais à du théâtre diplomatique où chaque chef d'Etat ou de gouvernement va approuver cette déclaration quasi-intégralement finalisée.


Un texte truffé de reculs et de pseudo-engagements volontaires

Sans engagement prescriptif, encore moins contraignant, sans date de mise en oeuvre, cette déclaration est extrêmement faible et n'impose en rien
un changement de paradigme pour construire « le monde que nous voulons ». Les engagements ne sont bien souvent que « volontaires », comme le partage d'expériences (art. 64 et 114 par exemple) ou suffisamment édulcorés pour être laissés à l'arbitrage de chaque État, comme la fin des subventions aux énergies fossiles (art. 225). Sur le climat, ce texte invite à se projeter vers la prochaine conférence de Doha, dont on sait qu'elle n'aboutira à aucun accord contraignant et à la hauteur des enjeux.

Le renvoi aux politiques nationales volontaires enterre le processus multilatéral. Loin d’être une critique de la globalisation, ces dispositions entérinent la soumission des États aux exigences de la finance globale. Le cas de l’eau est emblématique : les Etats-Unis, le Canada, la Turquie, le Brésil et la Chine, ont tout fait pour que ne soit pas mentionné le droit universel à l’accès à l’eau, et ont imposé le retour à la souveraineté nationale sur la gestion de l’eau, qui figure explicitement dans le texte.

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http://www.france.attac.org/sites/default/files/attac_rio_note_2_-_10062012.pdf

 

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