Les soeurs de Rosewood

3 avril, des enfants confinés prennent la plume, la palette ou le clavier

Nour, 13 ans 

 La ville de Rosewood est une ville très calme, où le silence est au rendez-vous.

Elle était constituée d’un grand nombre de jolies petites maisons se succédant, mais une d’entre elles se démarquait plus que les autres.

Elle était au nom des Di Laurentis, la famille la plus mystérieuse de Rosewood.

Spencer Hastings, une adolescente âgée de 16 ans,  vivait avec sa grand-mère depuis la mort de ses parents, mais celle-ci venait de décéder alors Spencer dût aller en famille d’accueil.

C’est pour cela qu’elle se trouvait à cet instant précis dans les ruelles de Rosewood cherchant la maison de la famille qui devait l’héberger, les Di laurentis.

La famille Di Laurentis était composée du père de la mère et de leur fille unique Alison.

Elle avait le même âge que Spencer et rêvait d’une seule chose : avoir des frères et sœurs car elle s’ennuyait à mourir.

Alison avait eu une sœur siamoise nommée Cece, mais à leur naissance, on ne pût garder que l’une d’elles. Cece, trop fragile pour survivre , fût sacrifiée.

 Jessica et Kennes, les parents, se sont donc portés volontaires pour accueillir Spencer.

- « Elle devrait arriver d’une minute à l’autre !» s’écria Jessica qui était impatiente.

La plus impatiente était bel et bien Alison qui avait déjà préparé le lit, et les cintres de Spencer.

Puis un long silence s’installa jusqu'à entendre … DING DONG.

Spencer venait à peine de sonner qu’on entendit Alison courir dans les escaliers pour aller lui ouvrir.

La porte s’ouvrit et Alison distingua Spencer. Elle était pile comme elle l’imaginait : brune, grande, ,fine et souriante !

- « Bonjour, je suis … »

- « Spencer !  Tu es Spencer !» l’interrompit Alison

- «  En chair et en os. » répondit la jeune fille ;

Les Di Laurentis lui firent visiter la maison, lui présentèrent sa chambre, digne d’une princesse d’après elle, puis elle alla se doucher et déballa ses affaires.

Le soir arriva et le dîner fut servi.

Après le dîner, Alison invita Spencer à venir passer la soirée dans sa chambre.

Les heures défilèrent pendant que les filles n’arrêtèrent pas de parler.

On aurait dit deux sœurs.

L’heure était venue pour Spencer de regagner sa chambre.

En allant vers son lit, Spencer aperçût quelque chose d’étrange, un mot posé sur sa table de nuit où il  était écrit  «  Essayer de prendre ma place est un jeu très dangereux » au marqueur rouge.

Spencer pensa que c’était une farce de la part de sa nouvelle demi-soeur pour l’effrayer et elle s’endormit.

Le lendemain matin, Spencer fût réveillée par la lumière du jour.

La maison était déserte, comme inhabitée.

Elle alla toquer à la chambre de Alison qui dormait

Elle descendit au salon voir si il n’y avait pas Jessica et Kennes.

Ils avaient laissé un mot sur la table du salon pour dire qu’ils étaient aller au marché et qu’ il y avait une autre bouteille de lait à la cave avec indiqué où trouver les clefs.

La cave, le seul endroit que les Di Laurentis avaient oublié de faire visiter à Spencer.

Elle mit ses chaussures, prit les clefs et sortit chercher le lait.

Après avoir fait le tour de la maison, Spencer ne trouva toujours pas la cave.

Elle sursauta lorsqu’Alison lui tapota l’épaule

- «  Qu’est-ce que tu cherches ? » dit Alison l’air étonné.

- « Oh euh rien, tes parents ont laissé un mot où ils disaient qu’il fallait se rendre dans la cave si on voulait une autre bouteille de lait, alors je la cherchais » répondit Spencer

- «  Attends-moi à l’intérieur, tu n’as pas de manteau, je vais le chercher. » s’exclama Alison.

Spencer lui fit un signe de tête et rentra se réchauffer.

Quelques minutes plus tard, Alison revînt, une bouteille de lait à la main.

Mais un détail attira l’attention de Spencer : sur le poignet d’Alison, il y avait un trait de marqueur rouge, exactement de la même couleur que sur le mot qui lui était adressé la veille.

Spencer se dit que c’était donc Alison qui lui avait écrit le mot hier et éclata discrètement de rire.

Lorsque Jessica et Kennes revinrent, c’était l’heure du déjeuner.

Les filles mirent la table pendant que les parents préparaient à manger.

A la fin du repas, Alison tombait de fatigue et alla faire une sieste. Les parents firent de même.

Spencer se rendait dans sa chambre lorsqu’une idée lui vint à l’esprit : elle devait aller voir ce qui se tramait dans la cave.

Alors elle prit les clefs et y alla à tâtons.

Elle se rappela du chemin qu’avait pris Alison le matin même puis tomba sur une petite porte, vieille et poussiéreuse.

Elle inséra la clef, la tourna deux fois vers la droite et la porte s’ouvrit donnant sur un escalier qui descendait.

L’interrupteur se trouvait en bas, alors sans réfléchir, Spencer descendit.

Elle arriva dans une pièce où l’on ne trouvait qu’une petite table accompagnée d’une ampoule suspendue au dessus.

Spencer s’en approcha.

Une photo de siamoises y était posée, où on pouvait reconnaître Alison venant de naître, accrochée à un autre bébé beaucoup plus petit et malingre, d’une pâleur à faire frémir , et Jessica et Kennes se tenant derrière .

Elles étaient accrochées par le poignet.

Spencer cligna des yeux puis observa de plus près : pas de doutes, il n’y avait bien que trois mains pour deux bébé !

Prise de panique, Spencer fit demi-tour, monta dans la chambre d’Alison et la réveilla.

Elle la tira jusqu'à la cave pour lui montrer la photo et avoir des explications.

Mais arrivée devant l’image, Spencer s’arrêta net. Quelle ne fût pas sa stupeur ! A présent, nulle trace de l’autre siamoise ! C’était pourtant exactement la même photo. On reconnaissait les habits des Di Laurentis,, leurs expressions de visage étaient les mêmes.

Spencer supplia Alison de la croire et lui affirma à nouveau qu’il y avait bien deux nourrissons sur la photo . Mais Alison n’était pas convaincue.

- « Je n’ai jamais eu de sœur encore moins une siamoise, sinon je le saurais. Aller, monte te reposer ça te fera du bien. » dit Alison, agacée qu’on l’ait réveillée pendant sa sieste.

Spencer était persuadée d’avoir vu deux siamoises sur la photo mais ne renchérit pas car elle ne voulait point l’énerver.

Arrivée dans sa chambre, Spencer trouva un autre mot, similaire à celui d’hier, mais cette fois-ci il y était écrit : « Ca t’apprendra à jouer les balances. »

Ce mot ne pouvait pas avoir été écrit par Alison car elle était avec Spencer.

Plus de doutes, quelque chose de bizarre se passait dans cette maison.

Le soir au dîner, Spencer demanda à Jessica et Kennes s’ ils étaient au courant de l’existence de cette photo.

- « Oui nous la gardons dans la cave pour ne pas que l’image s’abîme. » dit Kennes

- «  Elle dit avoir vu un autre bébé que moi, est-ce vrai ? » demanda Alison

Jessica ne répondit pas, se leva et alla chercher de l’eau.

- «  Non, naturellement non, reprit Kennes, l’air pâle

-  C’est bon ? T’es convaincue ? » dit Alison à Spencer

Spencer hocha la tête mais n’en croyait pas un mot. 

Les jours suivants, l’ambiance dans la maison était très bizarre mais Spencer avait l’air d’être la seule à le remarquer.

Alison et ses parents agissaient comme si rien ne c’était passé.

Une nuit, Spencer fût réveillée par des murmures.

Elle se leva de son lit pour aller voir si quelqu’un était débout, mais lorsqu’elle ouvrit la porte, plus aucun bruit, aucun chuchotement.

Spencer se demanda si elle devenait folle puis revînt dans son lit.

A peine avait-elle mi sa couette que les murmures reprirent.

Cette fois-ci elle en était persuadée, on l’appelait.

Elle courut jusqu'à sa porte, l’ouvrit et tout s’arrêta net.

En sueur, elle resta figée devant sa porte.

Un long silence s’installa.

Un silence qui dura bien 2 minutes.

Spencer se pencha pour pouvoir entendre les moindres bruits, jusqu'à entendre un nom, un nom qu’elle n’avait jamais entendu, celui de Cece.

Prise de peur elle voulut aller réveiller Alison, mais celle-ci n’allait pas la croire, alors elle se coucha, en larmes et s’endormit quelques temps après.

Le matin, quand Spencer se réveilla, tout le monde était déjà levé, en train de prendre le petit-déjeuner.

Elle mit ses chaussons et descendit.

A table, elle demanda

- « Vous avez entendu le boucan cette nuit ? » dit-elle.

Tous avaient l’air de ne pas comprendre ce qu’elle venait de dire.

Alison fût la première à s’exprimer.

- « Je n’ai rien entendu et puis j’ai dormi comme un bébé, ça ne pouvait pas être moi » dit-elle.

- «  Nous non plus nous n’avons rien entendu. Nous ne sommes pas sortis de notre chambre de la nuit. Et tu sûre que ce n’est pas ton esprit qui te joue un tour ? » dit Jessica  l’air surprise.

- «  Peut-être bien. » répondit Spencer qui ne voulait pas les inquiéter.

Elle sortit de table, plus inquiète que jamais et alla se doucher.

Spencer se remit en question mais elle était bel et bien sûre de ce qu’elle avait entendu la veille, et était déterminée à trouver une explication.

En sortant de la douche, elle se regarda dans le miroir.

Elle poussa un cri de stupéfaction, et s’approcha du miroir.

Son nez et sa bouche avaient changé, comme si elle se transformait.

Elle se frotta les yeux, mais rien ne changea ce qu’elle voyait.

Son nez était devenu plus crochu et fin et sa bouche plus grosse.

Son visage se décomposa et elle devînt pâle.

- « Suis-je devenue folle ? » dit-elle devant le miroir, comme si elle attendait une réponse. 

Sans plus attendre, Spencer s’habilla, fit sa valise certaine de vouloir partir.

Elle ne pouvait plus continuer à jouer les innocentes, la maison était bizarre, comme hantée.

Quand elle fût prête, elle écrivit un mot à l’honneur d’Alison pour la remercier de tout mais qu’elle ne pouvait plus continuer comme ça.

Elle fit une corde avec des draps puis descendit par la fenêtre.

Arrivée en bas,  elle courut pour que personne ne la voit.

Quelques mètres plus loin elle se tourna pour voir si on ne l’avait pas vu.

Il n’y avait personne.

Mais il y avait quelque chose d’autre, une ombre, une ombre qui semblait la regarder de sa chambre.

Spencer se retourna et partit en courant

 

NDLR : je n'ai pas trouvé de dessin d'enfant pour illustrer cette histoire. Et hier, la repassant dans ma tête, c'est Victor Brauner qui s'est invité. 

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