Liesse aux Champs Élysées, les abeilles se meurent !

Aux Champs Élysées, le grand maître de la COMM organise le sacre des glorieux footeux. “En même temps” MONARC continue de nous imposer, à marche forcée, ses casses, sociale, constitutionnelle, environementale… Pendant ce temps les catastrophes climatiques, générées par l’ultralibéralisme mondialisé, s’abattent sur nous, et la plus silencieuse n’est pas la moins dangereuse, la mort des abeilles !

Dans un petit verger, en pleine campagne, dans le Nord-Isère, il y a trois pruniers, toutes les années ils ploient sous des kilos de petites prunes rouges acides. Or cette année, point de rouge pour égayer ces arbres, en cherchant il n’y a qu’une seule et unique prune. Les merisiers du bois adjacent, eux aussi n’ont eu aucunes des merises qui bombardent habituellement alentours au moindre souffle de vent.

 

Pourtant, l’hiver ne pas été particulièrement froid et il n’y a pas eu, à ma connaissance, de gelées tardives pour brûler les fleurs. D’ailleurs les pommiers et les figuiers ont, eux, fructifiés, alors que les figues sont rares en cas de gel.

 

Donc, devant cette désertion des fruits, j’ai repenser à la macabre découverte que j’ai fait, ce printemps, lors d’une de mes visites. Dans un récipient plat, contenant un centimètre d’eau de pluie, j’ai trouvé une vingtaine d’abeilles mortes ou mourantes. Ces arbres infructueux n’auraient-ils pas été fécondés ? Pour avoir le coeur net sur la présence d’abeilles, j’ai laissé mon désert découvert et attendu les visiteuses, une mouche, puis une guêpe, mais point d’abeilles à l’horizon. Pourtant, une année, des abeilles sauvages, avaient même squaté un nichoir que j’avais mis pour les mésanges.

 

Serait-ce les traitements de la vigne d’à côté, ou du champ de blé d’en face, ou des champs de maïs, de colza, ou de tournesol dans les 200 mètres qui auront exterminé les ouvrières qui régalaient des guêpiers colorés il y a quelques années. (En tout cas ce n’est pas les herbicides contre l’ambroisie, car, cette année encore, les chaumes sont envahis par cette plante allergisante qui va m’interdire le jardin d’août à septembre).

 

Quand même le commun des mortels peut constater, dans la vie ordinaire, les conséquences désastreuses de l’apprenti sorcier qu’est l’homme, on pourrait s’attendre à une mobilisation massive pour sauver notre future alimentation. C’est le futur de l'humanité entière qui est en jeu sans la pollinisation par les insectes.

 

Mais qu’est-ce qui fait se mobiliser les foules, qu’est-ce qui fait s’unir des milliers, sinon des millions de personnes dans les rues ? Pas la défense de leur avenir, non non, c’est l’adulation des dieux du stades, qui les ont “fait rêver”, qui ont honoré le drapeau et l’hymne national, qui leur ont donné l’illusion de la toute puissance !

 

Et notre grand maître de la COMM de les flâter dans le sens du poil. Et Jupiter d’en rajouter sur la nécessité de ne “pas oublier d’où ils viennent”. Surtout ne pas oublier les besogneux animateurs sportifs qui forment la jeunesse aux joies de la compétition dès le plus jeune âge. Une fois le plus le “EN MÊME TEMPS” du faites comme je dis pas comme je fais. En même temps, il coupe ou oblige à couper toutes les subventions aux associations sportives et plus généralement à tout ce qui peut créer du lien social et il vante leur efficacité, qu’elles viennent de prouver.

 

En voyant la foule, sur les Champs Élysées, hurler de bonheur pour des idoles, moi je pleure ! Je ne pleure pas de bonheur, je pleure de désespoir !

Peut importe le prétexte de cette liesse, que ce soit pour le foot ou pour tout autre "opium du peuple". C'est bien le besoin d'opium qu'à le peuple, qui m'anéantit.

Je suis anéantie de voir que des milliers de personnes sont capables de se réunir pour la superficialité d'une distraction, fut elle de masse, alors que quand il s'agit de sauver leur propre avenir et celui de leurs enfants, ils manquent à l'appel des quelques responsables politiques qui dénoncent notre descente dans l'enfer ultralibéral.

Les civilisations meurent ainsi, du " pain et des jeux" ou plutôt des jeux au lieu de pain... puis mourir de faim !

Le réchauffement climatique coupera bientôt les vivres à la moitié de l'humanité, y compris à une bonne partie de ceux qui hurle leur joie dans la rue avec le drapeau français. Bientôt, beaucoup ne seront plus assez riches pour s’acheter les produits d'alimentation tombés dans les mains des spéculateurs. Grâce à l’UE et à son exécuteur testamentaire en France, grâce à notre PRÉSIDENT DES ULTRA-RICHES, quelques multinationales contrôleront l'ensemble des nos besoins, y compris les services publics. Mais l'important c'est de pouvoir se défouler de toutes les frustrations quotidiennes, en fétichant ceux qui ont su les distraire de leurs soucis d'existence.

Peu leur importe que leur code du travail ait disparu et qu'ils soient bientôt obligés, pour survivre, de se battre les uns contre les autres pour les quelques postes d’esclaves encore nécessaires pour surveiller les robots et l’intelligence artificielle des multinationales. Peu leur importe qu'en rejetant les migrants dans le désespoir de leur condition de sous-hommes, nous fabriquions les prochains terroristes kamikazes qui menaceront notre sécurité partout (au prétexte de DAESH ou juste par révolte). Peu leur importe que les abeilles ne polinisent plus les cultures car elles sont exterminées par les pesticides que l’UE et le gouvernement français (aux ordres des lobbies des multinationales) autorisent encore.

Sur les Champs Élysées, j'ai vu des lemmings qui allaient, joyeusement, tous se noyer, j’ai vu le flûtiste Macron entraîner tous les enfants vers leur perte. Et je pleure sur nous, pauvres suicidaires !

 

(Bof ! tant qu'à mourir autant que cela soit joyeux ! Vive les bleus !)

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