On ne change pas une politique qui perd : godillots ils sont, godillots ils restent

A ma lettre ouverte aux députés PS (http://blogs.mediapart.fr/edition/entre-republique-et-bastille/article/300614/lheure-du-choix-cohabitation-de-gauche-ou-cohabitation-dexteme-droite) et à ma proposition de taxer les machines pour financer la protection sociale (http://blogs.mediapart.fr/blog/pourlavenir/310512/proposition-de-financement-alternatif-de-la-protection-sociale-et-de-li), un député, qui n'a rien d'un frondeur, m'a répondu en défendant la politique de Hollande. Sa langue de bois m'a tellement exaspėrėe que je ne peux que réagir et contester ses formules toutes faites de remise aux lendemains qui chantent si on accepte de se serrer la ceinture aujourd'hui. Je publie ci-dessous ma rėponse.

A ma lettre ouverte aux députés PS (http://blogs.mediapart.fr/edition/entre-republique-et-bastille/article/300614/lheure-du-choix-cohabitation-de-gauche-ou-cohabitation-dexteme-droite) et à ma proposition de taxer les machines pour financer la protection sociale (http://blogs.mediapart.fr/blog/pourlavenir/310512/proposition-de-financement-alternatif-de-la-protection-sociale-et-de-li), un député, qui n'a rien d'un frondeur, m'a répondu en défendant la politique de Hollande. Sa langue de bois m'a tellement exaspėrėe que je ne peux que réagir et contester ses formules toutes faites de remise aux lendemains qui chantent si on accepte de se serrer la ceinture aujourd'hui. Je publie ci-dessous ma rėponse.

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Monsieur le député

Je vous remercie de votre réponse à ma lettre du 30/06/14, mais vos arguments montrent tellement, soit votre aveuglement, soit votre cynisme, que je suis obligée de réagir.

 

Vous "compren(ez) parfaitement (mon) impatience à développer une plus juste redistribution vers les citoyens" mais, bien sûr, le "discours du 14 juillet dernier du Président qui rappelle l’importance de cet objectif, priorisé en ce milieu de mandat" répond parfaitement a ce besoin. Hollande persiste et même amplifie sa politique de l'offre au détriment du pouvoir d'achat des menages et du pouvoir des services publics de fonctionner, mais "une meilleure justice sociale se met en place".

 

Les milliards de cadeaux aux entreprises, sans contre-parties, vont "Redonner les moyens qui permettront (le plut tôt possible) à la France de retrouver une nécessaire compétitivité, donc une croissance et un meilleur niveau d’emploi, est une priorité". La plupart des économistes (dont M. Stiglitz, prix Nobel d'économie) et même le FMI (pas vraiment de gauche) dénoncent la dangerosité de cette politique d'austérité pour l'économie, qu'elle conduit à la récession. Mais bien sûr, M. Hollande a appris à l'ENA que l'on ne change pas une politique qui perd.

 

"Pour ce qui concerne la taxation des outils du travail, il s’agit d’une notion classique à gauche, qui progresse dans son application". Ah bon, la multiplication des exonérations de charges des entreprises (dont pourtant un récent rapport du Sénat denonce l'inefficacité pour l'emploi), la baisse continue de l'impôt sur les sociétés, l'augmentation de la TVA et de l'impot sur le revenu, sont l'application de la taxation des outils du travail ! Il faut "progresser pas à pas dans ce domaine", on a bien compris, un pas en avant et deux pas en arrière. Le pas choisi est bien d'"avancer résolument, efficacement mais sans brusquerie excessive", c'est à dire de remettre aux lendemains qui chantent, ce que vous êtes en position de faire aujourd'hui.

 

Monsieur le député, comment pouvez-vous remettre l'application des "valeurs de justice, humanisme et progrès" aux "prochaines années", alors que c'est maintenant que vous avez la majorité absolue. A l'allure où va votre "redistribution vers les citoyens", dans quelques années, les votes de ceux-ci donnerons le pouvoir au FN pour faire la redistribution de la manière la plus discriminatoire. Certainement vous nous répéterez, comme après les municipales et les europėennes, que vous ne vous y attendiez pas du tout.

 

Le respect ou l'irrespect ne peuvent être que réciproques. Puisque vous avez choisi de trahir le mandat que vous ont donné les électeurs est élisant des "socialistes" et que vous votez la politique de droite, sous un discours de gauche, de notre monarque, le respect est rompu. Vous vous comporterez en courtisans jusqu'à la fin de votre mandat, les électeurs peuvent donc dorénavant, pour votre refus d'exercer le contrôle de conformité de la politique gouvernementale avec les aspirations des citoyens, vous appeler les GODILLOTS DE LA RÉPUBLIQUE.

 

Monsieur, je vous souhaite d'appécier toute ma franchise et j'espère qu'elle participera à vous ouvrir les yeux sur la situation dans laquelle vous plongez la France.

Monsieur, recever toutes mes salutations citoyennes.

Pourlavenir : http://blogs.mediapart.fr/blog/pourlavenir 

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