Ma prière de Noël pour les réfugiés

Pour Noël ma prière laïque pour une intégration réussie des réfugiés dans la société française.

Mėme pour un athé, Noël est un jour de partage et de communion avec tous les autres êtres humains. Cette année j’aimerais particulièrement soulager les souffrances des victimes d'Alep être de tous les réfugiés fuyant cette région. Ma situation économique ne me permet pas de générosités financières, alors j'ai décidé de faire une sorte de prière laïque pour améliorer le sort des réfugiés en France.



Il faut être réaliste, il est impossible aux réfugiés, avant des années, de retourner dans leur maison et leur pays en ruines. Notre devoir d’humanité leur doit de les accueillir, mais cela pose des problèmes d’adaptation tant pour eux que pour nous. Seule une intégration réussie dans la société française peut éviter leur rejet et la montée de la xénophobie.

 

Il y a quelques jours, au “Téléphone sonne”, à la proposition d’une auditrice d’accueillir des réfugiés dans les maisons abandonnées (qui finiront par tomber en ruines) des villages qui se meurent, un “spécialiste” répondit que c’était une fausse bonne idée. Je ne suis pas du tout d’accord. Certes l’isolement et le dépaysement seraient très grand et les difficultés d’adaptation importantes, mais ce serait quand même mieux que de ne laisser aux réfugiés que des bidonvilles sous autoroutes et le seul espoir de passer au UK qui ne veut plus d’eux.

 

Si la priorité est mise sur les moyens d'adaptation, une intégration réussie peut être un départ pour une nouvelle vie heureuse pour les réfugiés en France. Aussi, plutôt que de refuser l'hébergement qu’offrent des villages isolés, il serait bon de réfléchir à comment permettre de créer des liens, aussi bien entre la société française et les réfugiés, qu’entre les réfugiés entre eux, notamment par ce qu’offrent les outils de communication informatiques.

 

D'abord l’intégration la plus efficace se fait par les enfants. En envoyant dans ces villages des familles avec des enfants en bas âges, leur scolarisation serait la meilleure socialisation pour les parents, pour peu qu’enseignants et parents d’élèves y mettent de la bonne volonté ( pour l'intérêt de tous). Bien sûr la langue est un obstacle important, si l’anglais peut aider des deux côtés, il ne doit pas empêcher qu’apprendre le français est indispensable. Là entrent en jeu les outils de communication obligatoires à mettre GRATUITEMENT à la disposition de tous les demandeurs d'asile pour leur donner les moyens de s’intégrer.

 

Dans les centres d'accueil et d’orientation des demandeurs d’asile, l’administration devrait remettre à chaque réfugié une tablette numérique (il y en existe à 40 €) et lui apprendre à s’en servir. D’une part pour qu’il puisse rester ou entrer en communication (grâce au Wi-Fi) avec sa famille ou ses amis ou garder le contact avec sa communauté où qu’ils soient. Et d’autre part pour s’en servir comme moyen d'apprentissage.

 

En échange de la tablette le réfugié devrait s’engager à s’en servir pour apprendre le français et les savoirs indispensables pour vivre dans la société française : principales lois (entre autre laïcité…), règles de vivre ensemble, us et coutumes, cuisine… Pour cela des programmes MOOC (cours interactifs par internet)

devraient être élaborés par des pédagogues pour adultes et des personnes originaires de ces pays, capables de repérer les points culturels les plus éloignés à expliciter.

 

Ces MOOC très vivants comprendraient une introduction dans leur langue à la vie en France puis un apprentissage progressif et très pratique du français. Ils permettraient à chacun de travailler à son rythme et d’avoir un professeur personnel à distance pour se faire aider quand nécessaire (comme pour les cours par correspondance). Le but final étant l’insertion, contre la tablette, l'inscription à un MOOC et la validation progressive des modules seraient obligatoires,  mais le rythme des contrôles seraient déterminé par l’estimation des difficultés dans l’apprentissage par l'équipe pédagogique du MOOC.

 

Chaque MOOC permet de créer une communauté entre les élèves qui, quoique éloignés physiquement, peuvent s’aider et se soutenir. Cela est très important pour éviter l’isolement d’une vie quotidienne dans un village perdu. Des regroupements périodiques peuvent être organisés entre élèves de même nationalité d’une même zone ( fêtes religieuses ou nationales…) pour ne pas casser le lien avec leurs origines.


L'intégration étant la clé d’une vie heureuse en société, je souhaite que la France sache mettre tous les moyens que nous offre la technologie pour permettre aux réfugiés de s'adapter. Nos futurs gouvernants doivent comprendre que de tels INVESTISSEMENTS DANS LA FORMATION  seront plus que rentables à long terme.

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