Billet de blog 8 févr. 2009

Sarkozy satisfait les revendications des patrons, pas celles des journalistes

esther H
journaliste
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Les propositions émises par Nicolas Sarkozy après les Etats généraux de la presse visent exclusivement à répondre aux revendications des patrons de presse et des éditeurs et qu'elles ne comportent strictement aucune avancée en direction du métier de journaliste, bien au contraire.

Avec une manne de 600 millions d'euros répartis sur 3 ans, les groupes de presse et leurs états-majors sont les seuls grands gagnants de ce qui fut un véritable simulacre de discussions et de gesticulations médiatiques que nombre de partenaires sociaux, et de sociétés de rédacteurs et de journalistes ont refusé de cautionner. La représentation des journalistes était donc réduite à peau de chagrin.

La majorité des siégeants soit des patrons de presse, soit des cumulards dont ont connaît toute la déontologie et les vertus.

Contrairement à ce qu’affirme Nicolas Sarkozy, les propositions qu’il avance ne sont en rien le fruit d’un « diagnostic partagé » mais bien la traduction d’une politique visant à donner exclusivement satisfaction aux patrons en remettant en cause les droits des salariés.

Une fois de plus c'est le Travail qui est sacrifié tant au niveau du droit du travail que du droit moral des journalistes.

Ainsi le « nouveau contrat social dans les imprimeries » visant à réduire de 30 à 40% les coûts d’impression risque fort de se traduire par de nouvelles suppressions massives d’emplois dans le Livre.

La seule mesure concernant directement les journalistes – la réforme du droit d’auteur visant à remplacer un droit lié à la publication par un droit liée à la durée d’exploitation – va permettre aux patrons d’imposer gratuitement la polyvalence et la mise en commun des pages dans les groupes de presse.

Il n’est qu’à voir d’ailleurs le satisfecit unanime décerné par les différents syndicats du patronat de la presse à Nicolas Sarkozy pour comprendre dans quel sens vont ces mesures.

Plusieurs directeurs de groupe de presse, pour en avoir croisés récemment, se frottent les mains et vont dans les accords d'entreprises jusqu'au chantage, élégant chantage mais chantage quand-même.

Dans une conjoncture économique agitée avec des licenciements secs dans de nombreux titres de l'Hexagone, des plans de départs ou des "plans de modernisation sociale" qui se multiplient, le blogage des salaires dans la plus grande partie des formes de presse, l'ensemble des journalistes ne peut se résoudre à accepter comme seule "avancée" des abonnements gratuits, en direction seulement d'une frange de la population.

Nouvel artifice pour gonfler des chiffres de vente désastreux, fruits d'une politique économique et éditoriale catastrophique de la part des patrons de presse.

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