Affaire Pérol/Caisses d'épargne: mots, chèques, signatures, merci de vos soutiens

Il y a toutes ces signatures au bas de l'«appel des 77»: près de 6.500 ce mercredi matin. Il y a aussi toutes ces enveloppes qui arrivent chaque matin au courrier, avec ces chèques à l'intérieur pour soutenir Mediapart dans sa défense face à l'offensive judiciaire des Caisses d'Epargne et de François Pérol. Soutenez Mediapart. Pour signer l'appel des 77, cliquez ici. Lire également Pérol contre Mediapart: le calendrier judiciaire fixé le 26 mai  Et l'article d'Edwy Plenel: Mediapart devant le tribunal ou la liberté d'informer en procès.

Il y a toutes ces signatures au bas de l'«appel des 77»: près de 6.500 ce mercredi matin. Il y a aussi toutes ces enveloppes qui arrivent chaque matin au courrier, avec ces chèques à l'intérieur pour soutenir Mediapart dans sa défense face à l'offensive judiciaire des Caisses d'Epargne et de François Pérol.

 

Soutenez Mediapart. Pour signer l'appel des 77, cliquez ici.

 

Lire également Pérol contre Mediapart: le calendrier judiciaire fixé le 26 mai

 

 

Et l'article d'Edwy Plenel: Mediapart devant le tribunal ou la liberté d'informer en procès.

 

Ah, l'ironie de ces rectangles de pastel siglés de l'écureuil que l'œil apprend à repérer comme un pied de nez de chaque contributeur à l'adresse du nouveau patron de l'établissement pour mieux s'opposer à ses desseins.

 

Suzanne, de la rue de Rivoli à Paris, signe « comme citoyenne lectrice...et cliente désenchantée de l'Ecureuil » et on aurait presque envie de rire avec elle. Au total, vos centaines de promesses de soutiens financiers pour nous aider à financer les onze procédures déclenchées par les plaintes en cascade s'élevaient à 48.616 euros de promesses de dons ce lundi, à 18 heures. C'est la traduction concrète de votre refus de voir Mediapart muselé par des procès en cascade. Nous vous en remercions mille fois. De l'utilisation de cet argent, versé sur un compte spécial «défense de Mediapart», nous vous ferons évidemment un compte-rendu méticuleux.

 

Il y a l'argent et il y a les mots. Ces bouts de papier agrafés au chèque, écrits à la main ou à la machine, post-it jaune délavé ou rose fluo, cartes de visite sobres ou carrément loufoques (le barbu de Saint-Julien en Genevois se reconnaîtra), papier majestueux à gros grain ou bout de carton découpé qui illustrent la diversité des lecteurs, leur état de fortune et leur humeur du moment mais qui tous, selon leur calligraphie et leur richesse formelle, soulignent la cohérence de l'objectif. Mots rugueux: « Il faut que nous tenions bon devant ces ordures, démolisseurs de la démocratie et de l'Etat de droit, écrivent Annie et Henri, de Montreuil. Et comme nous les dérangeons, c'est que nous sommes sur le bon chemin ».

 

Qualificatifs laudateurs: « Vous êtes indispensables ». Cris de guerre: ces « no pasaran » jetés depuis Le Mans par Pascal, et depuis Le Puy de Breuil par Guy qui, à l'évidence, ne se connaissent pas. Petits mots lancés à la volée: ces « Tenez bon. Bon courage », ces « Le soutien s'impose », ces « Hauts les cœurs » qui nous parviennent de toute la France et même de l'étranger. Toute cette cordialité, cette amitié qui s'affichent simplement. Le don se fait sans chichi, sans affectation. On donne parce qu'il faut bien, parce qu'un journal est aussi celui de ses lecteurs et qu'il faut parfois se rendre des coups de main.

 

Les encouragements - « Avec le cœur et l'esprit », écrit Fanny de Boulogne- témoignent de cette simplicité. « Nous sommes fiers d'être partie prenante de l'aventure que représente pour nous tous Mediapart ». « Merci de ne pas faillir dans votre volonté de combat », insiste Bernadette, rue des Archives à Paris. Il faudrait les citer tous. Même le très administratif et très froid, « Veuillez trouver ci-joint le chèque de... » chante à nos oreilles quand il précède un « abonné et heureux de l'être » comme c'est souvent le cas.


La collecte de ces chèques renvoie parfois à une autre actualité. « Courage, confiance, en avant », écrit un couple de Versailles, sans que l'on sache si l'encouragement s'est fait avant ou après la victoire de l'En avant Guigamp, samedi soir en finale de la coupe de France. « Joli mai », croit comprendre Claude, de Paris 19eme, qui ne dit rien de son âge et de son implication dans un autre joli de mois de mai. A Marly le Roi, Robert profite du printemps pour tutoyer la muse:
« En France, les quotidiens
appartiennent aux puissants
Mediapart, pour notre bien
Se veut indépendant !
Pérol et tous les siens
Ont trouvé diffamant
D'enquêter sur d'anciens
Ou récents agissements.
La mise en examen
D'Ewy et de Laurent
Voudrait tuer ce lien
Qui nous met au courant
Ils méritent notre soutien,
Contre les forces de l'argent,
Afin qu'encore demain
On s'informe librement ! »

Ce qui frappe dans cette somme, c'est la spontanéité. Efficacité de l'intention et détermination face à l'adversité. Les petites rivières font les grandes victoires. « Hélas un (tout) petit chèque, croit Corinne, de Mérignac, mais l'intention y est ! J'espère que beaucoup d'abonnés vous soutiendront. De tout cœur avec vous ! ». « Mes moyens sont modestes mais mon soutien est total », résume Marie Hélène, de Mont-de-Marsan. René, à Seynod, n'est pas loin: « Voici ma modeste contribution pour vous soutenir dans le combat que vous menez en tant que sentinelle aux avant-postes, pour une information libre et documentée. »
Aujourd'hui ces petits chèques sont nos trésors.

 

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