Tout le football qu’on aime

Il a commencé bien mollement cet Euro. Un Portugal catastrophique, une Belgique soporifique, une France léthargique. On s’est beaucoup ennuyé. Mais ça, c'était avant.

Il a commencé bien mollement cet Euro. Un Portugal catastrophique, une Belgique soporifique, une France léthargique. On s’est beaucoup ennuyé. Seul le jeu des pronostics à Mediapart nous convainquait de suivre encore cet Euro de joueurs fatigués et fatiguant, crispés sans doute par l’enjeu, peut-être aussi par un règlement (notamment ce système des meilleurs troisième) inédit et opaque.

Mais ça, c’est avant.

Islande-Autriche au Stade de France, le 22 juin 2016. © Pierre Puchot Islande-Autriche au Stade de France, le 22 juin 2016. © Pierre Puchot
Avant la dernière journée des matchs de poules, et la victoire de la Croatie contre l’Espagne (en se privant de l’idole Modric s’il vous plait, jusque-là le meilleur de la compétition avec Payet) qui a véritablement lancé la compétition.

Ce dernier tour fut de toute beauté avec, au bout du suspens, l’Islande. Tout le football qu’on aime, qui résiste aux gros sous pour nous offrir du spectacle haut de gamme et des surprises, quand l’engagement porte au même niveau les stars portugaises et les Hongrois anonymes, pour un somptueux 3-3 hier soir qui, ô miracle, qualifie les deux équipes.

Du dépassement de soi, aussi. C’est ce qu’il a fallu à l’Islande pour venir à bout d’Autrichiens tétanisés par l’enjeu en première mi-temps. En tribune, le match battait son plein, quand sur le terrain, l’Autriche peinait à enchaîner deux passes.

 

En seconde mi-temps, l’Autriche se reprenait, et les deux équipes offraient le spectacle parfait d’une lutte intense et indécise. Bien sûr, c’était un peu le football de papa, grandes transversales, têtes, siège devant la surface de réparation, tirs et contres désespérés. Mais quel plaisir que cette fougue et ce panache retrouvés ! L’Islande, tout sauf un miracle, on était bien d'accord pour une fois avec l’Equipe et son beau reportage vidéo.

Place désormais aux matchs à élimination direct. Dimanche, les Français vont d’abord jouer les Irlandais, le public le plus sympa de l’Euro. En quarts, se profile ensuite un France-Angleterre de légende. La dernière fois, c'était à l'Euro 2004? Un match fou, 2-1, victoire française et un Zidane éclairé qui annoncait les exploits de la Coupe du Monde 2006. Contre les Anglais, les footballeurs Français sont toujours en forme.

Déjà là en 2004, l'attaquant britannique Wayne Rooney retrouve, lui, un peu de lustre avec cet Euro. Il est le trait d’union entre le football total, box-to-box, que pratiquaient jadis les Anglais, et celui, plus technique, que le sélectionneur anglais, Roy Hogson, tente de mettre en place désormais. Le football de papa et la technique des joueurs d’exception. Tout le football qu’on aime.

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