Qui es-tu, le football viking ?

Moins connu que le métal viking*, ce jeu fait de solidarité et d'abnégation a déjà fait preuve de sa redoutable efficacité bien avant l'épopée islandaise.

« Le Petit Poucet viking déclenche un second Brexit en quatre jours »« Les Vikings ont conquis l'Europe »« Méfiez-vous de l'esprit viking, préviennent les Islandais ». Au lendemain du tour de force des Strákarnir okkar (« nos garçons », en français) face aux Anglais en huitième de finale de l'Euro 2016, les comparaisons avec ce peuple ancestral venu du Nord ont plu dans la presse. Si c'est bel et bien la première fois que l'Islande - 330 000 habitants dont 21 000 licenciés à la fédération locale de football - accède à la phase finale d'une compétition internationale, les descendants des Vikings ont déjà fait preuve de leur bravoure, leur audace et leur ingéniosité (c'était paraît-il les qualités principales de leurs lointains aïeux) dans le passé.

Le chant de guerre viking des joueurs islandais avec leurs supporters, à l'issue de la victoire face à l'Angleterre. © BeIn Sports

Le Danemark sur le toit de l'Europe

Cela reste à ce jour le plus grand exploit de l'histoire du football scandinave. En 1992, le Danemark, emmené notamment par Peter Schmeichel et Brian Laudrup, crée la surprise en remportant l'Euro organisé chez ses voisins suédois. Un Euro auquel les Danish Dynamite n'étaient même pas censés participer... Lors des éliminatoires de la compétition, le Danemark termine en effet second du groupe, derrière la Yougoslavie, ainsi qualifiée pour l’Euro 1992 (lire aussi le billet de blog de mon collègue Stéphane Alliès). Mais les Yougoslaves, en pleine guerre, sont exclus des compétitions internationales suite aux sanctions des Nations unies. Les Danois, qui s'apprêtaient à vivre la phase finale devant leur petit écran, sont donc repêchés in extremis. Et brandissent le trophée à Göteborg au terme d'un parcours épique, qui les aura vus éliminer tour-à-tour la France, les Pays-Bas et l'Allemagne, favoris du tournoi. 

La Suède d'après-guerre

Piteusement éliminée au premier tour de cet Euro 2016, la Suède, avec onze participations aux phases finales de la Coupe du monde et six aux phases finales des championnats d'Europe, est la sélection nordique la plus régulière au plus haut niveau. Et a connu son âge d'or juste après la Seconde Guerre mondiale. Jugez plutôt : en 1948, les Jaunes sont champions olympiques à Londres ; en 1950, troisièmes de la Coupe du monde au Brésil ; en 1952, médaillés de bronze aux Jeux d'Helsinki ; en 1958, finalistes du Mondial disputé à domicile, s'inclinant lors de l'ultime rencontre face au Brésil de Pelé.

La Norvège, bête noire du Brésil

Du côté des Norvégiens, pas de palmarès grandiloquent à se mettre sous la dent. A part peut-être deux huitièmes de finale de Coupe du monde, en 1938 puis, soixante ans plus tard, en 1998. Une anecdote néanmoins : la Norvège reste à ce jour la seule nation au monde à n'avoir jamais été battue par la Seleção brésilienne. En quatre oppositions, les Rouges et Bleus ont gagné à deux reprises (4-2 en amical en 1997, 2-1 en phase de poule de la Coupe du monde 1998) et réalisé deux matchs nuls (1-1 en 1988 et en 2006, dans deux rencontres amicales).

Les femmes souveraines

Impossible d'écrire sur le football scandinave sans évoquer la place des dames dans ce sport, disons-le, plutôt masculin au premier abord. Comme le montre notre infographie ci-dessous, 27,9% des licenciés aux fédérations nationales islandaise, norvégienne, suédoise et danoise sont des femmes. 

© Mediapart

Hormis pour le Danemark et l'Islande, le palmarès des équipes nationales féminines a largement de quoi rendre leurs alter egos masculins envieux. La Norvège a ainsi remporté une fois la Coupe du monde féminine, en 1995, deux fois le championnat d'Europe, en 1987 et 1993, et une fois les Jeux olympiques, en 2000. La Suède a quant à elle été une fois finaliste (2003), deux fois troisième (1991, 2011) du Mondial ; une fois lauréate (1984) et trois fois finaliste (1987, 1995, 2001) de l'Euro.

Pour en revenir à notre sujet de départ - les Vikings, donc - la figure de la femme (húsfreyja, en vieux norrois) a d'ailleurs toujours joué un rôle primordial dans cette société médiévale, pourtant virile et patriarcale. Quand l'homme s'en allait plusieurs mois sur son drakkar explorer, commercer et piller, la femme devenait souveraine en son foyer, veillant à la bonne marche de la ferme et assurant la permanence des usages et des institutions.

*Un petit aperçu de ce qu'est le métal viking avec l'un de ses plus dignes représentants, le groupe suédois Amon Amarth.

Amon Amarth - "Deceiver of the Gods" © Metal Blade Records

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