Saïd Assadi: «Au fil des voix répond à une attente du public !»

   Programmée du jeudi 7 au samedi 16 février, sur la scène parisienne de l'Alhambra, la cinquième édition du festival Au fil des voix concentre les musiques du monde entier au travers de six dates et douze concerts. Des personnalités aussi différentes que Yasmin Levy, Cheick Tidiane Seck ou Vinicio Capossela marquent cette affiche. A cette occasion Saïd Assadi, directeur du rendez-vous, évoque Accords Croisés la base fondatrice, l'esprit maison, les liens qui unissent les invités ou bien encore la croissance de cette manifestation.

 

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Programmée du jeudi 7 au samedi 16 février, sur la scène parisienne de l'Alhambra, la cinquième édition du festival Au fil des voix concentre les musiques du monde entier au travers de six dates et douze concerts. Des personnalités aussi différentes que Yasmin Levy, Cheick Tidiane Seck ou Vinicio Capossela marquent cette affiche. A cette occasion Saïd Assadi, directeur du rendez-vous, évoque Accords Croisés la base fondatrice, l'esprit maison, les liens qui unissent les invités ou bien encore la croissance de cette manifestation.

L'histoire du festival Au fil des voix est intimement liée au label Accords Croisés...

Saïd Assadi : En fait à l'origine nous étions déjà un bureau de concerts avant de lancer, il y aura dix ans cette année, le label. Nous voulions alors mettre en valeur des artistes du monde, tour à tour, enracinés, incarnant une fonction de porte parole et ayant un répertoire original. Radio Kaboul et La route de la soie, nos premières productions, nous ont rapidement poussé à tisser des liens, créer des rencontres entres créateurs et cultures.

Le choix éditorial n'est pas uniquement axé sur un discours mais aussi sur une forme particulièrement soignée ?

S.A. : Oui. Nous avons fait le choix du livre disque afin d'illustrer une richesse. Le but pour nous est non seulement de présenter une musique mais également la culture qu'elle révèle. D'où cette présentation soignée. Aujourd'hui nous proposons une quarantaine de références en provenance de différentes parties du globe. Le festival Au fil des voix se place dans le prolongement de cette action.

Le projet que présenteront Kamilya Jubran et Sarah Murcia est attendu...

S.A. : Leur album Nhaoul' sort fin janvier. Il nous semblait naturel de présenter cette rencontre sur scène. Kamilya est une joueuse d'oud et chanteuse palestinienne alors que Sarah Murcia est une contrebassiste forgée aux musiques improvisées. Cette démarche est révélatrice de notre regard sur la tradition. Le but ici n'est pas de conserver les mélodies ancestrales mais de les confronter au monde contemporain grâce à des rencontres.

C'est notamment le cas du premier album de Neshtiman ?

S.A. : C'est la première fois que des musiciens kurdes issus de Turquie, d'Iran et d'Irak s'expriment ensemble. Cela tient du symbole et de la réalité vécus par le peuple kurde. Le concert qui sera donné février dans le cadre du festival Au fil des voix est à ce titre un évènement. L'album sortira dans la foulée. C'est une sortie importante. Pourtant cette affiche n'est pas qu'une vitrine du label. D'autres artistes, en provenance de différentes firmes, sont programmés. C'est la cas du malien Cheick Tidiane Seck qui jouera son nouvel album, de la chanteuse ladino Yasmin Lévy, du franco-haïtien Carlton Rara... Cette affiche permet finalement à une soixantaine de professionnels de la musique de se retrouver, d'échanger des informations...

 


A ce titre vous renouez avec  la première partie de soirée...

S.A. : Nous avons une combinaison de deux concerts diffusés par soirée. Le pari est donc de réunir un musicien ou groupe porteur et de lui adjoindre un artiste émergent. Notre public est particulièrement curieux. Il suffit d'observer le nombre de disques qui sont vendus après chaque prestation pour saisir le fait. L'attente est réelle. L'an dernier nous avons rempli l'Alhambra au trois quart ( soit près de 6000 festivaliers pointés NDA). Ce qui plutôt encourageant. Et les premières réservations enregistrées cette année sont prometteuses.

Quid du développement en province ?

S.A. : Il nous semblait important d'aller au devant du public. Nous développons donc des concerts printaniers à Marseille le temps d'un week-end. Nous avons un rendez-vous provençal dans le cadre antique de Vaison-la-Romaine avec quatre soirées  prévues en août et un rendez-vous automnal au Mans. La formule est similaire au plateau parisien. Elle incorpore des musiciens en provenance du monde entier.

Ces différentes affiches témoignent donc d' un engouement auprès du public hexagonal...

S.A. : C'est évident. Nous fixons une ligne éditoriale de qualité liée à une crédibilité discographique en prenant pour thème de grandes voix. Et l'accroche est bien là. Mieux le marché est croissant. Il existe un public curieux, ouvert à ce type de répertoire. Il faut donc valoriser cette manne artistique mais aussi cet appétit des spectateurs. D'ailleurs les médias ne s'y trompent pas. Nous avons notamment comme partenaires la chaine Mezzo ou bien encore ARTE Live Web, avec retransmissions de concerts au travers de ces relais. Ce rendez-vous correspond bien à une réalité.

 

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Propos recueillis par Vincent Caffiaux

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