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Ensuite, il regarde l'heure avec sa prétendue montre à 17000 euros, et met son costume, classique mais luxueux, offert par un riche homme d'affaire de la France-Afrique... Ah non, ce n'est pas lui... désolée...

Dans la voiture de course que lui a prêtée une grosse firme automobile à fin de promotion (euh non, ce n'est toujours pas lui...) il peaufine le discours qu'il va faire aux financiers de la City pour leur dire qu'ils n'ont pas à craindre de lui, et leur faire comprendre qu'un petit (gros) chèque de soutien saura éveiller une reconnaissance sonnante et trébuchante dès l'élection passée. Cela va se faire à coup de 49.3 et d'ordonnances, ces instruments majeurs de la démocratie... Mais en fait, il n'a même pas besoin de le dire, puisqu'il est un émissaire des banques et que ce sont elles qui lui dictent sa conduite (ou alors, je confonds avec quelqu'un d'autre...).

Pour le soir, son équipe de campagne a prévu un discours populiste, comme d'habitude. Il sait très bien faire semblant d'être de gauche, défenseur des pauvres et des salariés de condition modeste, alors que c'est un héritier dont le père, ayant acquis sa richesse par « don » lui a transmis une conviction de droite dure profondément ancrée en lui, plus quelques amis proches, anciens du GUD, qui aspirent ardemment au pouvoir pour développer et mettre en œuvre des théories d'exclusion et de scissions au sein de la société française.

C'est un brillant orateur, tout le monde en convient, à part qu'il ne sait pas se contrôler et a failli étriper nombre de journalistes, mais pas seulement (d'ailleurs, son service d'ordre est là davantage pour défendre ceux qui l'approchent que l'inverse). Mais le programme qu'il défend, c'est du vent : il veut piller la France qui va se retrouver en cessation de paiement trois semaines après son accession au pouvoir. D'ailleurs, les banques vont cesser d'avancer de l'argent à la France et à ses entreprises, elles vont investir ailleurs et les français n'auront que leurs yeux pour pleurer. Ceux qui disent que c'est ce qui arrive à la Grèce, qui a pourtant joué le jeu de rester dans les traités européens, ne sont rien que des menteurs ! Et ceux qui prétendent que ce serait la faute des créanciers, s'ils saignaient la France à cause d'un choix politique réellement de gauche, ne sont que des marxistes, désireux de casser l'économie mondiale. Si les français choisissent de trahir leurs maîtres qu'ils ne s'étonnent pas d'avoir à expérimenter dans leur chair qui commande vraiment ! Non mais, pour qui ils se prennent ? Quant à la BCE, si elle était là pour soutenir les États et les citoyens, ça se saurait...

Franchement, on se demande comment un mouvement qui ne marche qu'à l'émotionnel peut convaincre autant de personnes ? Les français seraient-ils si influençables, qu'ils ne comprendraient pas que la stabilité du monde dépend de l'enrichissement des plus riches ? Que la richesse, ça ruisselle du haut vers le bas ? Que la crise de 1929, et l'inflation, représente le danger absolu, vis-à-vis duquel une guerre, même mondiale, n'est qu'un accident permettant des investissements de guerre fort lucratifs, et des investissements de reconstruction encore plus intéressants pour le capital ?

Ne voient-ils pas que le chômage, en tant que variable d'ajustement, et la casse sociale, sont indispensables au développement des multinationales, sans lesquelles nous ne saurions vivre ?

Heureusement que les générations encore à l'école bénéficient désormais de programmes allégés en terme d'histoire, de géographie, avec un enseignement « bien » pensé sur le plan économique et peu d'entraînement à exercer leur avis critique : cela permettra de laisser aux gens qui pensent la capacité à diriger le pays, c'est-à-dire à obéir aux règles édictées par la finance internationale, sans risquer l’émergence d'un trublion de la sorte !

Et heureusement que les médias vont pouvoir utiliser cette dernière semaine de campagne à déminer le terrain en diabolisant cet outsider qui ose prétendre gouverner !

 

 

Allez, « les gens » comme il dit, continuez à lutter contre la désinformation, l'issue est proche. Et, de toute façon, le combat des insoumis continue.

Si chaque insoumis convainc une personne de plus, une victoire au deuxième tour est possible !

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