Départ sur les chapeaux de roue pour une destination incertaine

Cette fois pour le 5°Forum Mondial de la Démocratie, l’adjectif est judicieux. Enfin en tout cas plus mérité que dans les précédentes éditions.

On n’oublie pas que la Corée du Sud, exemple extrême, ne saurait être invitée dans le club privilégié des pays démocratiques tandis que des Etats  lointains d’Afrique ou d’Asie rêvent souvent à travers les actions de groupes encore restreints, de les rejoindre au bout d’un long cheminement semé d’embûches. Tout cela sans ignorer les dangers que courent, aujourd’hui plus qu’hier la démocratie dans les pays où on la croyait imperturbable ou dans ceux où le processus était en cours.

Mondial donc car on trouve des intervenants  et des participants de toute la planète, dans une ambiance fraternelle et joyeuse. A preuve, en préambule du Off comme du In, un événement artistique exceptionnel en a donné le ton et la dimension planétaire : les chants et danses du Soweto Gospel Choir. Hémicycle du Palais et l’Eglise St Paul  débordés, public subjugué, conquis au point de participer avec conviction, sous l’ombre planante de Nelson Mandela, leur îcone tutélaire. Emouvant, très émouvant !

La séance d’ouverture, de bon aloi mais forcément convenue, a cependant offert deux interventions plus ponctuelles. Celle de la Première Ministre de Norvège où éducation et démocratie ne semblent pas poser des problèmes bien graves. Tout va bien Mme Erna Solberg et on vous croit !

Un peu plus compliquée pour la deuxième, la charmante ministre française Mme Najat Vallaud-Belkacem. Pour ceux qui, pour une fois, voudraient bien adhérer même partiellement aux propositions d’un ministre de l’Education , elle a prononcé un discours de belle tenue. Mais, mais, nous l’avons dit, l’auditoire est mondial et d’aucuns auraient préféré que la partie consacrée aux coups d’encensoir vers les amis politiques et particulièrement le maire qui ici aurait pu les mériter et surtout le président de la République dont elle a repris des a extraits du discours de thuriféraire à son tour vers le Conseil de l’Europe, prononcé récemment par le président Hollande. Souci de période électorale Patent.

A peine élu en 2012,  ce dernier avait pourtant boudé l’inauguration du 1° Forum, en présence de Ban Ki-Moon. Comme le maire Ries, la talentueuse « recalée de l’ENA » - tant mieux peut-être - a parlé « France » et peu « Europe » et encore moins « « Monde », le tout sur 5 feuillets bien tassés. Elle avait prévenu qu’elle ne s’adonnerait pas à un cours de philosophie. Je sujet  requiert pourtant un passage par là. Non ? Sur le fond ?

soweto-et-najat-vallaud-belkacem

Les enjeux contemporains de la liberté de la presse

Ce sujet vaste et mondial a encore été « estropié » par un fixation réclamé par les étudiants de sciences-po sur un aspect très actuel certes mais pas plus prégnant que les autres. Christophe Deloire secrétaire général de RSF, intervenant compétent, affable, trop peut-être, s’est laissé piéger par la Turquie qui a accaparé toute l’attention. Le thème ou même la question aurait pu se résumer en « Erdogan est-il un dictateur ? » Intéressant malgré çà !

On attend ce soir à 18H la prestation de notre ami Laurent Mauduit à partir de son livre « Main basse sur l’information » et donc sur la boulimie d’une dizaine d’oligarques parisiens. La salle sera-t-elle aussi surchargée qu’avec Edwy Plenel qui y fait  régulièrement un tabac. Pour le fun on vous le dira.

Le Forum cette année est admirablement ficelé  autant par les organisateurs du In (Conseil de l’Europe) que les collectivités territoriales, Ville et Région du Grand-Est. Un seul problème exaspérant : nul n’a le moindre don d’ubiquité  qui permettrait de participer un peu plus à tout ce qui est proposé. C’est pourquoi , pour la présente édition nous attendons des papiers  de contributeurs avertis et nous en avons.
Antoine Spohr.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.