Billet de blog 10 nov. 2016

geneviève Baas
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Les migrants, une nouvelle richesse culturelle pour le Japon?

Ce mardi 8 novembre, travail en « lab ». Le lab 3 s’est intéressé à l’éducation à la citoyenneté. Deux expériences y sont présentées, dont celle de Monsieur Suzuki, maire de Hamamatsu, au Japon.

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Le Japon est plus connu pour une politique de rejet des migrants que pour une politique d’accueil. Pourtant, grâce à de nouvelles lois dans les années 1990, mais aussi grâce à des municipalités courageuses, cette position est en cours de changement.

Monsieur Yasutomo Suzuki, est maire de la ville de Hamamatsu, métropole de 800 OOO habitants située au bord du Pacifique, entre Tokyo et Osaka. C’est une grande ville industrielle, notamment avec des usines d’automobiles et d’instruments de musique. Elle accueille autour de 50 000 migrants, surtout  d’origine japonaise et brésilienne (souvent d’anciens émigrants au Brésil dont les familles reviennent un siècle plus tard), mais elle s’ouvre aussi aux autres asiatiques.  

La ville a mis en place une politique interculturelle audacieuse: elle a ouvert un centre de soutien pour les résidents étrangers pour l’apprentissage de la langue; ce sont 12000 élèves qui ont fréquenté le centre l’an passé; mais aussi elle a mis en place une association de résidents étrangers qui se rendent des services mutuels, notamment en matière de traduction. 

 En 2013, la ville a donné sa vision d’une ville interculturelle. Elle s’organise autour de 4 axes:    - promouvoir l’éducation des enfants, pilier des années à venir,- organiser la prévention des catastrophes,  naturelles, mais aussi, et c’est nouveau au Japon,  - mettre en place un conseil permanent pour la promotion interculturelles avec des représentants dans tous les secteurs; le conseil des résidents étrangers y participe    - et enfin profiter de la diversité de la population pour assurer un meilleur développement de la ville. 

Pour Monsieur Suzuki, l’éducation est l’élément essentiel de l’intégration. La municipalité est aidée dans cette politique par des associations privées qui suivent le travail des élèves. Une campagne a aussi été menée pour lutter contre l’exclusion et pour permettre à tous les enfants d’être scolarisés. Certes la politique d’immigration est décidée au niveau national, mais les communes peuvent faire preuve d’initiatives.

En ce sens, la ville d’ Hamamatsu est en avance, elle est un modèle que pourrait suivre d’autres villes. C’est un défi pour l’avenir, selon son maire, qui pense aussi qu’ il faut tirer profit des expériences menées ici mais aussi dans d’autres pays. 

 Quel bilan tiré de cette expérience? Monsieur Suzuki précise que certains migrants ne sont pas arrivés à bout de l’apprentissage de la langue- on peut les comprendre!!-, mais globalement c’est un succès et ce programme concerne aussi les élèves de maternelle. De plus en plus de migrants s’installent durablement dans la ville. Enfin, les élèves sont dans des établissements mixtes, avec des Japonais, grâce à cela ils seront des partenaires à part entière de la société japonaise. Peut- être Monsieur Suzuki est-il trop optimiste pour son bilan, mais incontestablement cette expérience d’accueil, si rare au Japon, demeure un bon exemple de ce que la bonne volonté permet de réaliser. La formule de Georges Haddad, « savoir pour agir, agir pour savoir »   se trouve ici  aussi vérifier. 

Geneviève Baas

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