Billet de blog 10 nov. 2016

Gervaise THIRION
Abonné·e de Mediapart

“THE TIMES THEY ARE A CHANGIN’ ” (Bob Dylan) ET L’ECOLE ?

Revenons sur un temps fort du Forum pour éclairer notre lanterne avec quelques brillantes pointures. C’était au début, avant l’élection de Trump.

Gervaise THIRION
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

A, B, Citoyenneté, Démocratie, Education. Tel était le titre du  thème 1 abordé.

 Vaste programme !

Apprendre par la pratique - De la théorie à la pratique de la démocratie

Pour entrer dans la discussion, deux intervenants, Georges Haddad, président de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le représentant de l’Institution et Yacoov Hecht, israélien, pionnier de l’éducation démocratique, partisan d’une école informelle.

Pour un humanisme du savoir, de l’action et de la coopération

« Savoir pour agir, agir pour savoir, savoir agir ensemble »

Cette belle formule est le titre que Georges Haddad, personnalité hors norme, a voulu donner à son intervention brillante, bien ficelée, mais« formelle », un brin académique, tout en précisant que sa formation de mathématicien lui valait d’être plutôt indiscipliné.

Georges Haddad, qui a également travaillé à l’Unesco, nous rappelle que de nombreuses études ont été menées sur la question prioritaire de l’éducation et que des solutions pertinentes et des outils efficaces ont été fournis aux différents acteurs.

 Parmi ceux-ci, il recommande de s’appuyer sur deux rapports commandés par l’Unesco : l’un à Edgar Faure « apprendre à être » (1972), l’autre à Jacques Delors «l’éducation : un trésor est caché dedans » (1996)

 Deux regards semblables pour aider les êtres humains à s’adapter au monde qui les entoure et pouvant former la trame d’un nouveau rapport mondial sur l’éducation qu’il appelle de ses vœux.

Car les temps ont changé. De la révolution industrielle nous sommes passés à la révolution informatique.

Selon lui, une organisation souple, en réseau, doit prendre la relève des systèmes hiérarchiques.

Une pratique insolite : Les écoles informelles

Yacoov Hecht de son côté, bouillonnant et enthousiaste, présente un parcours très différent.

C’est celui d’un type d’élève qui n’aime pas l’école mais ressent un fort besoin de réussir sa vie et surtout de vivre dans un monde de justice.

En 1987, à Hadera en Israël,  il fonde la première école démocratique.

Depuis, grâce à la création de la Conférence Internationale pour l’école démocratique (IDEC) il s’en est ouvert plus d’un millier dans une vingtaine de pays.

Le principe directeur est de former une communauté où les décisions sont prises ensemble. Le vote de l’élève est équivalent à celui de l’enseignant, l’enseignement est personnalisé (pas d’homogénéisation), l’apprenant choisit son mentor, la note est collective et non individuelle (coopération et non concurrence). Et aussi que l’éducation ne s’acquiert pas qu’à l’école.

 Le contenu de l’enseignement part du point de vue des Droits de l’Homme, son but n’est pas d’assurer de la main-d’oeuvre aux entreprises. Là se trouve une chimère-marronnier bien connue.

Utopie ? Certes les aficionados des systèmes en place le penseront et le diront sans doute.

Il faut savoir cependant que le mouvement prend de l’ampleur. A en juger par le succès de Céline Alvarez (programme OFF du Forum), inspirée par les travaux de Maria Montessori, qui remplit les salles  pour la présentation de son livre « les lois naturelles de l’enfant ». Elle démonte le système scolaire actuel jugé inadapté et propose de « repenser l’école ».

Une jeunesse, en demande, en attente,  motivée.

Nos deux protagonistes ont été ensuite assaillis de questions,  d’observations, de la part d’un auditoire passionné.  Les interlocuteurs, venant de pays très divers, étaient souvent  jeunes, très jeunes (15 ans, 18 ans …). Mais quelle réflexion, quels arguments, quelle maturité ! Chapeau ! D’ailleurs les membres du CCJ (Conseil Consultatif pour la Jeunesse) le portaient (le chapeau) ce qui nous valut de savoureuses illustrations du dessinateur de presse Laurent Salles.

De ce creuset d’idées il ressort une idée phare : à l’ère de l’internet, il faut changer de modèle, de système.  Marre de la hiérarchie imposée. Place à l’esprit critique.

C’est dans l’air du temps non ? Et ces participants semblent tout à fait inoffensifs,  mais déterminés à prendre leur propre destinée en mains. Plus nécessaire que jamais ! Chiche !

Gervaise Thirion

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