Billet de blog 5 nov. 2014

Jeunes du monde entier, exprimez vous!

Ce pourrait être le slogan de ce troisième Forum Mondial pour la Démocratie qui se tient à Strasbourg rassemblant plus de mille participants venus des cinq continents. L’occasion leur est offerte de prendre la parole et ils en profitent allègrement.

Gervaise THIRION
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Ce pourrait être le slogan de ce troisième Forum Mondial pour la Démocratie qui se tient à Strasbourg rassemblant plus de mille participants venus des cinq continents. L’occasion leur est offerte de prendre la parole et ils en profitent allègrement. Ils sont venus exposer leurs initiatives, leurs expériences et en débattre dans un vaste brassage d’idées, réalisées sur le terrain et visant tant à éduquer à la citoyenneté qu’à influencer les prises de décision des politiques ou des institutions. Que leurs conclusions soient prises en compte dans des actes par les pouvoirs !

Qui osera encore dire que la jeunesse ne s’intéresse pas à la politique ?

 « La jeunesse n’est qu’un mot » (P. Bourdieu). Les jeunes sont divers, diversité qui donne naissance à un éventail  de possibilités des plus étendus.

 On pouvait craindre que ce nouveau forum « réduit » à 2 jours et demi , voit son ambition revue à la baisse,  ce n’est pas le cas du moins de la part des participants.

Comment choisir parmi la vingtaine de labs ( entendez laboratoires) proposés en une seule journée ?

Au  lab 6, intitulé « gardiens de la démocratie » voici deux exemples de participation concrète des jeunes à la vie de la cité :

  • Le conseil des jeunes « Mwanza youth and children network » créé en Tanzanie et représenté par Shaban Ramadhani, l’un de ses fondateurs,  offre une plate-forme où les enfants peuvent défendre leurs droits et participer activement aux questions qui concernent leurs vies. Ce conseil a été accrédité par le gouvernement  mais pour les subventions, il faudra encore attendre…  le problème n’étant pas propre à ce pays.

 L’important, pour eux, est d’avoir voix au chapitre, de faire en sorte que le gouvernement les reconnaisse. La très jeune  Halleluyah Benjamin (15 ans) a pu participer à des programmes de télévision,  ses interventions permettent de donner confiance aux autres jeunes pour une mobilisation et la prise de paroles.

  • Au Bangladesh, Action Aid, représentée ici par Samiuddin Ahmed , agit pour que l’éducation soit reconnue comme un droit par le gouvernement  en effectuant un contrôle budgétaire de l’allocation des ressources . Cette initiative a été couronnée de succès.

Lors du débat qui a suivi, bien entendu, des bémols ont été apportés par les intervenants. La question est de savoir si ces exemples sont durables et surtout s’ils sont transposables dans d’autres pays.

Bernard De Vos, Délégué général de la Communauté française aux Droits de l’Enfant, a rappelé,  que toutes ces « exigences » devraient depuis longtemps être respectées puisqu’inscrites dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) dont on s’apprête à célébrer le 25 ème anniversaire.

D’autre part, on a affaire ici à des jeunes capables et préparés pour agir, du moins pour ceux qui ont les « codes ». Qu’en est-il de tous ceux, ils sont nombreux, même dans nos pays européens, qui sont « exclus » du système. La majorité silencieuse ? Comment parvenir à les toucher ?

Kirill Koroteev, avocat au centre des Droits de l’Homme Mémorial en Russie (prix Sakharov 2009) évoque le danger que peuvent courir ces jeunes dans certains pays où règnent la corruption et le pouvoir sans partage.

Et que dire du risque de récupération par les gouvernements ?

Les questions ne les déstabilisent pas, ils ne sont pas naïfs. Au contraire.

On pourrait citer bien d’autres « formules » imaginées par ces jeunes pour prouver que, contrairement au discours ambiant, ils sont sensibles à ce qui se passe autour d’eux, entendent le faire  savoir à leur manière et être présents dans les processus de décision qui engagent leur avenir.

La cérémonie de clôture de cette assemblée l’a rappelé lors d’une séance  plénière où  7 initiatives finalistes ont été soutenues avec enthousiasme par leurs protagonistes.

« And the  winner is » : «  Generation Democracy » dont l’objectif est d’encourager l’éducation à la citoyenneté démocratique et aux droits de l’Homme dans le système d’enseignement turc.

 Mais le vote était serré, difficile de départager les candidatures

Coup de chapeau à tous ces jeunes atteints de la  « maladie de la démocratie » et on souhaite qu’ils en contaminent beaucoup d’autres. Ce type de rassemblement, bien que réduit à une infime minorité, facilite beaucoup les choses.

Opération réussie qui ne demande qu’à être renouvelée ….

        A  suivre…Le Forum « Off » se poursuit dans toute la ville avec des  propositions très alléchantes, trop à la vérité.

Gervaise Thirion

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