Poème: Tout ce qui brille est or.

Ont peut décrire la société d'une manière assez simplifiée en trois ensembles, l'un lourd et lent, l'un restreint et rapide, l'un intermédiaire. Une base ou un arrière, un sommet ou un avant, un milieu ou un centre. Ce n'est qu'une modélisation mais elle fonctionne. Parce qu'elle est fonctionnelle.

Un poème sera ici une tentative d'abstraction: dépouiller et décharner la langue, tenter en un premier temps d'atteindre à l'essentiel, à l'os même de la langue, pour que chaque lecteur lui donne chair. Il y aura parfois un second temps, donner de la chair, et parfois encore un troisième temps, couvrir le tout d'une peau, mais non nécessairement.


Mais parfois, mais souvent, ce qui au départ est fonctionnel devient organique. Les mots sont des pièges car ils ne représentent rien sinon eux-mêmes, qu'ils soient écrits ou parlés, mimés ou dessinés, ou quelque forme qu'ils aient, ce sont des réalités effectives. Les mots sont des pièges à idées, on associe telle idée à tel mot, l'idée se transforme ou le mot se transforme et la réalité pointée par cet objet, le mot, est autre que celle que l'on suppose. Quand les mots ne nomment plus la même réalité, toute la réalité de la langue en est transformée, on croit voir la carte, on voit le territoire, on croit voir le territoire, on voit la carte. La société ne voit la réalité qu'à travers cette réalité des mots, quand trop de ses membres prennent la carte pour le territoire, l'univers semble petit, infiniment petit, quand trop de ses membres prennent le territoire pour la carte, l'univers semble grand, infiniment grand. La réalité est-elle entre les deux? Possible, et possible que non. Mais, un univers fini peut-il être infini?


 

 

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