Définition: définition, réalité, fiction.

Dans le cadre de cette édition figureront des textes précédés des mentions “définition“, “réalité” et “fiction”. Les définitions définissent des segments de la réalité non fictive. Ceci est une définition.

La parole ne réfère qu'à une seule réalité, celle de la parole, définir consiste en une opération qui par la parole relie la parole à quelque chose qui n'est pas la parole. la parole

«définir consiste en une opération qui par la parole relie la parole à quelque chose qui n'est pas la parole»

est une définition puisque par la parole je définis “définir”. La seule vraie question avec les mots n'est pas “ce qu'ils veulent dire”, un mot n'est pas un objet ayant une volonté propre, un mot ne veut rien, la seule vraie question est ce que ON veut dire, ON étant un ensemble d'au moins deux humains qui “veulent se dire” et qui pour cela utilisent des systèmes de signes divers qu'on peut indifféremment nommer “parole”, une photographie est selon les contextes une parole ou un discours, un discours est une parole composée d'au moins un élément discret d'une parole, la parole étant récursive. Je ne définirai rien dans cet alinéa, trop compliqué à faire par écrit.

Définir est l'opération par laquelle on répond à la seule vraie question concernant la parole: ce que ON veut dire. Vous et moi sommes un ON, un ensemble d'au moins deux humains. Il se peut que pour vous ON se définisse autrement, il est certain que pour la personne qui rédige ce billet ON se définit autrement, se définit en plusieurs autres significations, mais pour déterminer dans le cadre de ce discours ce que JE veux dire, il nous faut avoir une définition commune du mot ON, arbitrairement je propose cette définition: ON signifie un ensemble d'au moins deux humains qui échangent des paroles définies en commun. Soit vous acceptez ma définition, parce que comme auteur de ce texte je n'ai pas moyen de discuter avec les autres membres de ce ON quant à la validité de cette définition, soit vous ne l'acceptez pas. Si vous ne l'acceptez pas, ce n'est pas la peine de continuer la lecture de ce texte parce que son auteur, “moi”, considère implicitement que ON se définit ainsi dans le cadre de ce discours. Ci-après, ON, donc “moi”, l'auteur, et “vous”, un nombre indéterminé de lecteurs et au moins un, va définir trois termes: “définition“, “réalité” et “fiction”. Ce ne seront pas des définitions valant pour l'ensemble des utilisations de ces termes dans les billets de cette édition mais valant pour un certain usage. Au moment où “moi”, l'auteur, écrit, c'est à sens unique, je définis et vous consentez à cette définition, ou non. Si c'est non, je peux d'avance vous dire que nous ne nous comprendrons pas. Je peux aussi vous dire ceci: ce n'est pas la peine de proposer en commentaire ou par message direct entre abonnés VOTRE définition, parce qu'elle ne vaudra pas dans le cadre de cette édition et dans le cas d'un certain usage de ces textes. Je me suis fait dire que je suis “prise de tête” et que je fais de la “masturbation intellectuelle” par des personnes qui pour la première a un faible rapport à la réalité réelle, pour l'autre un faible rapport à la réalité symbolique. J'ai un fort rapport à ces deux réalités, raison pourquoi il m'indiffère que tout autre humain participant provisoirement au ON des discussions de cette édition en accepte les règles au prétexte que ce serait une “prise de tête” ou une “masturbation intellectuelle”. Il y a trois manière d'avancer dans cette vie, en regardant ses pieds, en regardant le ciel, en regardant devant soi. Quand on avance en regardant devant soi on est certain d'une chose: si ON rencontre un obstacle, ceux des membres de ce ON qui ne regardent devant eux se préparent eux-mêmes le problème qu'ils rencontreront, et si les avertissement de ceux qui avancent en regardant devant eux n'atteignent pas les autres, ça n'est pas leur affaire, ils auront prévenu.

Le développement précédent pour vous dire ceci: dans le cadre du “Club de Mediapart” on croise beaucoup de personnes qui ont le nez en l'air ou le nez dans le guidon, et qui contestent, parfois aimablement, parfois non aimablement, les propos de personnes qui regardent devant elles, au prétexte assez faible qu'elles “ne comprennent pas les choses de la même manière”. C'est bien. Quand on arrivera à l'obstacle, on verra alors qui de ceux qui sont prêts à faire des compromis et de ceux qui n'y sont pas prêts saura le contourner. J'aime les gens, j'aime mes semblables, mais je suis cruel par nécessité, parce que je ne vais pas changer le monde à moi seul et contre la volonté de mes semblables. Pour ceux de mes semblables qui confondent compromis et compromission, que puis-je? Rien sinon leur dire que ce n'est pas de bonne pratique quand on veut s'accorder avec ses semblables. Maintenant ON va définir ces trois termes dans un certain usage, prenez ou laissez, acceptez ou refusez, ça sera votre libre choix.

Pour les trois termes: ils seront un indicateur, le premier mot d'un titre de billet qui spécifiera quel genre de billet ce sera.

Une définition sera un billet de ce genre, où l'on définit des termes ou expressions qui auront un certain usage dans certains contextes.

Une fiction sera un billet qui décrit la réalité effective ou symbolique de manière symbolique, abstraite. Elle aura l'apparence de parler d'une réalité réelle mais nécessairement, ça ne peut être qu'une apparence. De ce point de vue, un texte qui décrit une situation dans le futur, dans un univers parallèle, dans un passé “non historique” ou dans le cadre d'une réalité historique sont tous également des fictions et tous également “réalistes”, c'est-à-dire donnant par le discours l'apparence de décrire une réalité effective; tout texte décrivant des situations effective, tout texte “documentaire”, est un fiction car il ne décrit que ce que l'auteur sait de cette situation et l'interprétation qu'il en donne, et en outre n'est pas même un fragment de cette réalité, pas plus que le mot chien n'aboie, les textes ou les films ou photographies ou dessins ou tableaux documentaires ne sont ce qu'ils décrivent.

Une réalité sera une fiction prospective, c'est-à-dire une proposition d'action décrivant de manière aussi précise que possible les conditions de réalisation de cette action. Peu avant publication de ce texte je publierai une réalité, ce qui vous illustrera mieux que tout parole ce qu'est une réalité de ce type.

 

 

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