Réalité: L'accumulation de données masque la réalité et n'aide pas au discernement.

C'est un commentaire de billet. Pour signaler à l'auteur de ce billet qu'il ne faut pas “prendre son cas pour une généralité”.

Peu m'importe qu'il comprenne mon avis. Le sujet de ce billet, «Ozone et dérèglement climatique» est, en gros, «montrer la complexité des causes du changement climatique». Il s'attache dans ce billet, et compte s'attacher dans une série, à démontrer entre autres et principalement que «Les énergies fossiles et le CO2 ou le méthane (effet de serre) ne sont sans doute pas les seuls à dérégler le climat». Le billet même aborde cette question: «Ce n'est pas l'ozone qui nous protège, mais l'oxygène». La première proposition est un truisme, la seconde une incohérence.

Toute personne qui sait ce que sont les «gaz à effet de serre» savent aussi que le CO2 et le méthane ne sont que deux parmi des centaine de gaz qui contribuent, à plus ou moins forte incidente, à l'effet de serre. Quant à l'ozone, et bien, citons le billet:

«La molécule d’oxygène est composée de 2 atomes O (O2). Celle d’ozone de 3 atomes O (O3)».

Donc, l'ozone est une molécule d'oxygène. Ergo, poser que «Ce n'est pas l'ozone qui nous protège, mais l'oxygène» revient à poser que «Ce n'est pas l'oxygène qui nous protège, mais l'oxygène».

La première proposition citée vient d'une réponse à un commentaire que je fis dans la même page:

«La question dite du “dérèglement climatique” ou du “réchauffement climatique” étant une question politique, celle de la fin du libéralisme, il importe assez peu d'étudier les facteurs multiples à l'œuvre, les quelques politiques qui ont suscité le GIEC en tant qu'instrument de contre-propagande ont opté pour une version simplifiée de la question qui associe d'une manière causale “dérèglement” à “énergie fossile”, pour lutter contre la propagande industrialiste qui “légitime” le libéralisme. Vous et moi savons que nous vivons dans un univers stochastique mais pour faire de la politique on doit trouver des arguments à causalité simple, claire et difficilement falsifiable.
Amicalement»
.

Donc, en commentaire à une proposition qui dit qu'on ne répond pas à une question politique simple par des observations “scientifiques” et “complexes” il propose une réponse “scientifique” et “complexe”. D'un point de vue objectif ça n'a pas d'incidence sur la question politique pour autant que son discours reste confidentiel, les personnes sensibles aux arguments “simples” estimeront son propos “prise de tête” et n'y prêteront pas attention; celle sensibles aux arguments “complexes” seront satisfaites de lire un discours “complexe” qui leur permettra possiblement d'accepter comme légitime une réponse “simple” à une question simple en lui donnant “de la complexité”; pour des personnes qui ne cherchent pas de réponses complexes à une question simple, et bien, il est toujours intéressant de lire des textes rendant compte de la complexité du réel, même s'ils sont faiblement reliés à la question simple.

Intéressant de savoir que le rédacteur de ce billet a pris comme pseudo Halte Au Libéralisme: je ne sais pas ce qu'il place sous cette étiquette, à mon avis il doit supposer que la notion de libéralisme est une notion simple, car il y a ceci de curieux chez les personnes qui voient la réalité comme complexe, ce qu'elle est en partie, elles tendent à voir la réalité sociale comme simple, ce qu'elle n'est guère. Disons, il compte «arrêter la simplicité avec les armes de la complexité». œuvre vaine mais qui me semble sympathique: on ne résout la simplicité que par la simplicité. L'argument “objectif” simple associant assez univoquement le réchauffement climatique et le CO2 est scientifiquement infondé mais comme il ne vise pas à régler scientifiquement une question politique chercher à le complexifier aura l'effet inverse à celui escompté, la “halte au libéralisme“. Ce qui n'est donc pas de grande importance, sauf si la personne qui tient ce discours complexe a une audience publique importante, un ministre ou un président, par exemple.

 

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