Ce que Bachelot veut retenir de cette campagne

Dans une tribune dans le Monde du 28 Décembre, la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot défend sa politique en affirmant que "La campagne de vaccination ne saurait se réduire à quelques réquisitions maladroites".

Dans une tribune dans le Monde du 28 Décembre, la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot défend sa politique en affirmant que "La campagne de vaccination ne saurait se réduire à quelques réquisitions maladroites". Si elle consent donc à reconnaitre quelques couacs malheureux, elle persiste et signe avec ce plaidoyer pro-domo :

"Ce que je veux retenir du début de cette campagne, et ce que je crois beaucoup de nos concitoyens qui en ont bénéficié en retiennent, c'est la chance qu'a la France de disposer d'un système de santé ayant la capacité de mener de front une campagne de prévention sans précédent tout en préservant la prise en charge des malades, y compris des plus graves, car cette grippe, est-il nécessaire de le rappeler, n'est pas une maladie anodine."

Un petit décryptage me semble nécessaire : elle laisse entendre que c'est la dangerosité de cette grippe, et le nombre de malades graves atteints de cette grippe H1N1, qui expliquent sa politique de réquisition des professionnels de la santé (internes, étudiants en médecine, étudiants en soins infirmiers). Quel interne ou étudiant qui connait la situation peut la croire ? Elle ne s'adresse donc pas aux professionnels de la santé mais elle s'adresse en réalité au grand public et elle cherche encore et toujours à se justifier. C'est la politique de la peur et de la désinformation de Bachelot qui continue ! Errare humanum est, perseverare diabolicum.

"Certains semblent regretter d'être appelés à contribuer à cette formidable démarche de santé publique que représente une campagne de vaccination proposée, dans des conditions maximales de sécurité sanitaire, à 65 millions de nos concitoyens moins de 5 mois après l'apparition d'un virus nouveau. Je ne pense pas que les propos de quelques-uns soient représentatifs de ce qui anime la très grande majorité des professionnels de santé qui ont été sollicités"

Un virus nouveau, pour la grippe ce n'est pas exceptionnel, cela arrive même tous les ans. Si certains professionnels de la santé ne répondent pas aux demandes de leur Ministre, ce n'est pas leur manque de professionnalisme mais au contraire leur conscience professionnelle et leur indépendance qui les poussent à avoir ce comportement : seul l'intérêt de l'individu importe pour ces professionnels, pas les intérêts de la Ministre de la Santé, et encore moins les intérêts de certains groupes pharmaceutiques !

Cette campagne est un fiasco annoncé, et un gachis formidable de l'argent public. Il faudra bien un jour que la Ministre de la Santé vienne rendre des comptes sur l'utilisation de l'argent public, et sur son indépendance vis-à-vis des lobbys des grands groupes pharmaceutiques.

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