«Mamadou Bah avait eu l'idée de collaborer avec la Minustah

Bibliothèques sans frontières rend hommage à son «ami très cher», disparu dans le séisme.

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«C'est avec effroi que toute l'équipe de Bibliothèques Sans Frontières a appris la terrible nouvelle de la mort de Mamadou Bah. Le plus proche collaborateur de Luiz Costa da Silva, le représentant principal adjoint du secrétaire général de l'ONU, numéro 2 de la Minustah, la mission de l'Onu en Haïti, Mamadou Bah, Français et Guinéen, a perdu la vie, mardi 12 janvier 2010, lors de l'effondrement de l'immeuble dans lequel il se trouvait.

Mamadou Bah avait eu l'idée d'une coopération entre BSF et la Minustah. Pourriez-vous -nous avait-il dit - nous fournir des livres pour permettre l'ouverture d'une bibliothèque pour les adolescents purgeant une peine dans un des centres pénitentiaires géré par la mission de l'ONU. En échange, la Minustah se proposait d'aider BSF à assurer le transport de livres dans l'île quand ils n'étaient pas destinés à Port au Prince. Aussitôt dit, aussitôt fait. En quelques semaines, l'accord fut signé, mis en œuvre, étendu à cinq centres pénitentiaires, les livres envoyés par BSF dispatchés partout dans Haïti là où ils devaient aller. Mamadou Bah, que nous avions appris à connaître, était intelligent et modeste, rapide et posé, efficace et discret. Il était animé par l'esprit de justice. L'ONU et le peuple haïtien perdent un grand serviteur et BSF un ami très cher. Nos pensées vont à sa femme et à son fils, à sa famille, à ses proches.

Que ces quelques mots de Dany Laferrière à la journaliste canadienne Chantal Guy résonnent comme un message d'espoir en ces jours noirs :

« Quand tout tombe, il reste la culture. Et la culture, c'est la seule chose que Haïti a produite. Ça va rester. Ce n'est pas une catastrophe qui va empêcher Haïti d'avancer sur le chemin de la culture. Et ce qui sauve cette ville, c'est le peuple. C'est lui qui fait la vie dans la rue, qui crée cette vie. Il ne faut pas se laisser submerger par l'événement.»

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