Une bonne guerre

Nous sommes en pleine crise et nous ne savons plus comment en sortir car les méthodes classiques qui avaient cour jusqu'alors dépendaient plus ou moins directement de la guerre. On massacrait en masse et puis ça repartait. On organisait de belles batailles bien codifiées et puis on pillait à loisirs les territoires de l'armée défaite. Mais aujourd'hui c'est fini. On ne résout plus les crises par la guerre. Celle-ci n'est plus la continuation de la politique par d'autres moyens. La guerre semble obsolète. Elle existe encore bien sûr mais elle n'est plus l'expression et la structure fondamentale des affrontements humains. On détruit à la marge, on massacre aux frontières, on estourbit et on déporte dans des zones reculées. Le génocide n'est plus ce qu'il était. Le monde (post)-moderne boude le bain de sang. Les cohortes de chômeurs ne conduisent plus tout droit aux soupes populaires nazies ou aux tranchées boueuses. La soldatesque se professionnalisant, l'honneur de mourir au champ d'honneur est devenu une affaire de "pro". Côté occidental, la guerre s'en-clubise. La mort les armes à la main n'excite plus trop de monde. On perd le goût du repos du belligérant.

Mais la paix semble tellement compliquée... Aussi compliquée que l'usage du fusil à tirer dans les coins.

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