De l'endettement de la France et comment en sortir?

La cours de comptes s’inquiète très justement de la dérive de la dette publique. Mettons nous à la place de l’Etat. Faisons quelques calculs de coins de table : La dette publique est actuellement de 1300 milliards d’euros (hors engagements retraite) et selon les critères de Maastricht.

La cours de comptes s’inquiète très justement de la dérive de la dette publique. Mettons nous à la place de l’Etat. Faisons quelques calculs de coins de table :

 

La dette publique est actuellement de 1300 milliards d’euros (hors engagements retraite) et selon les critères de Maastricht.

La dette publique regroupe essentiellement les dettes des Administrations publiques, de l'Etat, des Collectivités territoriales et de la Sécurité Sociale.

 

Les intérêts de la dette de l'Etat

 

Avec une telle dette, l’Etat doit payer des intérêts de l’ordre de 3,5% (taux moyen historique qui devrait fortement augmenter les prochaines années pour retenir l’intérêt des investisseurs) par an soit 44 milliards d’euros en 2008 (c’est la charge de la dette).

 

Les créanciers de la dette de l'Etat

 

A qui paye-t-il ces intérêts ? A des Etats étrangers qui souscrivent à nos émissions et aux Français indirectement via les contrats d’assurance vie que beaucoup de français possèdent. Ce sont donc les banques privées françaises qui orientent une partie de l’épargne vers la dette publique. D'où une pression possible des banquiers privés sur le Trésor.

 

La répartition des détenteurs de dette existante est globalement la suivante (source : ministère du budget):

60% : investisseurs étranger

20% Assurance vie dont la collecte nette totale est tombée à 29 milliards

12% Banques

7% OPCVM donc des banques ou des assurances

3% : autres

 

Il faut donc que les banques et assureurs soient « d’accord » ou que des investisseurs étrangers aient les moyens et l’envie de souscrire. Jusqu’à présent ils avaient les moyens, mais est-ce que ce sera toujours la cas à l’avenir ?

 

Les dépenses de l'Etat (en milliards d’euros)

Les dépenses de l'Etat (hors remboursement et dégrèvement) sont les suivantes :

123 Dépenses de personnels (les salaires de nos enseignants, forces de l’ordre, etc)

41 Charge de la dette (nos fameux intérêts)

37 Fonctionnement (fonctionnement courant de l’Etat : immobilier, déplacements, surtout pour la défense)

14 Investissements (à 75% pour des dépenses liées à la défense)

145 Interventions (emploi, transports, etc)

274 au total

 

Les recettes de l'Etat (en milliards d’euros)

135 TVA qui est dépendante des échanges de biens et de la consommation (si personne ne consomme, il n’y a plus de TVA perçue)

60 l’Impôt sur le Reveun (avec la hausse du chômage, la baisse des salaires, l’Etat va moins percevoir)

53 Impôt sur les sociétés (avec les profits divisés par deux, on peut craindre une forte baisse)

16 la TIPP (taxe pétrolière)

34 autres recettes fiscales et non fiscales

-69 Prélèvements sur recettes pour collectivités territoriales (-51) et communauté européenne (-18)

233 au total

 

Et 233 moins 274 font nos 41 milliards de déficit en 2008 (solde du budget général).

 

Comme il faut toujours payer les 274 milliards d’euros pour assurer le fonctionnement du pays en 2009 et que nous allons largement passer en dessous de 233 milliards de recettes à cause de la crise, nous allons devoir encore nous endetter. L’Etat prévoit 145 milliards d’émission de nouvelle dette en 2009 dont 110 pour le remboursement de la dette existante (source : Agence France Trésor).

 

Nous creusons donc ainsi notre tombe car le jour où plus aucun investisseur ne souhaitera souscrire à de nouvelles émissions ou bien n’aura plus les moyens (difficultés des investisseurs asiatiques, etc), nous ne pourrons plus payer les fameux 274 milliards nécessaires à notre fonctionnement.

 

Les solutions à envisager sont par exemple les suivantes :

 

Solution 1 : augmenter de manière drastique les impôts (on double l’impôt sur le revenu mais qui accentuerait de toute façon la chute de la consommation et provoquerait une révolte.

 

Solution 2 : couper dans toutes les dépenses et faire disparaître progressivement le Welfare State ce qui provoquerait une révolte.

 

Solution 3 : ne pas rembourser nos créanciers donc les français et d’autres investisseurs pour rééchelonner la dette, ce qui nous empêcherait définitivement de trouver d’autres souscripteurs. Mais ce n’est pas acceptable pour tous les français détenteurs de contrats d’assurance vie investis à 100% en fonds en euros avec des OAT de l’Etat français.

 

Solution 4 : rembourser la dette par émission de monnaie ce qui est impossible puisque c’est du ressort de la Banque Centrale Européenne.

 

Solution 5 : on rembourse la dette de 1 300 milliards en vendant quelque chose qui appartient aux Français et qui vaut 1 300 milliards ?

 

1 : nos maisons : pas question !

2 : notre épargne ? possibilité mais inégalitaire

3 : on vend toutes nos entreprises cotées en bourse ? La capitalision boursière de Paris n’est pas suffisante : 1 000 milliards d’euros et dont au moins la moitié n’appartient pas aux Français d’ailleurs

4 : on vend des territoires ? comme Napoléon et la Louisiane en 1803. En valeur à aujourd’hui cela représenterait environ 500 milliards d’euros selon certaines estimations. A t-on des terres à vendre pour nous libérer du joug de ladette ?

 

Qu'en pensez vous ? Qui peut nous éclairer sur ces chiffres assez difficiles à comprendre ?

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.