De la crise et des responsabilités

Les responsables de la crise doivent au minimum restituer les sommes indument perçues. Les "génies de la finance" depuis des années sont payés avec des bonus mirifiques. Les dirigeants se font octroyer des stocks options astronomiques. Les cabinets d'audit, d'avocats, de conseils divers ont perçu des honoraires considérables. Tout ceci était basé sur l'affirmation que leurs activités généraient pour les banques des profits considérables et qu'il était donc normal qu'ils en aient une part importante. En fait il apparait clairement qu'ils ont au contraire généré des pertes colossales. Il y a eu tromperie dont on pourrait considérer qu'elle ressort de qualifications pénales, en tout état de cause il y a eu erreur et enrichissement sans cause. Les principes du droit applicables impliquent que la responsabilité de tous ces intervenants est engagée et qu'en tout état de cause ils doivent restitution des bonus et honoraires ainsi que des sommes perçues grâce aux stock options. Les dirigeants doivent restituer les sommes perçues indument et exiger le remboursement des bonus et honoraires indument perçues, et le cas échéant engager la responsabilité des fautifs. S'ils ne le font pas, les actionnaires doivent engager la responsabilité des dirigeants pour faute de gestion.

Cette démarche est bien entendu indispensable, si l'on veut "refonder le capitalisme" en sanctionnant l'avidité fautive, il s'agit d'une exigence indispensable de moralité. Il s'agit par ailleurs de respecter ce qui en droit français est la "boussole" qui doit guider les dirigeants, à savoir l'intérêt social. Par ailleurs les sommes en cause, qui sont considérables, en faisant revenir au bilan des fonds propres dont les banques ont été indument privées, permettra de rétablir des conditions normales de crédit. Il s'agit donc d'un élément fondamental de solution de la crise.

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