L'Irak = Crise des Subprimes ? Oui.

L’Irak est loin d'ici. Mais qu'en est-il du financement de cette Guerre ? C’est ici ! Pas qu’aux Etats-Unis mais ici aussi en France !

 

Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie 2001 intitule son dernier livre « La Guerre aux 3 000 milliards de dollars ».

 

Vous allez comprendre facilement : comment a-t-on financé cette guerre ? En créant une nouvelle bulle spéculative sur l’immobilier (aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne d’abord et un peu en France notamment).

 

Alan Greespan à la manœuvre

 

C’est ce bien brave Alan Greenspan - qui n’a finalement pas glissé dans sa baignoire - le responsable de la forte baisse des taux directeurs de la Fed (ne cherchez pas comment fonctionne la Fed svp) à 1% en Juin 2003 (quelques moi après l’entrée en Guerre des américains) permettant ainsi l’émergence d’une belle bulle de crédit.

 

Les américains heureux et confiants de voir leurs banales maisons tout en bois valoir des fortunes se sont mis à consommer, stimulant ainsi la croissance et générant des recettes fiscales bien précieuses pour financer la Guerre en Irak. L’Etat américain étant déjà très endetté, cela tombe bien.

 

Au total, avec la complicité des banques, c’est 2 000 milliards de prêts immobiliers dits « subprimes » qui ont été octroyés à de pauvres américains. Ce montant est à rapporter aux 10 000 milliards de dollars d’encours de crédit immobiliers aux Etats-Unis.

 

La contre valeur « immobilière » de ces 2 000 milliards étant en chute libre (retournement de cycle), c’est donc des centaines de milliards de dollars de dépréciations / pertes pour les banques. Ci-joint un extrait d’une note d’une banque d’investissement allemande qui fait les comptes au mois d’avril : c’est salé et on le savait, ce tableau existait depuis plusieurs mois !

 

 

On partage l’addition ? Oui dit l’Europe !

 

Ensuite, comment faire absorber ces pertes ? Les banques américaines sont solides mais l’addition sera consciemment ou non, directement ou non partagée par l’Europe. C’est ici qu’entrent en jeux les mécanismes de titrisations par lesquelles les dépréciations / pertes arrivent successivement dans nos belles banques européennes. Et patatras pour l’épargne salariale….et damned pour les portefeuilles titres des petits riches…

 

Il faudra une enquête, c’est le minimum, pour comprendre comment de vieux banquiers européens rompus aux cycles de crédit (Société Générale), aux cycles immobiliers (Crédit Agricole / Crédit Lyonnais), de – dit on - prudents banquiers suisses (UBS qui affiche des dépréciations de plus de 24 milliards d’euros à début juin) se sont fait embarqués dans cette histoire ! Ils ont laissé faire de gigantesques boîtes noires ce qui est très étonnant pour des gens sensibles aux risques comme des banquiers.

 

Restez prudent, mieux vaut être fourmis que cigale

 

Les conséquences de cette crise sont évidemment d’abord l’instabilité et la volatilité qui règnent actuellement sur les marchés financiers. Techniquement, des banques plus faibles vont moins facilement prêter, des décisions d’investissement vont être reportées, la confiance va diminuer, les prix des carburants vont se faire de plus en plus douloureux, la consommation va s’en ressentir ….Vous connaissez la suite…

 

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