Trading et trésorerie

D'après des informations parues dans le Canard Enchainé et non démentie par la SocGen, celle-ci aurait déboursé au cours du mois de janvier, avant la révélation de la " fraude", près de 3 milliards d'euros à la suite des ordres passés par le "groupe opératoire" de traders auquel appartenait Jérôme Kerviel. La Commission bancaire évoque notamment "cinq versements supérieurs à 500 millions d'euros", s'étonnant que la banque n'ait pas "prêté attention" à ces "opérations hors norme". La question qui est posée parait être non pas d'une insuffisance de contrôle mais d'une autorisation effective de dépassement des limitations toutes théoriques. Est ce que la banque peut soutenir qu'un trader, qui a effectivement le pouvoir de débourser 3 milliards d'euros sans que la banque ne bronche, peut être considéré comme n'ayant pas une autorisation faire les opérations qui justifient ces débours ? Quelles sont les "opérations fictives" qui peuvent avoir été invoquées pour justifier ces débours, tout à fait réels ?

Le problème est que les banques laissent sciemment les traders manipuler les milliards en trésorerie et non pas les dizaines, mais même les centaines si ce n'est les milliers de milliards en risques. Avec les "incidents" , comme ceux de la Société Générale, de la Caisse d'Epargne et maintenant de Nexity, qui sont inévitables lorsque de telles sommes sont maniées. Et si elles ne l'étaient pas , il n'y aurait pas 650.000 Mds $ de produits dérivés en encours, ce que les banques ne peuvent prétender ignorer, et qui ne peut exister si les traders ne dépassaient pas les "limitations" théoriques. Et comme le dit l'adage populaire, "lorsque l'on a dépassé les bornes, il n'y a plus de limites". Ce ne sont pas les traders qui sont fous, ce sont les dirigeants des banques qui ont décidé de constituer les salles de marché, ce sont les régulateurs qui ont laissé ces pratiques irresponsables se développer. On parle des bonus : ce n'est pas en respectant les limitations que les traders pouvaient gagner ces bonus, les dirigeants qui versaient les bonus ne pouvaient qu'en être parfaitement conscients. Mais bien entendu, tant que la banque en tirait des profits, ils déversaient des bonus extravagants sur ces traders qu'ils qualifieront de fous lorsque la banque en subit des pertes. Etant entendu que les profits antérieurs ne pouvaient que se refléter dans des pertes, à cette époque noyées dans le profit global

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