Vers une disparition des cabinets d'audit ?

La crise des banques a démontré l'absence totale de fiabilité des contrôles faits par les cabinets d'audit . Il en est ainsi en particulier de Ernst & Young LLP pour Lehman Brothers Holdings Inc. et IndyMac Bancorp Inc., de KPMG LLP pour Wachovia Corp, de Deloitte & Touche LLP pour Washington Mutual Inc. et Fannie Mae. PwC et KPMG étaient auditeurs de fonds de fonds investis dans les fonds Madoff, et il n'est pas sérieux de certifier les comptes d'un fonds de fonds sans contrôler les comptes des fonds où une partie très substantielle des fonds sont investis. PwC’s India avait certifié les comptes de Satyam Computer Services Ltd., qui avait fait figurer un milliard de dollars de chiffre d'affaires fictif.

Il convient de rappeler que KPMG avait du payer 450 millions de dollars d'amende pour avoir conduit une activité de vente illégale de tax shelter, évitant une sanction qui aurait du être la fermeture du cabinet. Ils s'étaient engagés à se concentrer sur leur business d'audit , mais il est clair qu'ils n'ont pas joué leur rôle d'alerte concernant en particulier Citigroup .Il est clair que les auditeurs se sont enrichis à couvrir les fraudes, ou à fermer les yeux

Les difficultés des banques démontre que le système d'audit est totalement à rénover. La situation oligopolistique des cabinets d'audit leur fait croire à l'impunité : "too few to fail". Comme le "toobig to fail", ce principe, générateur de risque systémique, est à remettre en question.

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