La crise selon George et Georges

La quête de la véritéLe premier George Soros, n’y va pas de mains mortes dans son dernier livre paru cette semaine et intitulé : La vérité sur la crise financière (18€ chez Denoël).D’abord, il tacle les économistes et leurs modèles théoriques inadaptés. Il est vrai que les économistes désœuvrés qui se pavanent devant les médias sont comme des vendeurs de poudres de perlimpinpin. Le cœur de l’ouvrage est consacré à la théorie de la réflexivité (que tous les banquiers devraient lire), construite sur ses propres expériences et ses travaux dont une composante est issue de la philosophie de Karl Popper.
La quête de la vérité

Le premier George Soros, n’y va pas de mains mortes dans son dernier livre paru cette semaine et intitulé : La vérité sur la crise financière (18€ chez Denoël).

D’abord, il tacle les économistes et leurs modèles théoriques inadaptés. Il est vrai que les économistes désœuvrés qui se pavanent devant les médias sont comme des vendeurs de poudres de perlimpinpin.

Le cœur de l’ouvrage est consacré à la théorie de la réflexivité (que tous les banquiers devraient lire), construite sur ses propres expériences et ses travaux dont une composante est issue de la philosophie de Karl Popper.

Mais le plus délicieux, est son chapitre sur la « quête de la vérité ». Il embroche subitement un autre Karl, cette fois Karl Rove, proche conseiller d’un autre George, George Bush :

« La vérité pouvait être manipulée, mais érigeait cette manipulation de la vérité en principe supérieur ».

Certes, il admet que la vérité est une cible mouvante mais que cela ne nous dispense pas de chercher à l’atteindre (un rôle pour les journalistes !). Il développe ensuite le principe de "Société Ouverte", chère à Popper, dont une des conditions de mise en œuvre est que cela suppose des citoyens attachés à certains critères d’honnêteté et de sincérité. Concrètement, ils doivent demander des comptes à leurs dirigeants qui leurs doivent la vérité et pour cela il faut les aider.

Concédant avec humour, en tant que personne âgée qui voit les choses un peu plus rose dans le passé, il argumente sur le fait que tant que les hommes avaient foi en la puissance de la raison (allusion aux Lumières) ils avaient foi aussi en la quête de vérité. Mais depuis qu’ils ont découvert que cette réalité pouvait être manipulée, et là il fait allusion à « la guerre contre la terreur », la peur de la mort, leitmotiv des idées de Karl Rove, il constate que cette foi a été ébranlée. La politique de Bush a fait de très gros dégâts mais pour Soros la « Super Bulle « qui n’est pas comme les autres a des racines plus complexes.

 

 

Une révolution ?

Le deuxième Georges, Georges Pébereau, frère de Michel Pébereau, Président de BNP Paribas, lance un pavé dans la marre dans le Monde du 17 septembre 2008. Lui-même, ancien homme d’affaires et patron de la Compagnie Générale d’Electricité, Président d’honneur d’Alcatel ne mâche pas ses mots dans un journal pourtant peu réputé gauchiste et dont le billet est titré : A quand l’étincelle de la Révolution ?

« Nous sommes, à ne pas en douter, dans une période prérévolutionnaire, au sens de 1789. Les cadres et d’une façon générale, les classes moyennes, seront demain, comme les bourgeois naguères, les catalyseurs de la révolution » écrit-il.

Prédiction un peu exagérée peut-être mais qui doit faire saliver Olivier Besançon : c’est une aubaine. Le Président, lui a déjà choisi ses symboles depuis un an : le luxe et l’argent. Ca tombe bien !

 

 

 

 

Des solutions ? Des responsables ?

Il est facile de critiquer alors qu’il n’y a pas de solutions évidentes c’est vrai. Pourtant il y en avait des solutions : ne pas prêter de manière irresponsable à des personnes fragiles, ne pas acheter ce que l’on ne comprend pas : du français moyen au célèbre milliardaire Warren Buffet tout le monde devrait le savoir, y compris les banquiers français.

Des responsables, on en tient déjà un : Soros se paie directement Greenspan (page 162), ancien Gouverneur de la Fed, l’associant à un idéologue libertarien prônant un « fondamentalisme de marché » (qu’il oppose au « Marxisme »). Il laisse même entendre que Greenspan aurait laissé les taux de la Fed trop bas (1% puis 2%) et trop longtemps pour sciemment aider la croissance artificiellement aidant ainsi la réélection d’encore un George, George Bush.

Quant au gouvernement français, le Président a visiblement besoin de beaucoup de concentration pour comprendre: nous aurons droit à un discours le 25 septembre. Visiblement ce n’était pas prévu.

Il faudra bizarrement aussi compter sur l’armée pour trois raisons :

- le sens de l’honneur que n’ont pas les financiers et le monde économique,

- le maintien de l’ordre,

- l’innovation : il ne faut pas oublier que la dernière grande vague d’innovation dont nous bénéficions aujourd’hui est Internet qui était au départ un réseau du Pentagone.

Comme on dit dans la cavalerie française : Et par Saint-Georges !

 

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