« Regards de mémoire » : Glissant et Césaire filmés par Sarah Maldoror en 2003

L'Institut du Tout-Monde rend hommage à Sarah Maldoror (1929-2020), visionnaire de l'expression cinématographique qui avait su porter haut les identités des peuples colonisés. Dans « Regards de mémoire », la cinéaste immortalisait en 2003 deux entretiens marquants avec Édouard Glissant et Aimé Césaire.

pansarahmaldoror2

C'est une figure du monde culturel qui vient de nous quitter, au milieu de cette épidémie. Sarah Maldoror, première cinéaste métisse, de père guadeloupéen, fut une signature majeure du cinéma francophone du XXe siècle. Elle laisse derrière elle une filmographie abondante, fictions et documentaires de référence. Le CNC avait salué son parcours en 2019, ainsi que le magazine Slate en 2015. Sarah Maldoror fut aussi une figure de la décolonisation de l'Angola et des pays d'Afrique noire dont elle avait épousé la cause dans les années soixante. L'Institut du Tout-Monde rend hommage à une visionnaire de l'expression cinématographique qui avait su porter haut les identités des peuples colonisés.
Lors de notre colloque de 2012 « Saint-John Perse, Aimé Césaire, Édouard Glissant : regards croisés », nous avions eu l'occasion de saluer l'itinéraire de Sarah Maldoror que nous recevions alors à l'UNESCO, avec la diffusion de deux de ses films - le premier, sur Léon-Gontran Damas, le deuxième intitulé « Regards de mémoire », réalisé en 2003.

Regards de mémoire © INSTITUT DU TOUT-MONDE

C'est ce court film que nous vous proposons aujourd'hui en hommage à Sarah Maldoror. La cinéaste y avait filmé Édouard Glissant au Fort de Joux (dans le Jura), dans la cellule où Toussaint Louverture fut retenu prisonnier jusqu'à sa mort en 1803. Un moment exceptionnel qu'elle avait immortalisé alors que l'écrivain était présent pour la mise en scène de sa pièce Monsieur Toussaint. Vous pourrez également découvrir dans cette archive un entretien tout aussi exceptionnel avec Aimé Césaire (à qui Sarah Maldoror avait eu l'occasion de consacrer pas moins de cinq portraits) filmé au Diamant en Martinique, devant le mémorial « Cap 110 Mémoire et Fraternité » de Laurent Valère. Le document comprend enfin de courts entretiens avec Roland Suvélor et Madeleine de Grandmaison. Lecture des textes par Greg Germain. Un film produit par l'UNESCO (projet « La Route de l'esclave » de Doudou Diene), le Conseil régional de la Martinique et RFO ; nous le mettons en ligne aujourd'hui dans le cadre des archives de l'Institut du Tout-Monde.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.