Centrales nucléaires: l'urgence de nouveaux tests

Le porte-parole du Modem, Yann Wehrling, demande que de «nouveaux tests de résistance sur toutes les centrales nucléaires européennes» soient «réalisés par un ou des organismes totalement indépendants de la sphère du nucléaire».

Le porte-parole du Modem, Yann Wehrling, demande que de «nouveaux tests de résistance sur toutes les centrales nucléaires européennes» soient «réalisés par un ou des organismes totalement indépendants de la sphère du nucléaire».

 

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puceinvite.jpgL'accident nucléaire au Japon est le résultat non pas d'un dysfonctionnement des centrales (cas de Tchernobyl) mais d'une cause «extérieure» (séisme et tsunami). Cet accident au Japon pose la question du nucléaire en France car le Japon est, comme la France, un pays riche qui a les moyens d'assurer la surveillance et la sécurité de ses installations (ceci n'avait pas été le cas à Tchernobyl et pose toujours question dans certaines installations des ex pays de l'Est). De toute évidence, ceci n'a pas permis d'éviter le pire au Japon. Cet accident fait donc apparaître que le problème de sécurité dans un pays riche est moins un problème «interne» qu'un problème «externe». En cas de catastrophe naturelle majeure ou d'agression extérieure, de toute évidence, les centrales ne résistent pas.

Tout ceci crée une inquiétude légitime dans l'esprit des français. Cette inquiétude est alimentée par les mensonges à répétition auxquels nous ont habitués les autorités publiques. Des écologistes, pour leur part, alimentent trop les peurs, à tel point que, telle la fable du berger qui criait au loup, les gens ne savent plus si c'est vraiment grave. Les Français sont pris entre le marteau gouvernemental et l'enclume écologiste. Il n'existe pas dans notre pays de voix neutre et objective sur le sujet. Même l'ASN (agence de sécurité du nucléaire) est pilotée par une commission dont le Président dit travailler à la vérification du nucléaire français afin d'en assurer la pérennité et la crédibilité. Or, une telle agence doit vérifier la fiabilité des centrales sans objectif autre.

Sans agir sous le coup de l'émotion, il nous faut tirer des enseignements de ce drame terrible. C'est pourquoi il est indispensable de demander des tests de résistance sur toutes les centrales nucléaires européennes, en commençant par les plus anciennes dont la fermeture doit de toute façon être programmée. Les tests doivent être réalisés par un ou des organismes totalement indépendants de la sphère du nucléaire

Plus globalement, nous devons être conscients, pour autant, que l'équation énergétique n'est pas simple aujourd'hui: le débat reste dogmatique et tendu entre pro et anti-nucléaire; nous restons dépendants des énergies fossiles dont il faut se défaire au plus vite; les solutions renouvelables et d'efficacité énergétique ne sont pas encore en capacité de fournir tous les besoins. Tout ceci dans un contexte de demande énergétique en expansion.

Un débat public est nécessaire, il doit être serein, sans dogme pro ou anti nucléaire. Il doit porter sur les choix énergétiques dans leur ensemble pour notre pays, pour les 50 prochaines années, en France et en Europe. Le mix énergétique est à l'évidence la solution et, puisque la question est brûlante, osons enfin en France envisager une réduction souhaitable et raisonnable de la part du nucléaire qui pourrait, en 10 à 20 ans, passer de 80% à 50% de la production électrique.

Ce débat est infiniment souhaitable à l'échelle européenne. L'actualité au Japon mais aussi les prix du baril rendent tout cela incontournable, voire vital. Tous les points de vue se respectent, mais une chose est certaine: dans l'émotion et la passion, nous ne trouverons pas les réponses durables. Nous ne trouverons pas de solutions parfaites et trouver un équilibre entre nos besoins, la durabilité des énergies et leur sûreté est chose possible dans un vaste consensus national et européen... pour peu que le débat soit éclairé, aussi objectif que possible et apaisé.

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