Danielle, ce sont mes fêtes...

Que sont mes amis devenus Que j'avais de si près tenus Et tant aimés Ils ont été trop clairsemés Je crois le vent les a ôtés L'amour est morte Ce sont amis que vent emporte Et il ventait devant ma porte Les emporta

Danielle. Tu es née un 1er novembre et aux alentours de la Toussaint, à 19 ans à peine, le crabe t'a cisaillée. Il y a 50 ans, une éternité. De saintes mères avaient décidé pour moi que je ne t'accompagnerai ni à l'église ni au cimetière car j'étais un adolescent, sensible, perturbé. A cette époque il fallait attendre 21 ans pour être majeur. Alors que nous avions passé ensemble de nombreuses années d'enfance je ne t'ai accompagnée ni dans ta souffrance ni à ta dernière demeure. On voulait me laisser dans l'ignorance de la mort alors que l'on ne cessait de me répéter que j'avais de justesse échappé à une terrible infection à l'âge de deux ans et que je ne devais la vie qu'à un pharmacien qui avait donné les antibiotiques, denrée rare en 1950, qu'il destinait à son vieux papa malade. Je ne me suis jamais pardonné mon absence.

Et puis ils s'en sont allés aussi beaucoup de gosses de la cité, adultes certes mais laissant des orphelins : Jean-Paul, Gégé, Françoise, Freddy, Jeannot et peut-être Lulue, et sans doute d'autres. Guy qui s'est suicidé.

Pauvre sens et pauvre mémoire

M'a Dieu donné le Roi de gloire
Et pauvre rente
Et froid au cul quand bise vente
Le vent me vient le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

L'espérance de lendemain
Ce sont mes fêtes

Merci à ArtKris pour sa vidéo.

Je cherchais des interprétations de Pauvre Rutebeuf, celle de Philippe Léotard s'est imposée, et j'ai craqué pour l'illustration de Doisneau! Costumes d'époque garantis!

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