« Je me souviens » avec Anne Sylvestre

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La grande librairie,  France 5.

 

Dans « Je me souviens », Anne Sylvestre nous parle de l'enfance, accompagnée au piano par Richard Lornac.

« Je me souviens » avec Anne Sylvestre © La Grande Librairie / yt

 

Nicole Louvier - Lysandre, ça fait peur aux oiseaux © DominiqueHMG / yt

Anne Sylvestre - Lettre ouverte à élise - Chanson française © Chanson Française / yt

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frangines

Lors de la sortie de cette chanson, dans les interviews qu'a donné Anne Sylvestre, elle a déclaré qu'elle a composé cette chanson en pensant à Barbara.

Les routes de Barbara et de Anne Sylvestre se sont croisées au cabaret de Chez Moineau. Elles y ont chanté en même temps alors que toutes deux débutaient. A cette époque Chez Moineau chantait aussi Pauline Julien.

Barbara et Anne Sylvestre deux ont fait leurs débuts à Bobino dans les premières parties des tours de chant de Georges Brassens.

Barbara et Anne Sylvestre ont, au début des années 60, été les premières femmes auteurs compositeurs interprètes.

sources francois.faurant -hommages/barbara_frangines

Ce fut à l'école, déjà,
Qu'on fit de nous des concurrentes
On se regardait chien et chat
On détestait les redoublantes
Souffre-douleur ou bien fayotes
On se poussait toujours plus haut
On s'arrachait les bonnes notes
On pleurait devant le tableau

On aurait pu rester frangines
Ça nous aurait gagné du temps
Au coude à coude, j'imagine
Qu'il n'aurait pas fallu longtemps
Pour qu'on soit toutes aussi bonnes
Malgré les pionnes
Et les parents

Ensuite, en face des garçons
Commença la grande offensive
On se fabriquait des façons
Des rendez-vous sur l'autre rive
Et grande bringue ou Blanche-Neige
C'était à qui amènerait
Tous les boutonneux du collège
À l'accompagner sur le quai

On aurait pu rester frangines
Ça nous aurait gagné du temps
Bras dessus-dessous, j'imagine
Qu'on aurait, de ces débutants
Avant que la vie les assomme,
Pu faire des hommes,
Pas des enfants

Un peu plus tard, c'est la beauté
Qu'on nous érigea en barrière
On se retrouvait insultée
Si on n'était pas la première
Nos amitiés faisaient sourire
Fallait nous crêper le chignon
Et tout ce qu'on pouvait se dire
N'était que fadaises ou chiffons

On aurait pu rester frangines
Ça nous aurait gagné du temps
Main sur l'épaule, j'imagine
Qu'on aurait pu, se regardant,
Voir qu'on était toutes assez belles
Et même celles
Qui ont pas le temps

C'est tout pareil dans nos métiers

On nous oppose et on nous monte
En épingle, pour mieux montrer
Qu'on se trouve en dehors du compte
Pour peu qu'on dépasse la tête
On est toujours une exception
Chacune sur notre planète,
Ce qu'on a pu tourner en rond !

Si on se retrouvait frangines
On n'aurait pas perdu son temps
Unissant nos voix, j'imagine
Qu'on en dirait vingt fois autant
Et qu'on ferait changer les choses
Et je suppose, aussi, les gens

Et qu'on ferait changer les choses
Allez ! On ose
Il est grand temps !

Anne Sylvestre chante FRANGINES © Bartman Saartje / yt

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Une anecdote récente

source page facebook de Laurent Lévy

Samy Lévy

La borne sonne à la station Place de la Nation 14h15,

Le réceptionniste de l'hôtel du 24 rue dAvron me demande de récupérer une cliente à son hôtel,

Je lui décrit la marque et la couleur de mon taxi, puis arrivé devant son hôtel, je le vois accompagner une vieille dame,

Je sort donc ouvrir la portière à cette petite vieille qui peinait à se déplacer.

En l'aidant à monter, je m'excuse de n'avoir pas prévenu que la voiture était haute avec comme excuse (c'était la voix d'un jeune homme que j'ai eu au téléphone).

À son tour, elle s'excuse de demander un taxi pour aller au 12 rue Petion et m'explique qu'elle a du mal à marcher, je lui répond évidemment que je suis là pour ça.

En route et en cernant le personnage intello féministe avec une culture des années 50, je commence à chanter "Comme une sœur de Brassens" et voilà que cette petite vieille chante avec moi cette chanson méconnue du grand public, et me dit que j'ai un bon répertoire.

Je lui répond que si elle me donne un titre du même auteur que je ne saurais lui chanter, elle était excusée de ne pas me payer la course,

- Non je ne les connais pas toutes on ne va pas jouer à ça, mais s'il vous plaît chantez moi "Bonhomme"

Je lui chante donc Bonhomme.

Arrivés au 12 rue Petion elle me dit que c'était très sympathique et me demande mon prénom.

- Je m'appelle Samy.

- Eh bien Samy, continuez d'entretenir votre répertoire et apprenez un peu Anne Sylvestre

- Haaa les Fabulettes ont bercée mon enfance et j'affectionne particulièrement "Une sorcière comme les autres"

- Moi je les connais absolument toutes, ce sont mes chansons.

Me dit elle en baissant son masque avec un grand sourire.

Ce jour là j'ai dû faire une recette totale de 45€ mais qu'est-ce-que j'ai bien fait de sortir bosser !

 

et un autre commentaire sur le même fil

 

Bernard Hennebert

December 1 at 11:37 PM  ·

 

Je suis un proche d'Anne. Son "petit frère" comme elle me nommait. Votre histoire est si belle. Voici pour vous, votre fils et tout le monde mon cadeau :
Anne Sylvestre écrivait les textes de ses chansons dans de petits carnet qu’elle conservait précieusement chez elle.

Elle savait que je collectionnais des dédicaces (et même une gouache de Georges Moustaki) des personnes que j’interviewais dans les toutes dernières pages d’un livre d’or (découvert dans le grenier de mon enfance) des années 1900 qui contenait des trésors dont une page où la comédienne Sarah Bernhardt répond à Coquelin, l’acteur qui créa le rôle titre de Cyrano de Bergerac.

Anne sera mon témoin à mon mariage avec Benoit à la maison communale d'Ixelles, ce qui lui inspirera sa chanson "Gay gay marions-nous ». Ce jour-là, elle nous apporta plein de cadeau dont, et surtout, dans une belle farde deux pages qu’elle avait découpées dans l'un de ses si précieux carnets de chansons. Elle me dit qu’elle avait fait une exception pour cet événement.

feuillet d'un carnet de chanson de la main d'Anne Sylvestre © Bernard Hennebert/Anne Sylvestre feuillet d'un carnet de chanson de la main d'Anne Sylvestre © Bernard Hennebert/Anne Sylvestre

 

Anne Sylvestre "La marche nuptiale" © Pierre Schuller / yt
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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