Ça s’effiloche...

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Longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu / Leurs chansons courent encore dans les rues...

Ben, tu vois, mémère, dans notre rue, il n’en court plus beaucoup. A part les miaulements râleurs des chats errants – et le rap du fils des voisins...

 

Souviens-toi, Barbara...

Là, tu vois, j’ai pas trop d’efforts à faire, puisque sur Brest il pleut tout le temps qu’ils disent à la météo.

 

Souvenirs... Souvenirs...

Qui c’était déjà, çui-là qui gueulait au buffet de la gare, à Chalons-sur-Marne? Quoi, Chalons-en-Champagne? J’aurais pourtant juré que c’était Chalons-sur-Marne... Et ce type, il chantait dans le movietruc, là... Comment qu’on appelait ça, déjà? C’était comme une télé, mais c’était pas une télé. Fallait mettre des pièces, comme dans ces trucs-box, tu sais, mais on avait des images. Tu te souviens pas, mémère ? M..., même les beaux mots de la langue française m’échappent maintenant...

 

Those foolish things remind me of you...

Qu’est-ce qu’elle disait, Jane, quand elle susurrait cette jolie chanson? Elle parlait pas de la fumée de tes cigarettes? Non. Ah bon. J’ai dû me tromper.

 

J’ai la mémoire qui flanche. Je m’souviens plus très bien... Etaient-ils verts? Etaient-ils gris?

Mais on s’en fout, mémère! Tu nous fais remonter la science-fiction des années 30, là. Verts ou gris, les Martiens sont complètement passés de mode dans la S.F. Oubliés!

 

Trois petites notes de musique / Ont plié boutique / Au creux du souvenir...

Do, mi, si, les notes? Mais arrête, mémère, j’te dis do, mi, si et tu me joues la, do, ré! J’ai p’têt du creux dans l’souvenir, mais, toi, ta mémoire, on peut dire qu’elle est pleine de trous!

 

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle / Les souvenirs et les regrets aussi...

Ah ben cà! A qui le dis-tu? C’était pas la peine de le chanter!

 

Non, je n’me souviens plus / du nom du bal perdu...

Ben non, ça ne me revient pas non plus. C’était bien, tu dis? Tu crois vraiment? Des fois, on a tendance à embellir le passé, tu sais... C’était bien? Vraiment? Bon, si tu l’dis...

 

 

Oh ! Dis donc, mémère, regarde ce que je viens de retrouver dans le tiroir du bureau. Ça, je m’en souviens! Comme si c’était hier... C’est la première phrase du roman que je voulais écrire. Ça devait être un long roman, très beau. Le problème, c’est qu’aujourd’hui je ne sais plus du tout ce que je voulais écrire après cette phrase... J’ai tout oublié, même le goût des macarons, tu vois. C’était pourtant un bon début, mémère. Ecoute.

Pendant une très courte période de ma vie, je me suis levé débonnaire.

 

 

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