Novembre 17

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Voilà donc la confirmation de la rupture, envoyée par Caroline, la fin de cette relation de 6 ans.

J'en ai pris l'initiative tant j'avais de mal à suivre les explications complexes du patron aussi bien dans ses écrits que dans ses prises de paroles surabondantes. Athée et laïque j'avais une sale tendance à me reconnaître parmi les laïcistes séchement vitupérés.

Il est vrai que j'accordais plus de crédit au disgracieux Antoine Sfeir qu'au Don Juan suisse à l'oeil de velours.

Ainsi 2017 se meurt. Ce dernier « Je me souviens » sera pour moi une première étape de l'inventaire de cette année particulière où un homme dont j'aurais pu être le père est devenu président de la République.

Je n'aurais jamais imaginé que le discrédit sur le frère Tariq soit arrivé par le biais de « balance ton porc », mais après tout c'est une procèdure fiscale qui a fait tomber Al Capone !

Un moment magique de cette foutue année a été pour moi la pièce Doreen de David Geselson qui invente ce qu’auraient pu être les échanges du couple formé par le philosophe et sa femme au fil de leurs cinquante-huit ans d’amour et de vie commune interrompus par la maladie et la mort. Une pure merveille de délicatesse avec dans le dialogue des piques humoristiques de la dame envers son grand homme de mari.

Jusque là je ne n'avais jamais fait le lien entre Michel Bosquet dont j'avais lu des articles dans le Nouvel Observateur et André Gorz dont je voyais le nom écrit sur la couverture des Temps Modernes, revue que j'achetais parfois mais que, je l'avoue, je me gardais bien de lire.

A la faveur de Doreen, je suis parti sur Wikipedia où j'ai découvert que « Gorz considérait la sobriété, également appelée simplicité volontaire, comme une nécessité pour lutter contre la misère. L'énergie étant limitée, la surconsommation des uns condamne les autres à la misère. En assurant à chacun l'accès à l'énergie qui lui est nécessaire, le principe de sobriété énergétique empêche les surconsommations injustes et polluantes. »

J'ai découvert, ou peut-être redécouvert, ses liens avec Ivan Illich. Pour le coup là je me souvenez bien que ce dernier avait mis à mal ces institutions que sont l'Ecole et la Médecine. Ce que j' avais lu m'avais plu mais j'ai passé le reste de mes ans sans trancher pour savoir si Illich était un affreux obscurantiste ennemi du progrès.

Lors de l'épisode Ramadan Edwy Plenel et Pascal Boniface pour témoigner de leur bonne foi ont immanquablement rappelé qu'ils avaient choisi le même chemin que le révéré père de la pensée complexe Edgar Morin. Je me suis documenté sur Morin.

Naturellement j'ai fait le rapprochement entre les deux situations douloureuses et semblables qui ont frappé Gorz et Morin et ont suscité les deux livres « Lettre à D » et « Edwige, l'inséparable ».

Gorz est parti avec Doreen, Morin a écrit un beau texte sur Edwige en 2009 et a rapidement tourné la page et écrit avec sa nouvelle épouse « L'homme est faible devant la femme » Sur le site de l'éditeur on lit : « En 2009, elle voit la main du père de la pensée complexe s’abattre sur la sienne : Je vous lâche quand vous me donnez votre numéro de téléphone. »

Morin est donc parti, lui, pour les Ryads de Marrakech, les honneurs rendus par le roi du Maroc et les rencontres avec Ramadan à La Mamounia. La pensée complexe est enseignée dans une business school française, à quel prix ?

Pardonnez moi si je préfère la sobriété de Gorz.

Adieu Grain, adieu Jonasz, je vous aime.

 

Doreen / André Gorz / David Geselson © Théâtre de la Bastille

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