Merci Christiane

La nouvelle m'est tombée dessus, un dirigeant d'une grande entreprise française, encore jeune, est mort du coronavirus, son nom ne m'était pas inconnu.

 

 

 

 

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La nouvelle m'est tombée dessus, un dirigeant d'une grande entreprise française, encore jeune, est mort du coronavirus, son nom ne m'était pas inconnu, j'ai « googleisé » et j'ai lu qu'il était le fils d'un entrepreneur local que j'avais connu par mon activité professionnelle il y a 25 ans.

A cette époque le père était tout fier de sa réussite professionnelle, de ses parties de golf avec le gratin local, de son Aston Martin, de sa nouvelle résidence bâtie en un lieu de rêve...C'était un peu avant la présidentielle de 1995 et ce dirigeant d'entreprise qui ne cachait pas ses opinions de droite, motivait sa préférence pour Chirac par le fait qu'il le trouvait mieux « hormoné » que Balladur, en bref que Jacques était plus viril qu'Edouard, en un mot qu'il n'était pas une tapette.

Pendant ces dernières décennies je ne suis pas particulièrement intéressé à cette famille et c'est la presse sur internet, Le Monde, Les Echos qui en m'apprenant le décès du fils m'ont fait remonter les souvenirs.

A ma grande surprise Google m'a appris aussi que le défunt avait un époux ! J'ai alors mesuré le chemin parcouru, le jeune d'alors avait quitté sa province pour Paris et avait bénéficié des années plus tard de la réforme sociétale âprement défendu par une femme de gauche, noire qui plus est ! Je ne peux m'empêcher de penser à son père, à la réaction qui fut la sienne quand il apprit l'orientation sexuelle de son fils. Je lui adresse, s'il est encore en vie, ainsi qu'à son gendre, mes condoléances comme l'a fait, ému, un dirigeant du PCF.

En cette période d'effondrement de l'humanité je me suis dit qu'il y avait eu, parfois, de petites lueurs de progrès, des changements de mentalité à droite comme à gauche. Dans notre région, celui qui fut le challenger de gauche de Chirac au second tour de 1995, pour une élection législative partielle en 1986, couvrait les murs d'affiches électorales où il affirmait qu'il était un homme, un vrai, sous entendant que son rival de droite, le maire de la ville, n'était peut-être pas assez « hormoné » comme pour donner corps aux ragôts de l'époque.

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Est-ce ainsi que les hommes vivent?

Mais leurs baisers au loin les suivent
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien.

Merci Aragon, merci Christiane! 

 

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