José Jimenez Lozano, un étonnant écrivain castillan

José Jimenez Lozano est un écrivain espagnol, prix cervantès 2002 (le Nobel dit-on de la littérature espagnole), auteur d'une oeuvre immense, marquée par un catholicisme profond mais totalement libéré, iconoclaste, tendre et souvent drôle. Un vrai Castillan, de ces terres arides de Valladolid, traditionnellement de droite, mais là encore, il se distingue par une vision différente et ne s'en cache pas.

José Jimenez Lozano est un écrivain espagnol, prix cervantès 2002 (le Nobel dit-on de la littérature espagnole), auteur d'une oeuvre immense, marquée par un catholicisme profond mais totalement libéré, iconoclaste, tendre et souvent drôle. Un vrai Castillan, de ces terres arides de Valladolid, traditionnellement de droite, mais là encore, il se distingue par une vision différente et ne s'en cache pas.

Il est aussi journaliste et vient de recevoir le prix Bravo.

On ne connaît de lui en français que trois romans, tous publiés chez Flammarion, Le monde est une fable, Les Sandales d'argent et Le grain de maïs rouge. Ils n'ont sans doute pas eu assez de succès pour passer en poche ou pour que l'on en publie d'autres. Et c'est affreusement dommage.

Dieu - ou l'idée que l'on s'en fait - est toujours présent ou forcément absent, ou peut-être simplement « en maison de retraite », et Jiménez Lozano retouche les histoires que l'on raconte en son nom depuis la nuit des temps, pour en faire surgir les aspirations, les passions, les forfaitures ou la gloire.Les humbles et les miséreux ont droit à sa tendresse et à sa pitié comme la Vierge Marie, pauvre femme qui s'inquiète quand son fils est arrêté parce qu'il va prendre froid et qu'il est « si fragile de la gorge ».

Ennemi acharné de l'intolérance, Jiménez Lozano assassine avec un sourire badin la banalité de l'horreur quotidienne lorsqu'il laisse expliquer au fournisseur de la Sainte Inquisition dans Le Grain de maïs rouge, les raisons qui le poussent à demander une avance et augmenter « la facture ». Toute peine mérite salaire. C'est prodigieusement fin et fort, à la fois.

Dans les Sandales d'argent, lhistoire d'un meurtre, contée par « un témoin de la dernière heure, et qui plus est de seconde ou de troisième main ». Le mort est le curé don Tomás, de son vrai nom « Absalón-Benedicto-José-Vicente-Antonio-Tomás de Lorenzana », tué d'un coup de fusil alors qu'il discutait sur un banc.L'intrigue policière passe très vite en arrière-plan, tandis que d'autres histoires se croisent et s'emmêlent dans ce petit village perdu, près d'un lac où une princesse maure captive s'est jetée, un lac du fond duquel, selon la légende, surgit à la lune nouvelle une procession de moines blancs, portant des cierges enflammés et un cercueil sur leurs épaules et chantant le Miserere, un lac où encore gamin, au début de la guerre civile, Blas Civicos a vu déverser « des corps apportés par camions entiers ; on les jetait à l'eau comme s'il s'agissait d'alimenter ce couvent en moines, ou ces moines en enterrements ».

Le Monde est une fable a pour héroïnes deux vieilles dames, « augustiniennes, démocrates, républicaines, anarchistes et réactionnaires ». Mais aussi « antiscientifiques. Et cartésiennes. Et spinozistes. Et romantiques. Et freudiennes. Et molièresques. Et aristophanesques. Et passionnées de physique quantique. Et de criminologie"

Elles sont "impossibles" , disent leurs amis. Tellement impossibles qu'elles n'hésitent pas à se mettre dans de mauvais cas, provoquant parfois même des « incidents dialectiques avec les forces de l'ordre ». Elles ont un plan, une bombe, une « affaire secrète » pour en finir avec « la démocratie digestive ».

 

Faîtes vous une idée, lisez!!!!

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