Billet de blog 14 nov. 2015

La nuit du nouveau monde, de Yves Corver

Jacques Tessier
Animateur du collectif un-polar
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 Cassiopée nous propose une nouvelle chronique sur la suite de Genèse de l'enfer, de Yves Corver.

 Résiste, prouve que tu existes…

 Nous sommes en 2028, les conflits inter religieux sont violents, les pays cloisonnés, les peuples conditionnés et sous surveillance.

Le pouvoir appartient à l’élite et celle-ci fuit pour s’installer au soleil, dans des résidences hyper sécurisées tout en surveillant à distance ceux qui sont restés sur place, histoire de mieux les manipuler.

Visionnaire, Yves Corver ? Qui vivra, verra… Mais il est sûr qu’il pointe du doigt des attitudes, des faits et des actes qui sont bien de notre époque et qui, si on manque de vigilance, risqueront de devenir de grosses dérives.

Que ce soit les informations déformées (la parole est muselée dans le journalisme d’investigation), l’instrumentalisation, les écrans de fumée qui sont parfois installés par ceux qui dirigent les états pour détourner l’attention, les rivalités qui peuvent être créées de toutes pièces en introduisant des  renseignements erronés que l’on présente comme vrais, la montée et le danger des extrémistes, les campagnes médiatiques pour instiller des tendances, l’évasion fiscale pour les nouveaux riches,  le fait de tirer profit des progrès de la génétique pour créer de  jeunes adultes comme ils les souhaitent…. tout cela a des accents de vérité….et ne semble pas si loin à bien réfléchir….

 C’est dans cette atmosphère « survoltée » que sont installés les personnages de ce roman. Pour ceux qui ont lu « Genèse de l’enfer » du même auteur, ils retrouveront Estelle de Jong et Stéphane Larieux ainsi que quelques seconds rôles qui ont leur importance. Stéphane a été précédemment rattrapé par son passé et son approche de la vie s’en est trouvée transformée. Il n’a plus les mêmes priorités et il souhaite protéger ceux qu’il aime. Mais rien n’est simple même lorsqu’on appartient à la crème…

 Les vagues de violence communautaires sont légion, et les grands de ce monde mettent en scène certains événements pour mieux influencer les hommes et les « monter » encore plus les uns contre les autres. Nous sommes « témoins » impuissants de cette manipulation collective…. Alors, est-ce que ce nouvel opus de Yves Corver a pour but de nous obliger à ouvrir les yeux ? Veut-il nous faire agir, résister de peur qu’un jour on se dise « trop tard » ?

 Dans ce roman d’anticipation, l’auteur dénonce par l’intermédiaire de son récit, tous les excès politiques, industrielles, économiques, humains (avec le danger d’un gouvernement européen autoritariste, etc…. ) Les hommes « ordinaires » n’ont plus de « vie », ce sont ceux de l’élite qui détiennent la « toute puissance ». Facile alors de ne donner que le minimum alimentaire, de droguer l’eau à la source pour planifier le futur comme on le veut…

 Heureusement, dans l’ombre, la révolte gronde… Certains ont décidé de ne pas baisser les bras, de garder leur libre-arbitre quels que soient les risques associés. Les ramifications de ce petit groupe dans les pays d’Europe sont là mais attention le jour où les dirigeants décident de « suspendre » toutes les formes de communication modernes (internet, téléphone …, comment vont-ils s’en sortir ?  Et là, on se prend à frissonner dans notre canapé…. Et si ça arrivait ? Est-ce qu’ « ils » pourraient faire ça ? Comment pourrais-je vivre sans mon mobile et sans mon ordinateur ??

 Le sujet est grave mais on reste dans un roman alors parfois on se sent bêtement soulagé… L’écriture est fluide, le rythme rapide avec des actions bien décrites, sans temps mort. Le texte est hautement addictif, les individus bien campés même s’il y a une petite tendance manichéenne. On peut, éventuellement regretter, que les sujets traités ne soient pas plus approfondis mais on est dans le domaine du roman, du loisir et le message de l’auteur est suffisamment explicite….

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Le grand bond en arrière climatique
Et si le climat était une victime de la guerre en Ukraine ? Face au risque de pénurie énergétique provoquée par le conflit, les pays européens préparent un recours accru au charbon et au gaz fossile. Une marche arrière alarmante, à l’heure de l’urgence climatique, qui met en lumière notre terrible retard en matière de transition écologique.
par Mickaël Correia
Journal
Viktor Orbán est-il de plus en plus isolé en Europe ?
Embargo sur le pétrole russe, État de droit, guerre en Ukraine... Sur plusieurs dossiers, le premier ministre hongrois, à l’aube de son quatrième mandat consécutif, diverge de la majorité des Vingt-Sept. Débat avec une eurodéputée et un historien spécialiste de la région.
par Amélie Poinssot
Journal — Histoire
Le docteur est-il encore en vie ?
Le 4 mars 1957, le docteur Slimane Asselah est enlevé dans son cabinet médical, au milieu de la casbah d’Alger, par les forces de l’ordre françaises. Mort ou vif, sa famille ne l’a jamais revu. Deuxième volet de notre série.
par Malika Rahal et Fabrice Riceputi
Journal — Amérique du Sud
En Équateur, victoire en demi-teinte pour les autochtones après 18 jours de lutte
Un accord a été conclu jeudi entre le gouvernement et les responsables autochtones, à l’issue d’une longue grève générale, pour réclamer de meilleures conditions de vie. Dans la capitale Quito, la « Casa de la Cultura » (Maison de la culture) a été un endroit clef du mouvement.
par Alice Campaignolle

La sélection du Club

Billet de blog
Boyard et le RN : de la poignée de main au Boy's club
Hier, lors du premier tour de l’élection à la présidence de l’Assemblée nationale, Louis Boyard, jeune député Nupes, a décliné la main tendue de plusieurs députés d’extrême droite. Mais alors pourquoi une simple affaire de poignée de main a-t-elle déclenché les cris, les larmes et les contestations ulcérées de nombres de messieurs ?
par Léane Alestra
Billet de blog
Quand le RN est fréquentable…
La dernière fois que j'ai pris ma plume c'était pour vous dire de ne plus compter sur moi pour voter par dépit. Me revoilà avec beaucoup de dépit, et pourtant j'ai voté !
par Coline THIEBAUX
Billet de blog
Oui, on peut réduire le soutien populaire aux identitaires !
Les résultats de la Nupes, effet de l’alliance électorale, ne doivent pas masquer l'affaiblissement des valeurs de solidarité et la montée des conceptions identitaires dans la société. Si la gauche radicale ne renoue pas avec les couches populaires, la domination des droites radicales sera durable. C'est une bataille idéologique, politique et parlementaire, syndicale et associative. Gagnable.
par René Monzat
Billet de blog
Quels sont les rapports de classes à l’issue des élections 2022 ?
On a une image plus juste du rapport des forces politiques du pays en observant le résultat des premiers tours des élections selon les inscrits plutôt que celui des votes exprimés. Bien qu’il y manque 3 millions d’immigrés étrangers de plus de 18 ans. L’équivalent de 6% des 49 millions d’inscrits. Immigrés qui n’ont pas le droit de vote et font pourtant partie des forces vives du pays.
par jacques.lancier