Billet de blog 16 nov. 2015

Pieter Aspe, le flamand qui ne voit pas la vie en rose...

Jacques Tessier
Animateur du collectif un-polar
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Comme chaque année, nous avons un nouveau Pieter Aspe à nous mettre sous la dent, avec son commissaire Van In aussi célèbre à Bruges et en pays flamand que son collègue Maigret l’est à Bruxelles ou à Paris.

Même si je suis loin d’avoir lu tous les romans de cet auteur (seulement six ou sept alors que cet opus est le seizième publié en France), j’ai eu tout le temps d’apprécier le couple formé par Hannelore et Van In, elle la séduisante procureur et lui le commissaire amateur de bière, bougon, un tantinet macho et plus que jamais amoureux de son épouse.

Cette fois-ci, Van In nous fait découvrir le milieu du jeu, et plus particulièrement de la roulette, puisque des meurtres sont annoncés par un joueur-poivrot sévèrement imbibé, des meurtres qui vont devenir réalité juste avant que le malheureux ne soit lui-même retrouvé proprement occis.

L’enquête va s’orienter autour des joueurs du casino de Blankenberge, alors que l’attention du lecteur va être captée par deux questions existentielles plus fondamentales. La première : Van In va-t-il succomber au démon du jeu, ruiner sa famille, sa réputation et peut-être sa carrière ?

La deuxième, mais non la moindre : Hannelore va-t-elle, pour la première fois depuis son mariage, succomber à la tentation, tromper son commissaire de mari et tomber dans les bras d’un jeune avocat séducteur au charisme ébouriffant ? Un risque d’autant plus fort que la jeune femme se pose des questions à propos de son époux, qui outre sa passion dévorante du jeu éprouve brusquement le besoin d’aller trois fois par semaine dans une salle de musculation, lui qui manifestait jusque-là un certain dédain pour toute activité sportive. Toutes choses qui poussent le lecteur à se demander mélancoliquement (hélas, tout fout le camp dans notre triste monde) si ce couple modèle ne va pas exploser en plein vol...

Passion du jeu, tentation amoureuse et enquête aussi difficile que dangereuse s’entremêlent en nous évitant le ronronnement sourd de l’ennui que certains livres ayant pourtant bénéficié d’un prix littéraire réputé peuvent parfois susciter (je ne donnerai pas de titre, même sous la torture). Comme toujours chez Pieter Aspe, pour éviter ce risque de l’ennui – qui peut être mortel dans tout polar qui se respecte – le suspense est mis en scène de façon suffisamment astucieuse pour prendre le lecteur au piège, jouer avec ses nerfs et le tenir en haleine jusqu’au point final.

Pour résumer, même si Faites vos jeux n’est pas le polar du siècle, il est dans la mouvance de ces livres écrits par un auteur expérimenté, qui peuvent vous permettre de passer un agréable moment de détente.

Mon blog  : Lectures et chroniques

Faites vos jeux
Auteur : Pieter Aspe
traduit du flamand par Emmanuèle Sandron
Editions Albin-Michel (28 octobre 2015)
304 pages

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